Nos Pilifs, une ferme pas comme les autres

Extérieurement, la ferme Nos Pilifs ressemble à… une ferme. Bâtiments en briques rouges, chemins en terre battue, champs cultivés, bétail au regard placide… Mais sous l’apparence bucolique se cacheune autre vérité: une société qui emploie pas moins de150 personnes, dont 110 handicapés mentaux.

Ici, on ne cache pas le handicap. On sait que non-valide et expert peuvent paradoxalement cohabiter dans la même personne. Alors le handicap, on l’assume. On le gère, on l’intègre, et on en fait un élément constructif du quotidien.

Et ça marche. En 25 ans, la ferme a multiplié les défis réussis. Certains se souviendront de la vente des sapins de Noël, qui fut parmi les premiers rendez-vous que la ferme adressait au grand public. Puis il y eut quelques animaux, qui furent mis à paître dans leur écrin vert – aujourd’hui plus de 5 hectares!-au pied des immeubles de Neder-Over-Heembeek. Ensuite, attirés par les animaux, vinrent des visiteurs de choix: les enfants.

Petit à petit, l’air de rien, la ferme Nos Pilifs était en train de réussir un pari difficile. La valorisation, par le contact avec la nature et avec les visiteurs, mais surtout grâce au travail d’un panel de personnes qui jusque là était trop souvent considérées par le monde de l’entreprise comme "inemployables".

Nos Pilifs en bref

Siège social: Trassersweg 347, 1120 Bruxelles

Statut: Asbl, entreprise de travail adapté

Nombre de travailleurs: 150, dont 120 handicapés

Chiffre d’affaires: 5,63 millions
d’euros (2009).

Aujourd’hui, la ferme propose une boutique bio, des visites guidées, une jardinerie, un estaminet. Sans oublier un service de mailing sur mesure et une équipe de jardiniers susceptibles devenir travailler un peu partout dans "le grand Bruxelles".

En parallèle, la ferme continue son action d’intégration. En adaptant le travail à la personne, et non l’inverse, l’équipe de Nos Pilifs arrive à accomplir l’inespéré: réduire le handicap.

Dernier exemple en date : début 2009, leservice "Phare" de la Cocof ("Phare" pour: "Personne Handicapée Autonomie Recherchée"), qui par ailleurs sélectionne et envoie les candidats à la ferme, amis sur pied une nouvelle cellule d’accueil et de formation, pour cinq jeunes. L’ergothérapeute de la ferme et une monitrice accompagnent au quotidien ces jeunes cantonniers, qui veillent à l’entretien du parc et au bien-être des animaux. Leurs progrès sont tels qu’on espère les voir acquérir bientôt les réflexes professionnels qui leur donneront la possibilité d’intégrer une des sections plus "pointues" de la Ferme.

Un nouvel exemple qui vient confirmer une des devises de Nos Pilifs : "notre différence fait LA différence".

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