Voyage sans retour pour les djihadistes français

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Dès lors que les conditions d’un procès seront équitables, ils devraient être jugés dans le pays où ils ont été capturés. La question de leur éventuelle exécution reste néanmoins brûlante.

Hommes ou femmes, les djihadistes français capturés en Irak seront sans doute jugés sur place. Concernant le la partie kurde de la Syrie, ce sera le même point de vue, du moins si les institutions judiciaires locales "sont en capacité d’assurer un procès équitable" avec des "droits de la défense respectés", a assuré hier le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux sur RMC et BFMTV. Sauf pour les enfants de djihadistes, la position de la France semble désormais établie. Quelques centaines d’adultes seraient répertoriées dans cette vaste zone, selon un recensement forcément approximatif et quelque 400 mineurs de moins de 15 ans, selon une estimation du procureur de Paris François Molins.

1981
Fin de la peine de mort en France
Est-ce que la France, qui a aboli la peine de mort en 1981, est prête à assumer un sort équivalent appliqué à ses ressortissants capturés à l'étranger?

En dehors de la question réglée du rapatriement des personnes ayant combattu, commis des crimes, il restera dans les temps à venir l’épineuse question de la peine de mort, notamment appliquée en Irak. Trente-huit djihadistes condamnés pour terrorisme y ont été pendus en novembre dans la prison de Nassiriya. Est-ce que la France, qui a aboli la peine de mort en 1981, est prête à assumer un sort équivalent appliqué à ses ressortissants? Quand cette question a été posée à Jean-Yves le Drian dans les studios d’Europe 1 le 10 novembre, le ministre des Affaires étrangères a répondu laconiquement qu’en pareil cas, ils bénéficieraient "d’une protection consulaire", une sorte d’assistance applicable à tous les Français condamnés dans n’importe quel pays.

Faire passer des messages

Une source diplomatique contactée hier par L’Echo a toutefois été beaucoup plus nette, assurant d’une part que si le "suivi consulaire" était une "règle absolue" concernant notamment les conditions de détention, la patrie des droits de l’Homme "ferait tout" pour s’opposer à une exécution, arguant que les relations "cordiales et constructives" existant entre la France et l’Irak, permettaient de faire passer des messages sans pour autant froisser un Etat souverain. Le problème pourrait être plus compliqué dans la zone nord de la Syrie où la France ne dispose pas d’interlocuteurs officiels. C’est, a-t-on affirmé à L’Echo, le Comité international de la Croix Rouge qui sert alors de boîte de correspondance comme de relais d’action.

Les autorités françaises n’ont de cesse d’insister sur les crimes commis par les compatriotes qui se sont rendus "volontairement" sur place pour combattre dans le camp "ennemi". Certains rapatriements pourraient néanmoins être opérés "au cas par cas", selon les mots d’Emmanuel Macron. La question se pose par exemple pour Emilie König – réputée propagandiste et recruteuse – actuellement détenue avec d’autres Françaises dans un camp kurde de Syrie avec ses jeunes enfants et qui demande à être jugée en France au motif qu’elle y est sous le coup d’une enquête.

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