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La Belgique reste mauvaise élève en termes d'égalité à l'école

©BELGAIMAGE

L'OCDE a publié ce matin un nouveau rapport sur l'égalité dans les systèmes scolaires. Le système scolaire en Belgique continue de creuser les inégalités entre élèves, surtout face à la lecture, constate l'OCDE.

L’enseignement en Belgique reste parmi les plus inégalitaires d’Europe. Ce constat est connu, mais il est aujourd’hui confirmé dans un nouveau rapport publié ce matin par l’OCDE, "Equity in education".

"Dans beaucoup de pays, le code postal reste le plus grand indicateur prédictif de la qualité de l’éducation que le jeune va acquérir."
OCDE

C’est en se basant sur les études Pisa que l’OCDE a décortiqué le phénomène des inégalités à l’école, inégalités qui proviennent généralement du statut socio-économique de l’élève. "Dans beaucoup de pays, le code postal reste le plus grand indicateur prédictif de la qualité de l’éducation que le jeune va acquérir", constate l’OCDE dans son nouveau rapport. L’environnement familial joue un rôle important dans les performances scolaires. Les recherches montrent que les enfants de parents à bas revenus et les familles monoparentales ont entre 7 et 17% de chances de moins de terminer l’université. "Cela ne suggère pas une relation directe, mais montre que les ressources limitées à la maison peuvent avoir un impact sur les opportunités de réussite dans les études", dit l’OCDE.

• Consultez le rapport de l'OCDE ici

Le statut socio-économique de l’élève influence en partie les résultats des élèves dans les matières comme les sciences, la lecture et les mathématiques. Or, dans notre pays, la relation entre le statut socio-économique et les performances en lecture a encore augmenté entre 2000 et 2015, passant de 13,7% en 2000 à 17,1% en 2015. 

24%
des jeunes adultes belges (26-35 ans)
C'est le pourcentage de jeunes adultes (26-35 ans) issus de milieux défavorisés en Belgique qui terminent un cursus d’études supérieures, un taux plus faible que la plupart des pays européens.

En sciences et en mathématiques, le tableau est moins sombre. Notre pays a légèrement amélioré son score, même s’il reste parmi les plus inégalitaires d’Europe. En moyenne, pour l’OCDE, 13% des écarts entre élèves en sciences peuvent s’expliquer par le statut socio-économique. Pour la Belgique, on monte à 19,3% (0,7% de moins qu’en 2006), un des scores les plus élevés avec la France et le Luxembourg.

C’est en math que les inégalités sociales se sont le plus réduites: entre 2003 et 2015, le pourcentage de différences s’expliquant par le statut socio- économique est passé de 24,5% à 18% environ. Une progression qui a permis à notre pays de regagner le peloton des pays alors qu’il était classé il y a 12 ans parmi les plus mauvais élèves de l’OCDE.

Ségrégation forte

Un autre critère qui permet d’illustrer le phénomène des inégalités à l’école, c’est celui de la "ghettoïsation" des écoles et la ségrégation opérée par les systèmes scolaires. Ségrégation particulièrement forte en Belgique. En effet, on constate que 50% des élèves provenant d’un milieu socio-économique désavantagé sont concentrés dans les écoles de moins bonne qualité, contre 48% en moyenne OCDE. A nouveau, notre pays se situe dans le haut du panier européen, avec la France et la Hongrie.

Pourquoi est-ce un problème? Dans les enquêtes Pisa, on a remarqué que les jeunes provenant de milieux désavantagés et fréquentant des établissements haut de gamme font en moyenne 78 points de mieux que ceux fréquentant les écoles moins favorisées. En Belgique, l’écart est particulièrement fort: les étudiants de milieux défavorisés feront 130 points de plus aux tests en sciences s’ils fréquentent une école dite "favorisée".

"Les étudiants de milieux défavorisés feront 130 points de plus au tests en sciences s’ils fréquentent une école dite 'favorisée'."
OCDE

Plusieurs facteurs expliquent cela: le niveau moyen des autres élèves (qui tirera vers le haut le plus faible), les ressources de l’école, la discipline, la taille des classes, la confiance des élèves, les stratégies pédagogiques.

Impact sur les études supérieures

Pour l’OCDE, il est crucial de réduire ces phénomènes d’inégalités, et de donner les meilleures chances à tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale. Car les études démontrent clairement que les performances des élèves à l’âge de 15 ans ont – assez logiquement – une influence sur leurs résultats dans les études supérieures. Un exemple? Ceux qui figurent dans le premier quart aux tests Pisa en lecture ont entre 38 et 53% de chances de plus de terminer l’université que ceux qui se situent dans le dernier quart. "Les différences en lecture au sein des élèves de 15 ans expliquent entre 27 et 43% des différences de taux de réussite à l’université", dit l’OCDE.

"Les différences en lecture au sein des élèves de 15 ans expliquent entre 27 et 43% des différences de taux de réussite à l’université."
OCDE

Corollaire de cela, l’impact sur le niveau de qualification. Les élèves les plus performants auront entre 25 et 47% de chances en plus d’occuper un job nécessitant de hautes qualifications que ceux se situant en bas de l’échelle. Ce qui implique donc que les résultats scolaires durant les secondaires n’ont pas seulement un impact sur les études futures, mais aussi sur les opportunités qui s’offriront au jeune sur le marché du travail, signale l’OCDE.

En Belgique, 24% des jeunes adultes (26-35 ans) issus de milieux défavorisés terminent un cursus d’études supérieures, un taux plus faible que la plupart des pays européens.

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