L'accord sectoriel de l'enseignement enfin signé

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Les partenaires sociaux et les ministres de tutelle signeront ce mercredi l’accord sectoriel de l’enseignement. Parmi les mesures phares, on retrouve l’augmentation de la prime de fin d’année et la stabilisation des jeunes enseignants.

L’accord est loin d’être mirifique, mais rien ne nous dérange.
Joseph Thonon
Président de la CGSP-Enseignement

Il aura finalement deux mois de retard sur le calendrier initial, mais il sera conclu sous cette législature. L’accord sectoriel de l’enseignement pour la période 2019-2020 sera signé ce mercredi par les membres de la négociation.

Il s’articule autour de trois grandes mesures:

  1. La prime de fin d’année augmentera de 60 à 80 euros nets par an. Une augmentation qui ne l’aligne toujours pas avec le reste de la fonction publique, contrairement aux exigences des syndicats. La mesure représente la majeure partie du budget total avec 4 millions pour l’année 2019 et 16,5 millions par an à partir de 2020.
  2. La possibilité, pour un enseignant intérimaire ayant presté plus de 90 jours à temps plein dans une école, d’occuper une autre fonction au sein du même établissement moyennant l’accord du pouvoir organisateur. Cette mesure veut renforcer l’intégration des jeunes professeurs, et ainsi endiguer la pénurie.
  3. La tenue de discussion pour définir un nouveau barème pour les futurs diplômés de la formation initiale (qui passera à 4 ans), ainsi que la possibilité pour ceux qui enseignent déjà de suivre des formations et atteindre ce barème.

L’accord engage aussi une tension salariale de 25% entre les directeurs et le personnel enseignant de ce nouveau barème, mais également par rapport au 501 (les plus élevés, pour les titulaires d’un diplôme universitaire).

Une revalorisation difficile

L’accueil de ce protocole d’accord est mitigé. Pour bien comprendre, petit retour en arrière.

Début janvier s’engageaient les discussions. A l’époque, les syndicats demandaient la revalorisation des salaires, notamment avec l’alignement de la prime de fin d’année sur le reste de la fonction publique. Réticence du côté du gouvernement, qui avançait un problème de budget et la volonté de se focaliser en priorité sur la pénurie des effectifs. Le pacte d’excellence était déjà passé par là et a englobé une bonne partie de la bourse destinée à l’enseignement.

Accueil mitigé

Finalement la Fédération Wallonie-Bruxelles annonçait mi-avril le déblocage d’un budget de 25,5 millions d’euros : " La concertation sectorielle, qui se déroule dans le contexte particulier de fin de législature, a permis de soulever certaines préoccupations et demandes " déclarait alors le ministre-président Rudy Demotte. Les syndicats soulignaient une évolution positive des discussions, mais attendaient de voir l’accord dans son entièreté.

C’est désormais chose faite, avec une légère déception toutefois. "L’accord est loin d’être mirifique, mais rien ne nous dérange" commente Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement. Un positionnement partagé du côté de la CSC-Enseignement: "L’accord est un peu chiche, mais il y a des choses positives. Notamment l’accord sur les fins de carrière" continue son secrétaire général Eugène Ernst. Le texte prévoit en effet le maintien du système actuel, et non le rallongement jusqu’à 67 ans comme c’est le cas dans les autres secteurs.

La réticence se fait plus grande chez les représentants des personnels administratifs et ouvriers du secteur, qui ne devraient pas apposer leur signature en bas du document.

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