Les Belges ne sont pas impliqués dans la pire bavure de la campagne contre l'EI

Steven Vandeput, ministre belge de la Défense ©Photo News

Le ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, assure que ses F-16 ne sont pas impliqués dans le raid du 17 mars sur Mossoul qui a causé la mort de 105 civils.

Le 17 mars dernier, 105 civils sont tués à Mossoul en Irak suite à des bombardements de la coalition internationale dirigée contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Cet événement est considéré par le Pentagone comme la pire bavure dans la campagne aérienne de la coalition anti-EI. Une enquête a été menée dont voici les conclusions.

1. Les Belges ne sont pas impliqués

L'enquête disculpe les aviateurs belges de toute bavure lors du raid aérien. Le ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, s'est réjoui jeudi soir de cette conclusion. 

Il a exprimé le souhait que les parlementaires qui avaient évoqué une possible implication d'avions belges dans ce drame "s'excusent". Deux députés flamands d'opposition membres de la commission de la défense de la Chambre, l'écologiste Wouter De Vriendt et le socialiste Alain Top, avaient affirmé le 30 mars que le parquet fédéral - compétent pour juger des militaires depuis la suppression de la justice militaire en janvier 2004 - avait ouvert une enquête sur cette possible bavure.

2. La faute aux explosifs de l'EI

Le Pentagone a attribué le terrible bilan (105 civils morts) à des explosifs de l'EI, et non à la bombe américaine elle-même.

Selon le général américain Matt Isler, qui a conduit sur place l'enquête de la coalition, la décision a été prise d'éliminer, à la demande des forces anti-terroristes irakiennes, deux snipers de l'EI installés dans une belle demeure de Mossoul avec une bombe relativement légère GBU-38 de 192 livres (environ 87 kilos) d'équivalent TNT, ne devant toucher que l'étage où se trouvaient les deux djihadistes.

Mais l'explosion de celle-ci a provoqué une puissante "explosion secondaire" qui a fait s'effondrer tout le bâtiment, prenant au piège 101 personnes qui s'y étaient réfugiées et 4 voisins, selon le rapport d'enquête. Les enquêteurs ont établi que l'EI avait placé des explosifs dans la maison, retrouvant des résidus chimiques d'explosifs utilisés par les djihadistes comme la nitroglycérine ou du cordon explosif.

3. Utilisation de civils par l'EI

Cette enquête indique ainsi que la bavure du 17 mars est surtout liée au comportement des djihadistes de l'EI, qui n'hésitent pas utiliser les civils dans leurs tactiques de combat avec un mépris total pour leur sort. Les enquêteurs soupçonnent, sans en avoir la preuve formelle, que l'EI a piégé délibérément la maison, avec la volonté d'attirer une attaque de la coalition et de provoquer une bavure. Chercher à provoquer des bavures est une tactique reconnue de l'EI, a affirmé le général Isler.

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