Le tarif du banquier privé

Stefan Duchateau, professeur d'économie à la HUB.

Plusieurs services supplémentaires sont disponibles en matière de private banking, mais ils ont aussi un prix. De quels coûts faut-il tenir compte ?

Il n’est pas si simple d’accoler un prix aux services d’un banquier privé, chacun appliquant ses propres tarifs. Dans notre pays, on considère généralement qu’ils coûtent au total entre 0,5 et 1,25% du patrimoine investi. Pour un patrimoine de 750.000 euros, cela correspond donc à une indemnité annuelle de 3.750 à 9.375 euros. " Le tarif des banquiers privés dépend énormément du service fourni. S’agit-il d’une simple gestion d’un portefeuille de placement ? Ou faut-il également mettre sur pied des montages particuliers pour accompagner le transfert du patrimoine à la génération suivante ? ", interroge Stefan Duchateau, professeur d’économie à la HUB.

Le prix de revient total du private banking est l’addition de différents postes de coûts.

  • Avant tout, il y a les honoraires du banquier, en fonction du conseil. Ceux-ci correspondent généralement à un pourcentage fixe du patrimoine, même si certains banquiers privés appliquent un montant forfaitaire.
  • En outre, chaque transaction est assortie de frais. Pensez à l’achat ou à la vente d’actions.
  • Les détenteurs de fonds de placement en portefeuille devront également payer des frais de gestion.
  • Par ailleurs, les organismes financiers demandent également des frais de garde : c’est l’indemnité qu’ils facturent pour conserver vos investissements.

La TVA peut également gonfler la facture. " Différentes dispositions légales sont d’application en fonction de la transaction. Vous paierez donc la TVA sur certaines transactions, et pas sur d’autres. On foule ici un terrain très technique, où des exceptions peuvent être d’application en fonction de la situation ", explique Bob De Leersnyder, porte-parole de la Febelfin, la fédération du secteur bancaire. C’est un aspect de la facture dont vous avez tout intérêt à discuter avec votre banquier privé pour éviter toute mauvaise surprise.

Évaluation

Afin qu’aucun cadavre ne tombe du placard lors de l’évaluation annuelle du banquier privé, les clients ont intérêt à prendre des dispositions claires dès le départ. Il est par exemple crucial de déterminer le périmètre du mandat discrétionnaire. " Le client peut définir lui-même le mandat donné à son banquier privé. Ses souhaits et exigences en la matière figureront dans un contrat ", explique Bob De Leersnyder.

Par ailleurs, il est essentiel d’évaluer le mode de communication. Et non seulement le nombre de contacts avec votre chargé de relation personnel est à prendre en compte, mais aussi les informations qui sont fournies. Les pertes sont-elles tues, ou communique-t-on de manière ouverte à leur propos ? Les rapports écrits se limitent-ils à une simple comparaison aux indices ou procède-t-on au contraire à une analyse approfondie des performances ? Les clients du banquier privé voudront également connaître l’impact de ses décisions. Demandez-vous dès lors si le banquier privé fournit des informations de manière proactive, ou si vous devez au contraire attendre le résultat des décisions. Les clients ont également intérêt à s’interroger sur l’opportunité de chaque transaction effectuée au cours de l’exercice écoulé. " Le banquier privé propose régulièrement des transactions uniquement pour montrer qu’il s’occupe du portefeuille. Mais ce n’est pas nécessairement le meilleur choix. Le banquier privé devrait aussi avoir le courage de laisser inchangé un portefeuille de placement pendant plusieurs mois ", conclut Stefan Duchateau.

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