Une liste de personnalités, policiers ou rappeurs français à abattre

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Une "liste de cibles", appartenant à l'homme qui a tué un policier et sa compagne en France, a été retrouvée par les enquêteurs. Parmi ces noms: des personnalités, des policiers et des rappeurs.

Une "liste de cibles" de personnalités, policiers, journalistes ou rappeurs a été retrouvée au domicile du policier tué avec sa compagne dans les Yvelines par Larossi Abballa, selon le procureur de Paris, en charge de l'enquête. Cette liste aurait appartenu au tueur. Les noms mentionnés n'ont pas été ébruités.

"Au cours (des) négociations avec le Raid, le tueur a indiqué être musulman pratiquant et faire le ramadan, il a précisé avoir prêté allégeance trois semaines plus tôt au commandant des croyants de l'Etat islamique, Abou Bakr al Baghdadi", a déclaré François Molins, le procureur de Paris, lors d'une conférence de presse. "Il a ajouté avoir répondu à un communiqué de cet émir, qui demandait, je cite, de tuer des mécréants chez eux, avec leur famille", a-t-il ajouté.

Trois hommes de 27, 29 et 44 ans ont par ailleurs été placés en garde à vue mardi dans cette affaire. 

La "soif de sang" de Larossi Abballa

Originaire de Mantes-la-Jolie, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris, cet homme de 25 ans, avait été condamné en septembre 2013 pour avoir participé à une filière d'envoi au Pakistan de volontaires pour le jihad. Il avait été placé début 2016 sur écoute par un juge d'instruction, mais rien ne laissait présager un passage à l'acte immédiat. L'enquête avait mis au jour le profil inquiétant du jeune homme, connu jusque-là pour des faits mineurs de droit commun (vol, recel).

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Larossi Abballa gravitait depuis des années dans la mouvance islamiste radicaleLes messages téléphoniques entre Larossi Abballa et les autres membres de la filière laissent peu de doutes sur les intentions du jeune homme, qui "semble volontaire pour commettre des actions violentes en France", relève une source proche de l'enquête.

Au moment de son arrestation en mai 2011 pour ses liens avec l'inspirateur présumé de la filière, les policiers retrouvent au cours d'une perquisition au domicile de ses parents un agenda avec une liste de commissariats, de mosquées et de lieux touristiques dans son département des Yvelines. "Des cibles potentielles", souligne à l'époque cette même source.

"J'ai soif de sang. Allah m'en est témoin."
Larossi Abballa
Combattant de l'EI

"Crois-tu vraiment qu'ils ont besoin de nous là-bas", au Pakistan? "Allah avec sa volonté va nous donner les moyens de hisser le drapeau ici", en France, écrit-il en 2011 à l'un de ses compagnons. "Faut commencer le taf", "j'ai soif de sang. Allah m'en est témoin", ajoute-t-il.

Larossi Abballa se montre toutefois aussi pressé d'aller au Pakistan. "Il ne connaissait pas grand-chose à la religion mais c'était le plus chaud" pour partir, "il semblait très motivé à l'idée de faire le jihad", raconte l'un des membres de la filière aux enquêteurs, le décrivant comme "bizarre" et "mystérieux".

Propagande jihadiste

Plusieurs éléments rapprochent Larossi Abballa des djihadistes:

• Son téléphone, son ordinateur et une clé USB révèlent de nombreux documents de propagande jihadiste: vidéos, brochure sur Al-Qaïda... 
• Avec ses compagnons, il participe fin 2010 et début 2011 à plusieurs entraînements religieux et sportifs dans des parcs du Val-d'Oise et de Seine-Saint-Denis, non loin de Paris. Au cours d'une équipée plus discrète, le groupe s'entraîne même à égorger des lapins, d'après les investigations.
• Autre révélation à l'époque, Laroussi Abballa doit rencontrer le 18 décembre 2010 des "frères" venus de Belgique.

Devant les enquêteurs, il nie les faits, soutenant être athée, faisant semblant d'être musulman pour "ne pas attirer les soupçons" et "éviter d'être rejeté par sa famille", d'après une source proche du dossier.

Au cours de son procès en 2013, il apparaît comme "limité intellectuellement, basique, influençable. Aucunement décideur", se souvient Hervé Denis, l'un des avocats des prévenus.

Condamné à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, il est libéré à l'issue du procès après avoir purgé l'intégralité de sa peine en détention provisoire.

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