Le Fédéral maintient les quotas de médecins

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La clé de répartition des quotas Inami pour 2022 reste donc à 60% des numéros pour la Flandre et 40% pour les francophones. La majorité ne suit donc pas la recommandation de la commission de planification de l'offre médicale.

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, a annoncé le feu vert du gouvernement aux quotas de médecins pour 2022. 1.320 médecins pourront être diplômés cette année-là en Belgique, dont 528 pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce nombre est inférieur à celui proposé par la Commission de planification de l’offre médicale "car un nombre excédentaire de médecins ont été et seront diplômés dans les années à venir", a justifié De Block.

La clé de répartition (60% pour la Flandre, 40% pour les francophones) reste donc inchangée. La commission de planification avait recommandé d’ajuster la répartition à 56,5% pour la Flandre et 43,5% pour la partie francophone afin de tenir compte des besoins constatés en Fédération Wallonie-Bruxelles. L’idée avait suscité une levée de boucliers en Flandre dans les rangs de la N-VA et du CD & V.

La N-VA applaudit et invite Marcourt à prendre les devants

La N-VA, par la voix de sa députée fédérale Valerie Van Peel, s'est réjouie de l'accord intervenu au sein de la majorité fédérale. "Ce gouvernement met les points sur les i", a-t-elle commenté. "Ce n'est qu'après (l'adoption de cet examen d'entrée, ndlr) qu'il sera possible d'octroyer aux étudiants francophones prochainement diplômés un numéro Inami, avec la condition supplémentaire que le surplus de médecins diplômés du passé soit également compensé. Nous mettons la responsabilité de toute cette impasse pour les étudiants francophones en médecine là où elle se situe: auprès du gouvernement de la Communauté française", a ajouté la députée Van Peel.    

"C'est maintenant à Marcourt de poser le premier pas et d'introduire cet examen d'entrée. C'est seulement après cela que nous prendrons une décision afin de résoudre ce dossier vieux de 18 ans une fois pour toutes", a-t-elle conclu.

Le ministre Marcourt se dit étonné

Le ministre en charge de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, a expliqué par voie de communiqué "prendre acte" de l'accord intervenu au sein du gouvernement fédéral sur les quotas Inami. Le socialiste dit toutefois s'étonner que "l'accord ne couvrirait pas l'ensemble des étudiants en cours de cursus et que la clef de répartition des quotas Inami resterait fixée à 60/40 en dépit des recommandations faites par la commission de planification basées sur des éléments objectifs".

"La décision autonome et unilatérale du gouvernement fédéral démontre à suffisance que c'est ce dernier qui dispose des principaux leviers pour pouvoir résoudre la situation des étudiants en médecine".
Jean-Claude Marcourt
Ministre de l'Enseignement supérieur en FWB

Le ministre demande en conséquence à pouvoir disposer "au plus vite" de l'arrêté royal "afin de clarifier les nombreuses zones d'ombre soulevées par la communication parcellaire" de la ministre Maggie De Block.  Pour lui, il est "impératif que l'avenir des étudiants en médecine soit préservé et que la viabilité des facultés de médecine de la Fédération Wallonie-Bruxelles soit garantie".

"Un filtre efficace et juridiquement correct doit être instauré. (...) Ensuite, nous évaluerons si ce filtre est efficace. Je ne vais pas faire un chèque pour sept années, ce n'est pas possible de donner un (numéro Inami, ndlr) à tous directement."
Maggie De Block
Ministre de la Santé

 

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Maggie De Block a également affiché sa volonté de délivrer un numéro Inami à tous les étudiants actuellement engagés dans des études de médecine et de dentisterie en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais elle lie cette concession à l’introduction d’un examen d’entrée.

Tous les étudiants actuellement en dernière année de médecine auront bien leur numéro Inami à la fin de l'année. Pour les autres, en revanche, l'incertitude règne. "Nous réévaluerons chaque année si nous pouvons donner des numéros supplémentaires", a encore  indiqué la ministre de la Santé, précisant que la distribution sera soumise à des conditions strictes, telles que l'instauration d'un examen d'entrée dans les universités francophones du pays.

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