Retrouver le pétrole contenu dans le plastique

Transformer les rebuts en biens consommables… L’idée a de quoi faire rêver.

Les monceaux de poubelles générés par nos grandes villes deviendraient par quelque procédé magique de nouveaux aliments prêts à la consommation… L’air pollué serait aspiré par une grande turbine qui nous le restituerait avec un pedigree digne des sommets alpins. Quant aux voitures bonnes pour la casse, elles seraient décomposées, pulvérisées, jusqu’à produire du carburant pour leurs petites sœurs plus neuves et moins consommatrices…

Science-fiction? Sans doute, pour ce qui est des poubelles et de l’air pollué. Pour les voitures génératrices de carburant, par contre, on s’en rapproche à grands pas…

Avec plus de 800.000 tonnes de déchets traitées par an, le groupe Comet est bien connu en Belgique et en Europe dans le domaine du traitement des résidus ferreux et non ferreux. Leur spécialité: la valorisation et le recyclage des résidus issus du broyage de déchets métalliques.

Comet en bref

Chiffre d’affaires: 300 millions
EUR

Volumes traités: 1 million de tonnes par an dont 220.000 tonnes de plastiques, de pneumatiques et de résidus.

Effectif: 300 personnes

Il y a quelques années, un ingénieur du groupe tombe sur une info dans la presse: un ingénieur nommé Marcello Fieni aurait réussi à transformer certains déchets plastiques en hydrocarbures liquides. Un procédé révolutionnaire, même s’il semble plausible, du point de vue candide du grand public qui sait que beaucoup de plastiques sont fabriqués à base de pétrole. Pourquoi ne pourrait-on pas retrouver le pétrole dans les vieux plastiques? Mais réduire de la même manière une voiture et ses multiples composants (plastiques, mais aussi textiles, bois, mousses et bien sûr les métaux, qui sont traités séparément), est-ce bien raisonnable?

Répondre par la négative témoignerait d’une méconnaissance des techniques de plus en plus poussées du recyclage, où les ingénieurs et notamment ceux du groupe Comet, sont passés maîtres. Principalement grâce à la dépolymérisation catalytique… Un mot qui peut sembler barbare et qu’on pourrait traduire par "craquage des molécules"… Les chaînes moléculaires des polymères se retrouvent brisées et les composants retrouvent un état liquide. Résultat: ça marche, et les carburants ainsi obtenus sont d’ailleurs actuellement testés sur les bancs moteurs de l’Université Automobile de Spa-Francorchamps.

Le projet a été baptisé Phoenix. Tout comme l’oiseau mythique renaît de ses cendres, les promoteurs espèrent voir d’ici quelques années les gisements énormes que constituent les carcasses de voitures (5.000.000 de tonnes par an en Europe) se transformer en fuel disponible à la pompe.

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