Qui fixe le rendement de votre épargne ?

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Les économistes définissent l’épargne comme la décision de différer certaines dépenses de consommation et d’investissement. En compensation, l’épargnant perçoit des intérêts. Le taux d’intérêt est la résultante de l’interaction entre différentes parties. Les acteurs les plus influents sur les marchés de l’épargne sont :

1. Les banques centrales

La vision des autorités monétaires est à la base du taux directeur et du taux du marché monétaire, sur lequel les organismes financiers peuvent négocier des financements à court terme. La Banque centrale oriente les taux à court terme vers son taux directeur par des interventions sur le marché monétaire.

Cela dit, toutes les banques centrales ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Ainsi certaines axent-elles leur politique monétaire sur la stabilité des prix, comme la Banque Centrale Européenne (BCE). D’autres banques centrales se concentrent davantage sur la croissance économique, comme la " Fed " aux États-Unis.

Aujourd'hui : le taux directeur s’élève à 0,25% dans la zone euro et à 0% aux États-Unis.

2. Les ménages et entreprises

Si les banques centrales ont leur propre agenda, les fluctuations des taux d’intérêt résultent principalement de l’évolution du sentiment des ménages et des entreprises. Les ménages épargnent à la fois à court terme (via leurs comptes bancaires) et à long terme (en souscrivant des assurances-vie). Le taux d’épargne des particuliers dépend notamment du revenu disponible. Les entreprises épargnent également au gré de l’évolution de leurs bénéfices, par exemple en vue d’investissements futurs.

Lorsque les ménages et les entreprises mettent davantage d’argent de côté, les taux baissent, parce que l’offre monétaire augmente. Lorsque les perspectives économiques sont bonnes, la consommation et les investissements augmentent, ce qui nécessite des capitaux frais. Cette demande monétaire accrue peut déclencher une hausse des taux.

Aujourd'hui : alors qu’un montant record de 250 milliards d’euros est parqué sur les comptes d’épargne belges, le taux moyen sur un compte d’épargne classique est inférieur à 1%.

3. Les institutions publiques

L’État joue également un rôle significatif au niveau de l’offre et la demande de liquidités. Un déficit budgétaire courant (différence entre les revenus et les dépenses de l’État) entraîne notamment une hausse du taux d’intérêt. Dans leur quête effrénée de moyens financiers, les États évincent d’ailleurs les ménages et les entreprises des marchés des capitaux. En outre, ils interviennent activement non seulement dans la protection, mais aussi dans l’imposition de l’épargne.

Aujourd'hui : les avoirs liés à l’épargne bénéficient de la protection du régime de garantie des dépôts à concurrence de 100.000 euros par personne et par banque, et la première tranche de 1.900 euros d’intérêts sur les comptes d’épargne est exonérée de précompte mobilier.

4. Les intermédiaires financiers

Entre les banques centrales d’une part, les ménages, entreprises et États d’autre part, on retrouve encore les prestataires de services financiers. Ces derniers soutiennent le fonctionnement de l’offre et de la demande sur le marché des capitaux dans une perspective de long terme. La différence entre les taux en vigueur sur les marchés des capitaux et les taux du marché monétaire compensent non seulement la valeur temps de l’argent, mais aussi toutes sortes de risques. Les intermédiaires financiers intègrent ainsi dans les taux proposés, leurs prévisions en matière de confiance des consommateurs, de croissance économique, d’inflation, de stabilité politique…

Aujourd'hui : alors que vous bénéficiez d’un intérêt annuel moyen de 1,2% sur un placement à cinq ans, vous devrez au bas mot payer 2,2% sur un crédit (p. ex. un crédit auto) assorti de la même échéance.

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