Pourquoi imposer un examen au lieu d'un concours de médecine?

©Photo News

Le ministre francophone Jean-Claude Marcourt regrette que le fédéral exige un examen avant d'entamer des études de médecine alors qu'un concours aurait eu le mérite d'être beaucoup plus clair, selon lui.

"J'ai pris acte des conditions imposées par le fédéral et soumettrai l'idée d'un examen d'entrée à l'ensemble des parties prenantes (universités, étudiants, étudiants en médecine)", a indiqué Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Enseignement supérieur pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il a toutefois regretté que le fédéral ait porté son choix sur un examen plutôt qu'un concours à l'entrée des études en médecine et accuse le fédéral de vouloir "manipuler les chiffres des quotas" de numéros Inami.

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, a annoncé jeudi soir avoir trouvé un accord au sein du gouvernement sur l'établissement des quotas de numéros Inami pour l'année 2022. Elle a aussi indiqué qu'elle accepterait de donner des numéros Inami aux étudiants en cours de cursus uniquement si le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles approuve, "avant la deuxième lecture de l'arrêté royal sur les quotas, un décret instaurant un examen d'entrée avant le début de la 1ère année de médecine".

"Avec un concours, c'était plus clair et cela permettait d'éviter la formation de nouvelles bulles (de numéros Inami) mais pour cela, il faut justifier de manière pertinente le nombre d'attestations délivrées. L'examen d'entrée permet au fédéral de manipuler les chiffres des quotas selon son bon vouloir"
Jean-Claude Marcourt
Ministre de l'Enseignement supérieur en Wallonie et à Bruxelles

"Je prends acte de ces conditions et j'ai bien compris qu'il s'agissait d'une exigence forte", a réagi Jean-Claude Marcourt.

Le ministre s'étonne toutefois que l'idée d'un concours d'entrée n'ait pas été retenue. "Avec un concours, c'était plus clair et cela permettait d'éviter la formation de nouvelles bulles (de numéros Inami, ndlr) mais pour cela, il faut justifier de manière pertinente le nombre d'attestations délivrées. L'examen d'entrée permet au fédéral de manipuler les chiffres des quotas selon son bon vouloir", dénonce-t-il.

Il souligne qu'en Flandre, où un examen d'entrée est mis en place depuis la fin des années 1990, "il y a chaque année plus de lauréats que de numéros Inami disponibles". Cela ne règlerait donc pas entièrement le problème du surplus d'étudiants francophones diplômés ces dernières années.

"C'est un scandale, les francophones se font complètement avoir!"

La décision du gouvernement fédéral de maintenir la clé de répartition des quotas des numéros Inami entre la Flandre (60%) et la Fédération Wallonie-Bruxelles (40%) est "scandaleuse", selon Opaline Meunier, présidente de l'Union des étudiants de la Communauté française (Unécof). "Entre les chiffres objectifs du secteur, les évidences scientifiques qui vont vers une clé 43% (pour la Wallonie)/57% (pour la Flandre) et la clé 40/60 qui relève de la pure idéologie, le gouvernement a choisi l'idéologie", s'indigne-t-elle.

"C'est un scandale de choisir l'idéologie plutôt que de se conformer aux faits", s'offusque Opaline Meunier. "C'est la N-VA qui est à la manœuvre dans ce dossier et les francophones se font complètement avoir".

La présidente de l'Unécof est également scandalisée par la décision de la ministre de la Santé, Maggie De Block, de n'attribuer des numéros Inami qu'aux étudiants en dernière année de médecine et de soumettre les autres à des évaluations annuelles pour déterminer si elle accorde le précieux sésame. "Encore une fois, elle choisit une solution bancale et annuelle plutôt que la stabilité", déplore-t-elle. "C'est vraiment pour tenir la Communauté française qui devra chaque année aller mendier pour des numéros Inami. C'est une ingérence du fédéral qui n'est pas normale".

Elle salue toutefois la décision de Jean-Claude Marcourt, le ministre de l'Enseignement supérieur pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, de suivre la décision des tribunaux civils en ce qui concerne les "reçus-collés", ces étudiants qui ont réussi leurs examens mais qui ne se sont pas classés en ordre utile lors du concours organisé en fin de 1ère année.       

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés