Une rentrée bruxelloise sans nouvelle école dans le secondaire

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La création de places en première secondaire marque un arrêt dans la capitale. 1.800 nouvelles places sont attendues dans les autres années. La création et les extensions d’écoles vont s’accélérer d’ici 2025. L’attractivité de nombreuses écoles bruxelloises laisse à désirer.

Il n’y aura pas d’ouverture de nouvelle école secondaire à Bruxelles en 2018. Un constat qui pourrait inquiéter alors que le boom démographique continue d’exercer une pression sur l’offre scolaire dans la capitale, surtout dans le secondaire. Au cabinet de la ministre en charge de l’Éducation, Marie-Martine Schyns (cdH), on tient toutefois à prendre un peu de recul. Deux écoles secondaires ont ouvert leurs portes en 2016, quatre en 2017, rappelle son cabinet alors qu’à la rentrée 2019, entre trois et cinq projets de création d’école devraient se concrétiser en Fédération Wallonie-Bruxelles. À confirmer.

En 2017, quelque 1.600 places avaient été créées en première année secondaire à Bruxelles, où la pénurie est la plus forte. Ceci en comptant les extensions d’écoles. Mais pour l’heure, il est apparemment très difficile d’obtenir des statistiques, même provisoires, sur les créations de places qui doivent être enregistrées à l’occasion de cette rentrée. Cette comptabilité se réalisant par après.

"En secondaire, les créations en première année seront marginales compte tenu du fait qu’aucune nouvelle école n’ouvre cette année", indique Julie Lumen, "facilitatrice école" pour le compte de la Région de Bruxelles-Capitale. "Concernant l’enseignement secondaire, toutes années confondues cette fois, toujours sur la base des données communiquées par les porteurs de projet et/ou récoltées via les données liées à l’octroi des permis d’urbanisme, entre 2017 et 2018, 1.800 places devraient être créées. 70% de ces places seraient créées dans l’enseignement francophone", poursuit-elle.

A la rentrée 2019, entre trois et cinq projets de création d’école devraient se concrétiser.

Julie Lumen relève également qu’un nouvel établissement secondaire de l’enseignement néerlandophone doit ouvrir ses portes à Koekelberg.

Gros effort d’ici 2025

Le cabinet de la ministre Schyns ne dispose quant à lui pas d’estimations. 35.542 places ont été créées depuis 2012, dit-on. Alors que 22.260 nouvelles places sont programmées à l’horizon 2025 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Un chiffre qui reste de l’ordre de l’estimation. Le résultat final dépendra en effet des appels à projets lancés dans le cadre des 20 millions d’euros que la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de consacrer annuellement à l’augmentation de l’offre scolaire dans les zones dites "sous tension", c’est-à-dire là où elle ne rencontre pas la demande. C’est le cas sur quasi l’ensemble du territoire bruxellois, dans le Brabant wallon et dans certaines zones du côté de Huy-Waremme et dans le Hainaut, précise le cabinet de Marie-Martine Schyns.

Selon le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS), entre 2010 et 2017, l’enseignement francophone a créé 4.134 places et l’enseignement néerlandophone 480 dans la capitale. Les créations doivent passer respectivement à 14.357 et 3.659 d’ici 2025 pour faire face au boom démographique. Toute une série de projets sont en cours de réalisation.

On rappellera qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, la population scolaire compte 896.634 élèves dont 353.000 en secondaire. À Bruxelles, il reste encore 326 enfants qui n’ont pas trouvé une place en première secondaire au terme de la procédure du décret inscription. Il reste toutefois 1.400 places libres, notamment dans des écoles qui délivrent un enseignement technique et professionnel, ce qui a tendance à nuire à leur attractivité.

5.000 places en primaire

À Bruxelles, deux nouvelles écoles sont ouvertes en primaire, une à Anderlecht avec une capacité de 500 élèves, l’autre à Neder-over-Heembeek avec une capacité d’un peu moins de 1.000 élèves. Sous réserve des retards que pourraient connaître les projets en cours, la Région bruxelloise estime que 5.000 nouvelles places doivent voir le jour en primaire. Les comptages s’opéreront une fois la rentrée passée.

Les écoles de pédagogie active décollent

Le succès des établissements scolaires qui proposent une pédagogie dite "active", ne relève plus d’un effet de mode mais bien d’une lame de fond en Région bruxelloise. C’est en tout cas l’un des constats que l’on peut faire en observant les créations d’écoles secondaires enregistrées ces dernières années. 

Depuis l’ouverture de l’Athénée Marguerite Yourcenar en 2012, six autres écoles à pédagogie active ont ouvert leurs portes. Trois des quatre nouvelles écoles apparues en 2017 relèvent de cette catégorie de plus en plus prisée des parents. Au total, sur les 11 établissements créés depuis 2012, 7 proposent une pédagogie active.

Ces écoles naissent de projets qui associent parfois profs et parents cherchant une autre voie d’apprentissage. "Cette tendance se confirme dans les projets qui vont ouvrir dans les prochaines annéesconstate Julie Lumen, facilitatrice "écoles" pour la Région de Bruxelles-Capitale. Les projets suivants devraient également adopter une pédagogie active: le degré d’observation autonome de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Evere; l’école secondaire sur le site du CERIA à Anderlecht; l’école secondaire prévue à Ixelles et celle du quartier Biesteboeck-City Gate à Anderlecht". Le succès de cette pédagogie, qui place l’enfant au centre du projet scolaire, n’est pas prêt de se démentir.

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