"Vous voulez-savoir quel genre de président il sera?"

©Photo News

Donald Trump a officiellement été investi. Il est le candidat républicain en vue de l'élection présidentielle de novembre. Le parti a par ailleurs adopté son programme pour les quatre années à venir. Un programme résolument tourné vers le passé.

Après avoir supplanté 16 autres prétendants, défié la direction du Parti républicain et suscité de multiples polémiques, Donald Trump a finalement obtenu l'investiture du camp conservateur en vue de l'élection présidentielle du 8 novembre.

©Photo News

"J'ai l'honneur d'annoncer que Donald Trump a franchi le seuil ce soir, lors du décompte des délégués. Félicitations, papa. On t'aime !", a déclaré Donald Trump Junior, fils ainé du candidat, en présence de ses trois frères et soeurs.

Le fils aîné a prononcé un discours éloquent pour défendre la candidature de son père, "un homme bien", à la Maison Blanche. "Je connais mon père. Je sais que quand quelqu'un lui dit que quelque chose est impossible, cela le pousse à aller de l'avant. J'ai vu cela dans son regard il y a un peu plus d'un an lorsqu'on lui a dit qu'il ne pourrait réussir en politique", a-t-il poursuivi dans une allocution mêlant questions politiques - immigration, éducation, économie - et anecdotes personnelles visant à rendre le magnat de l'immobilier plus proche.

"Vous voulez-savoir quel genre de président il sera? Laissez-moi vous raconter comment il a géré ses affaires", a poursuivi celui qui est vice-président de la "Trump organization".

Ce discours a, comme celui de l'épouse de Donald Trump, qualifié de plagiat. Des similitudes avec un article publié dans une revue, avaient été soulevées. Au final, Donald Trump Jr a été mis hors cause. L'auteur de l'article en question, publié le 2 mai dans la revue The American Conservative, étant l'un des rédacteurs du discours.

Hillary Clinton, la rivale du camp démocrate qui sera à son tour investie la semaine prochaine, n'a pas tardé à réagir. "Donald Trump vient juste de devenir le candidat républicain. Il faut maintenant faire en sorte qu'il ne mette jamais les pieds dans le bureau ovale", dit-elle sur Twitter.

Rares étaient  ceux qui pariaient sur Trump

Le candidat républicain a finalement recueilli les voix de 1.725 délégués. Ted Cruz, sénateur du Texas, a obtenu 475 suffrages, le gouverneur de l'Ohio John Kasich, 120 et Marco Rubio, sénateur de Floride, 114. Douze délégués se sont prononcés en faveur de trois autres candidats.

Le clan Trump: Donald Jr., Eric, Ivanka, et Tiffany ©Photo News

Après le vote, le choix de Mike Pence, gouverneur de l'Indiana, en tant que colistier de Donald Trump, a été approuvé par acclamations. L'ouverture de la convention, la veille, avait été émaillée d'incidents dus à des détracteurs de l'homme d'affaires, qui ont essayé en vain de s'opposer à sa candidature, et par les accusations de plagiat portées à l'encontre de son épouse Melania.

A l'annonce de sa candidature, le 16 juin 2015, rares étaient ceux qui osaient parier sur l'homme d'affaires âgé de 70 ans, qui n'a jamais exercé de fonctions électives. Quelques semaines lui ont pourtant suffit pour distancer Jeb Bush, le favori d'alors, et s'imposer comme le prétendant le plus sérieux à l'investiture du Grand Old Party.

"MAKE AMERICA WORK AGAIN" Donald Trump, dont les frasques et les excès de langage ont profondément marqué ces primaires, a su tirer parti du mécontentement de l'Amérique profonde et se poser en héraut des laissés-pour-compte de la mondialisation, qui ne se reconnaissent plus à travers les grandes figures de la droite. Ses promesses phares, consistant à interdire temporairement aux musulmans l'accès au territoire américain ou à construire un mur à la frontière mexicaine, lui ont valu d'être taxé de racisme.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Franck-Walter Steinmeier a même jugé son discours "de peur et d'isolement" dangereux pour la stabilité internationale, tout en soulignant l'incohérence de son slogan - "Make America strong Again (Rendre sa force à l'Amérique) - avec son engagement à réduire la présence militaire américaine à l'étranger.

©Bloomberg

La direction du Parti républicain espère tirer parti de la convention pour le présenter sous un jour plus consensuel, en soulignant ses qualités d'entrepreneur et en insistant sur sa fermeté face aux menaces intérieures comme extérieures.

Pour cette deuxième journée de la convention, placée sous le mot d'ordre "Make America Work Again" (Remettre l'Amérique en marche), les intervenants devaient s'en prendre au bilan économique de Barack Obama. Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions, qui a été l'un des premiers partisans de Trump, l'a présenté comme "un guerrier et un vainqueur".

Paul Ryan et Mitch McConnell, respectivement président de la Chambre des représentants et du Sénat, devaient ensuite prendre la parole pour tenter de faire oublier la polémique soulevée la veille par le discours de Mme Trump, dont certains passages ont semble-t-il été empruntés à Michelle Obama. Son mari, lui, n'y a même pas fait allusion. "Ce fut un véritable honneur que de présenter ma femme (...) hier soir. Son discours et son attitude ont été absolument incroyables. J'en suis très fier!", dit-il sur Twitter.

Un programme républicain résolument tourné vers le passé

Ultra-conservateur sur les questions de société, protectionniste, pro-charbon, pour un mur à la frontière mexicaine, le programme du parti républicain américain adopté à Cleveland semble résolument tourné vers le passé.

Ce programme de 58 pages, adopté dans une quasi indifférence au début de la convention d'intronisation de Donald Trump. Il est la ligne directrice du parti pour les quatre années à venir, même s'il n'est pas contraignant pour le candidat à l'élection présidentielle.

"C'est le programme le plus conservateur de l'histoire moderne", s'est réjoui David Barton, militant de la droite religieuse, rejoint dans son analyse par de nombreux analystes politiques.

Voici quelques points forts de ce programme:

Mariage: contre le mariage homosexuel, le parti veut que la décision de la Cour suprême sur le mariage pour tous soit renversée. "Le mariage et la famille traditionnels, basé sur le mariage d'un homme et d'une femme, est la fondation d'une société libre (... ) Les enfants élevés dans une famille traditionnelle avec deux parents tendent à être en meilleure santé physique et émotionnelle, moins susceptibles de consommer des drogues et de l'alcool, d'être impliqués dans des actes criminels, et (pour les filles) d'être enceintes en dehors du mariage."

Avortement: interdit sans exception. "Nous affirmons l'aspect sacré de la vie humaine, et affirmons que l'enfant non né a un droit fondamental à la vie qui ne peut pas être enfreint."

Religion: "Nous soutenons l'affichage public des dix commandements comme une réflexion de notre histoire et de notre héritage judéo-chrétien." Le programme affirme aussi le droit des élèves à prier à l'école publique.

Energie: pro-charbon, et pro gaz de schiste, et pour toutes les énergies "commercialisables sans subvention". "Le parti démocrate ne comprend pas que le charbon est une ressource énergétique locale propre, abondante, bon marché. Les mineurs doivent être protégés du programme radical anti-charbon du parti démocrate."

Immigration: "Nous sommes pour la construction d'un mur le long de toute la frontière sud (avec le Mexique) et pour protéger tous nos ports d'entrée. Le mur à la frontière doit couvrir l'intégralité de la frontière sud et doit suffir à stopper le traffic des véhicules et des piétons." Le programme évoque aussi une "procédure spéciale" pour les étrangers venant de "pays soutenant le terrorisme ou de régions associées au terrorisme islamique". Il se dit opposé à "toute forme d'amnistie" pour les clandestins.

Armes à feu:  "Nous défendons le droit des personnes de posséder et porter des armes, droit naturel et inaliénable antérieur à la Constitution et assuré par le 2e amendement. (...) Un droit donné par Dieu à l'auto-défense."

Finance: "Nous soutenons le rétablissement de la loi Glass-Steagall de 1933, qui interdit aux banques commerciales de s'engager dans des investissements à haut risque" (cette loi a été révoquée en 1999).

Accords commerciaux: "Nous avons besoin d'accords commerciaux mieux négociés, qui privilégient l'Amérique. Quand ces accords ne protègent pas les intérêts américains de manière adéquate, ou la souveraineté américaine, ou quand ils sont violés en toute impunité, ils doivent être rejetés".

Pornographie: "Une crise de santé publique qui détruit des millions de vies".

©REUTERS

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés