La honte plane sur l'Euro

©REUTERS

Le premier des cinq matches à risque de l'Euro 2016 a déjà donné lieu à des incidents à répétition dans la ville de Marseille. Les affrontements entre hooligans ont fait 35 blessés. Un supporter anglais est entre la vie et la mort.

La France s'est réveillée avec la gueule de bois dimanche matin, après que des heurts violents aient ternis le deuxième jour de l'Euro 2016 dans la ville de Marseille. Et déjà, on craint que les violences qui se sont déroulées dans les rue de la cité, en marge du match Angleterre-Russie, ne fassent tache d'huile sur le reste de l'Euro.

A Nice, sur la Côte d'Azur, une bagarre a éclaté samedi soir entre des Niçois et des supporters nord-irlandais, faisant sept blessés dont un souffrant d'un traumatisme crânien, avant le match qui doit opposer dimanche après-midi la Pologne et l'Irlande du Nord.

Ce dimanche à 15H00, le Parc des Princes à Paris accueillera le match Turquie-Croatie, deuxième des cinq rencontres, après Angleterre-Russie, classées "niveau 3" sur une échelle de risques de 4.

Les trois autres sont Allemagne-Pologne (16 juin au Stade de France), Angleterre-Pays de Galles (16 juin à Lens) et Ukraine-Pologne (21 juin encore à Marseille).

La presse s'alarme

La réprobation et l'inquiétude s'étalent à la une des journaux français et anglais dimanche au lendemain du match Angleterre-Russie.

"La honte", titre L'Equipe qui décrit des "scène de guérilla" dans la cité phocéenne où une série d'affrontements a fait 35 blessés, dont un supporter anglais, dans un état critique.
Pour le principal quotidien sportif français, "l'Euro est déjà gagné par la peur".
"La France face aux hooligans", s'alarme Le Parisien/Aujourd'hui en France après ces "scènes d'une violence inouie", qui ont tourné en boucle sur les télévisions et réseaux sociaux.

La Grande-Bretagne n'est pas en reste

Les mauvais souvenirs, liés au phénomène hooligan, ressurgissent aussi dans la presse anglaise. "Retour aux années noires", titre le supplément sport du Mail on Sunday. Le Sunday Telegraph exprime lui aussi sa "honte" et jette l'opprobre sur les "supporters émeutiers".

L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro-2016, a "fermement condamné" les "actes de violences" à Marseille, perpétrés par des "gens qui n'ont rien à faire dans le football". Lors de précédents Euros, l'UEFA avait menacé de sanctionner l'Angleterre (2000) et la Russie (2012) après des violences impliquant leurs supporters.

Les violences ont éclaté samedi après-midi sur le Vieux-Port de Marseille entre des supporters en majorité britanniques, mais aussi des Russes et des Français. Elles se sont poursuivies jusque tard dans la nuit. Des supporters anglais ont jeté des canettes de bière vides sur des policiers, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène

Au total, on a comptabilisé 35 blessés, dont un supporter anglais entre la vie et la mort, d'après des sources officielles.

Les violences ont débuté peu après 16H00 heure. Plusieurs bagarres entre supporteurs de diverses nationalités ont éclaté, provoquant l'intervention des forces de l'ordre, aussitôt prises à partie par les supporteurs de tous les camps, a précisé le préfet.  "On occupe le terrain et on empêche les rixes. Nous intervenons systématiquement quand il y a des rixes pour les disperser", a-t-il  affirmé.
Vers 17H00, la police et les supporteurs, face-à-face sur le Vieux-Port, continuaient néanmoins à s'affronter à intervalles réguliers, séparés par quelques mètres.

20.000 supporters Anglais

Quelque 20.000 Anglais et 12.000 Russes étaient attendus pour cette rencontre signalée comme l'une des cinq rencontres "à risque", et 1.200 policiers et gendarmes ont été chargés de sécuriser la ville à cette occasion, a indiqué la préfecture.

"Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d'avoir prévu le match si tard ce soir, à 21H00. A cette heure-là, tout le monde sera complètement bourré !"
Danny Hart
Supporteur britannique de 23 ans

"Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d'avoir prévu le match si tard ce soir, à 21H00", commentait Danny Hart, un supporteur britannique de 23 ans. "A cette heure-là, tout le monde sera complètement bourré !".

Le préfet des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez, s'est pourtant voulu rassurant, au lendemain de heurts, vendredi soir, ayant déjà impliqué des supporters anglais sur le Vieux-Port de Marseille. "Nous avons prévu un dispositif très conséquent, ce soir", a-t-il dit sur BFM TV. La fan zone bénéficiera d'un encadrement "assez renforcé", avec une "sectorisation" des supporters en fonction de leur nationalité, a-t-il ajouté.

Quatorze "spotteurs", physionomistes et spécialistes du hooliganisme - 10 Britanniques et 4 Russes -, prêtent par ailleurs main forte aux policiers français, a-t-on appris de source policière. Sept personnes - quatre Anglais et trois Français - ont été placées en garde à vue à Marseille à la suite de violences sur le Vieux-Port vendredi soir, selon une source policière. Elles devraient être sentées à un juge au cours du week-end, avec une perspective de comparution immédiate devant un tribunal lundi après-midi, précise cette source.

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