Les mesures du pacte d'excellence qui entrent en vigueur... et celles qui coincent

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Alors que ses premiers effets concrets se font sentir dans les écoles, le sort de la grande réforme de l’enseignement francophone se joue aussi dans les négociations politiques.

Cela ne vous aura pas échappé: ce lundi, c’est la rentrée, y compris sur les bancs de l’école, à tout le moins dans l’enseignement obligatoire. Environ 900.000 élèves et près de 100.000 profs et personnes de l’encadrement sont concernés.

Les libéraux n’ont jamais caché leur opposition à l’allongement du tronc commun, une des principales mesures du pacte.

Principale interrogation pour le secteur: quel sera l’avenir du pacte d’excellence? Ce plan pluriannuel destiné à réformer l’enseignement francophone est sur les rails après avoir été âprement négocié pendant trois ans par tous les acteurs au cours de la législature écoulée. Mais les négociations en cours au niveau politique pour la formation d’un nouveau gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles laissent planer quelques doutes.

Les questions à trancher

Les libéraux n’ont jamais caché leur opposition à l’allongement du tronc commun jusqu’à la fin de la 3e secondaire, une des principales mesures du pacte. Or, le MR sera assurément dans le futur exécutif. En outre, après 10 ans aux mains du cdH (Marie-Dominique Simonet, Joëlle Milquet, Marie-Martine Schyns), le portefeuille de l’Enseignement obligatoire changera de parti titulaire.

L’allongement du tronc commun mais aussi le décret Inscription – autre dossier phare que le MR a souvent fustigé – et le financement du pacte à long terme sont autant de sujets chauds que devra trancher la prochaine majorité.

En attendant de connaître le sort réservé au pacte, les acteurs de terrain auront des préoccupations très pragmatiques en ce début d’année scolaire: trouver des profs, alors que la pénurie d’enseignants guette toujours dans certaines filières, et mettre en œuvre la nouvelle gouvernance des écoles, avec l’élaboration par les équipes éducatives de "plans de pilotage" propres à chaque établissement.

Du changement

Cette rentrée voit aussi plusieurs mesures du pacte se concrétiser. Voici les principales:

-L’enseignement maternel un peu moins cher. En première maternelle, l’école ne peut désormais plus réclamer une série de frais pour l’achat de matériel (marqueurs, peinture, bricolage…).

-Des logopèdes en renfort. Dans le maternel toujours, 170 logopèdes viendront en appui des équipes enseignantes.

60
périodes
Tous les enseignants doivent désormais consacrer chaque année 60 périodes (de 50 minutes) à du travail collaboratif (réunions pédagogiques, coaching d’enseignants débutants…).

-La charge de travail des enseignants mieux définie. Les enseignants ont dorénavant une vue plus précise des missions et tâches que leurs directions sont en droit de leur réclamer. En plus des cours proprement dits, les enseignants sont aussi appelés à fournir du temps "pour la classe" (préparation des cours, correction des épreuves, etc.), ainsi que des "services à l’école" (réunions de parents, conseils de classe, accompagnement de voyages, etc.). Il est aussi attendu de chaque enseignant qu’il consacre chaque année 60 périodes (de 50 minutes) à du travail collaboratif (réunions pédagogiques, coaching d’enseignants débutants…).

La mise en œuvre de ces nouvelles dispositions donne lieu à quelques tensions entre syndicats et pouvoirs organisateurs. Les "services à l’école" doivent être insérés dans les règlements de travail et négociés dans les organes de concertation sociale. Les syndicats souhaitent un inventaire aussi précis que possible pour éviter tout abus.

-La remédiation à l’essai en début de secondaire. Une vaste expérience pilote va débuter ce 1er septembre dans les deux premières années du secondaire. 420 profs, répartis dans 116 équipes multidisciplinaires (français, maths, langues et sciences), seront à pied d’œuvre dans 38 écoles. Ils testeront avec les élèves différents outils et techniques de remédiation dans les classes.

-Une indemnité informatique pour les enseignants. Les enseignants peuvent se faire indemniser une partie de leurs frais d’équipement informatique ainsi que leur connexion internet privée. Un forfait de 100 euros par an est prévu.

-De nouvelles règles pour désigner les directeurs. Un nouveau décret revoit profondément la formation et le mode de désignation des directeurs d’école. Le texte offre une plus grande liberté aux pouvoirs organisateurs des écoles pour choisir leurs directeurs en fonction des besoins propres à chaque établissement. Cette sélection devra se faire sur la base d’une procédure transparente, tout appel à candidatures devant dorénavant être assorti d’un profil de fonction. Cette procédure permet d’engager des directeurs non plus sur la base de leur ancienneté, mais plutôt en fonction de leurs compétences.

Parallèlement, la formation des directeurs est renforcée. Grande nouveauté: les directeurs peuvent passer d’un réseau d’enseignement à l’autre.

©Photo News

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