Le private banking n'est pas réservé aux millionnaires

Bob De Leersnyder, porte-parole de la Febelfin.

Conseiller en investissement, gestionnaire de patrimoine, fiscaliste et conseiller juridique : le private banker multiplie les casquettes dans sa relation avec ses clients fortunés.

Les banques privées exercent le métier de banquier de la même façon qu’à Venise au XIIe siècle, lorsque la profession a vu le jour. À l’époque, la banque prenait exclusivement soin du patrimoine des familles aisées, et ce sur plusieurs générations. L’appellation " private banking " n’est apparue que lorsque les banques ont découvert la classe moyenne, pour établir une distinction par rapport à cette nouvelle forme d’activité accessible à tous.

Personnel

Les principes initiaux ont été largement conservés : les banques privées se fondent toujours sur une approche éminemment personnelle. Le client se voit attribuer un interlocuteur unique avec qui il entretient une relation privilégiée. L’objectif est avant tout d’éviter que le client se sente considéré comme un simple numéro. Car pour les grands patrimoines surtout, la gestion de fortune est synonyme de travail sur mesure. " Le private banking n’est pas une acception strictement délimitée ; il s’agit d’une forme de gestion de fortune laissant la porte ouverte à plusieurs possibilités. Force est cependant de constater que les clients de private banking confient toujours la gestion d’un certain montant à leur banquier ", explique Bob De Leersnyder, porte-parole de la Febelfin, l’organisation qui fédère le secteur bancaire dans notre pays.

Le conseil en investissement n’est que l’un des nombreux services proposés par le private banker. En effet, chaque organisme emploie également une batterie de juristes et de fiscalistes. De ce fait, les clients peuvent aussi s’adresser à l’équipe pour des questions concernant la planification de leur succession ou la cession d’une entreprise. " C’est également là que réside la véritable plus-value du private banker : celui-ci ne dispense pas nécessairement de meilleurs conseils d’investissement qu’un collègue d’une banque de détail ", embraie Stefan Duchateau, professeur d’économie à la HUB.

Un million d’euros

Auparavant, les services de private banking étaient réservés aux clients détenteurs d’un patrimoine supérieur au million d’euros. Le marché était entièrement accaparé par quelques grands noms internationaux qui visaient les plus hautes fortunes. Pour autant, un processus de démocratisation s’est accompli. De nombreuses banques traditionnelles ont désormais créé un département Private Banking, et d’autres ont abaissé leur seuil d’entrée. Chez certaines, les services de private banking sont déjà disponibles à partir d’un montant de 250.000 euros. Ailleurs, la barre reste fixée à un million d’euros.

Dans ce domaine, il existe également une différence fondamentale par rapport aux " family offices " et aux " financial planners ". Les premiers sont plutôt des intermédiaires entre leurs clients et les organismes financiers. C’est pourquoi on les appelle parfois financial butlers (" majordomes financiers "). Les financial planners, de leur côté, donnent des conseils et établissent un plan, mais au contraire des private bankers, ils en délèguent l’exécution à d’autres personnes.

Agrément

En Belgique, les banques et les gestionnaires de fortune doivent être agréés pour pouvoir exercer leurs activités. " Pour les banques, l’agrément est accordé par la Banque Nationale de Belgique. Pour les gestionnaires de patrimoine, c’est la FSMA ", explique De Leersnyder. La Private Bankers Association http://www.pba-b.be organise quant à elle des formations spécifiques pour les private bankers.

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