Les enseignants pourront renoncer à leur prépension

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Pouvoir annuler sa prépension pour combler la pénurie d’enseignants? Cela fait partie des pistes du décret débattu hier en commission de l’éducation de la FWB.

Le chantier est de taille: combler la pénurie d’enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Alors on évoque des pistes, des idées pour colmater, tant soit peu, la brèche. Débattu hier en commission éducation du Parlement de la FWB, le décret propose deux mesures phares pour s’attaquer à la pénurie.

Le retour des prépensions

Pensée initialement comme un retour des prépensionnés au travail, la mesure a été reclarifiée. Désormais, un enseignant qui avait émis l’idée de partir en DPPR (grosso modo, la prépension) pourra revenir sur sa décision et prolonger sa carrière devant les tableaux noirs. "Cela correspond à une demande, nous explique le cabinet de la ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns. Nous avons reçu des lettres d’enseignants qui veulent continuer par passion du métier et pour endiguer la crise que l’on décrit. Bon, pas des centaines de lettres, mais tout de même." Le MR, quant à lui, s’interroge: "Encore une fois, oui ça va aider. Un peu. Mais pour combien d’enseignants?"

Les études organisées

En cas de pénurie, un enseignant, quelle que soit sa formation, pourra dispenser une période d’encadrement pédagogique, plutôt que de laisser les élèves à l’étude comme c’est le cas actuellement. Par exemple, lorsqu’une classe n’aura pas de professeur de maths, le prof de gym pourra encadrer la période et dispenser un cours. "C’est gentil d’occuper les élèves, mais ça ne répond pas au programme, on parle ici d’une réponse à l’inactivité des élèves, pas à la pénurie de professeur", observe l’opposition, qui dénonce une heure d’étude déguisée.

"Tout n’est pas à rejeter, mais ce sont des mesurettes."
Patricia Potigny
Députée MR

Ces pistes accompagnent d’autres mesures prises plus avant, et d’autres encore dans les cartons. Parmi elles, une grande opération de communication. Bientôt sera lancée une campagne pour rendre le métier d’enseignants attractifs. "Nous allons aller dans les écoles secondaires et le supérieur pour donner aux jeunes le goût de l’enseignement", annonce le cabinet, ainsi que revaloriser une fonction qui a un peu perdu de son éclat. "Mais le problème, ce n’est pas attirer les jeunes, c’est les maintenir, s’exclame Patricia Potigny, députée MR et membre de la commission. On a beaucoup de jeunes qui commencent mais ils arrêtent après deux ou trois ans. Il faut leur donner envie de rester, les remotiver." Réviser les statuts et les nominations, par exemple? "Nous y réfléchissons, mais ce n’est pas à l’ordre du jour", commente Eric Etienne, porte-parole de la ministre de l’éducation.

"Aucune de ces pistes ne peut prétendre être la solution au problème de la pénurie des enseignants, mais chacune y contribue un peu", annonce l’introduction au projet de décret. C’est justement ce que lui a reproché l’opposition, optant pour une abstention au moment du vote. "Tout n’est pas à rejeter. C’est pour ça que nous n’avons pas voté contre. Il y a des idées, mais ce sont des mesurettes", reconnaît Patricia Potigny.

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