"Plus de 10.000 jihadistes tués"

Près de quarante personnes, en majorité des policiers, ont été tuées lundi dans un attentat suicide au nord-ouest de Bagdad. Une attaque revendiquée par l'EI, que les raids de la coalition internationale n'arrive guère à freiner. ©EPA

"Plus de 10.000 jihadistes de Daech ont été tués depuis le début des raids de la coalition" d'après un diplomate américain. Pourtant, sur le terrain, l'Etat Islamique parvient encore à s'emparer de lieux stratégiques.

"Plus de 10.000 militants du groupe Etat islamique ont été tués depuis le début des raids aériens de la coalition internationale contre les jihadistes en Irak et en Syrie il y a neuf mois, a indiqué le numéro deux de la diplomatie américaine Antony Blinken.

"Nous avons vu des pertes énormes au niveau de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique), plus de 10.000 depuis le commencement de cette campagne, et ça va finir par avoir un effet", a assuré Blinken sur la radio France Inter, sans préciser s'il parlait de l'Irak, de la Syrie, ou des deux pays.

Interrogé sur la validité de la stratégie de la coalition internationale anti-jihadiste, qui a mené plus de 4.000 raids en neuf mois mais n'a pas pu empêcher le groupe Etat islamique de progresser, Blinken a défendu des "progrès importants".

L'EI contrôle "25% de moins de l'Irak depuis neuf mois, beaucoup de matériel a été détruit par la coalition, et beaucoup d'adhérents de Daech ont été éliminés", a-t-il dit, tout en reconnaissant "la résilience" de l'organisation jihadiste.

Sur le terrain

L'Etat Islamique, organisation ultraradicale sunnite, sème la terreur en Irak mais aussi en Syrie voisine où elle a repoussé les forces gouvernementales dans le centre et avancé dans le nord, fragmentant encore davantage le pays en guerre.

• En Irak. Aidés des milices chiites et des tribus loyales, les forces fédérales ont lancé le 26 mai une opération à partir de la province de Salaheddine destinée à isoler les djihadistes dans celle voisine d'Al-Anbar, avant de donner l'assaut à Ramadi. Elles ont réussi depuis à reprendre plusieurs secteurs autour de ce chef-lieu.

Depuis l'offensive fulgurante lancée il y a un an, le 9 juin, l'EI responsable d'atrocités et accusé de crimes contre l'Humanité, s'est emparé de larges pans du territoire irakien.  Le 29 juin, il a proclamé un "califat" sur les territoires qu'il contrôle à cheval entre l'Irak et la Syrie où il a profité de la guerre pour prendre le contrôle de vastes régions.

En début de semaine, le groupe jihadiste Etat islamique a fermé les vannes d'un barrage à Ramadi, une ville à l'ouest de Bagdad, faisant baisser le niveau des eaux de l'Euphrate et peser une menace sur le plan humanitaire et sécuritaire.

Depuis leur fulgurante offensive en Irak en juin 2014, qui leur a permis de conquérir de vastes territoires, les combattants jihadistes ont cherché à contrôler les barrages du pays, en réduisant dans certains cas le niveau des eaux dans les zones sous contrôle gouvernemental ou encore inondant des terres pour gêner des opérations militaires.

• En Syrie. Depuis le début de la rébellion contre le pouvoir de Bachar al-Assad en mars 2011, le conflit en Syrie a dégénéré en une guerre civile complexe où jihadistes, rebelles et le régime cherchent à étendre leurs zones de contrôle.

Le mois de mai a été le plus meurtrier depuis le début de l'année avec 6.657 morts, en majorité des soldats et des jihadistes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Plus de 220.000 personnes ont péri depuis le début en mars 2011 du conflit en Syrie, déclenché par la répression d'une contestation qui s'est ensuite militarisée avant que le pays ne plonge dans une guerre civile rendue complexe par l'intervention des jihadistes.

L'EI, qui contrôle la moitié du territoire syrien selon l'OSDH, a encore étendu son emprise récemment. Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont élargi leur "califat" autoproclamé en repoussant les forces gouvernementales dans le centre de la Syrie et en avançant au détriment des rebelles dans le nord, fragmentant encore davantage le pays.

L'EI a en particulier étendu son contrôle près de la frontière turque, dans la province d'Alep (nord). Il y a capturé le village de Suran dimanche, à l'issue de trois jours de combats ayant fait 45 morts parmi les rebelles et 30 dans les rangs des jihadistes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les jihadistes se trouvent à une dizaine de kilomètres de la frontière turque et s'approchent de la ville de Marea, située sur une route menant à la Turquie et cruciale pour le ravitaillement des rebelles.

Dans le centre de la Syrie, l'EI a capturé samedi un important point de contrôle situé sur un carrefour stratégique au sud de la cité antique de Palmyre, tombée aux mains des jihadistes le 21 mai.

Pour le géographe français spécialiste de la Syrie, Fabrice Balanche, "entre l'Irak et la Syrie, le groupe s'est emparé de près de 300.000 km2 de territoire", ce qui correspondrait au "11e pays arabe par sa superficie (..) sur les 22 que compte la Ligue arabe".

"Ce que vit le pays est une 'somalisation', les fronts sont en feu partout, mais la partition ne rentre pas dans la stratégie de l'armée", affirme une source militaire à Damas.

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