Un livre vert sur les déchets de plastique

©Photo News

La Commission européenne lance une réflexion sur les solutions à envisager pour réduire la quantité astronomique de déchets plastiques produits chaque année.

En un demi-siècle, la production mondiale de matières plastiques est passée de 1,5 million de tonnes par an en 1950 à 245 millions de tonnes en 2008, dont 60 millions pour la seule Europe. Ce qui génère une quantité considérable de déchets, dont une part importante finit chaque année dans les mers du globe, transformant progressivement les océans en une vaste décharge de déchets plastiques.

Comment maîtriser cette montagne de résidus à la durée de vie particulièrement longue? La réponse n'est pas simple à apporter. Car les matières plastiques sont devenues un matériau incontournable dans toute société moderne.

Pour faire avancer la réflexion, le commissaire européen à l'environnement, Janez Potocnik, a présenté jeudi un "livre vert" contenant un ensemble de propositions destinées à être discutées, en vue de l'élaboration d'une future stratégie. Une consultation a été lancée parallèlement jusqu'au début du mois de juin.

Le commissaire slovène était accompagné, pour l'occasion, de l'acteur britannique Jeremy Irons, qui vient de terminer un film ("Trashed") consacré aux déchets. "J'essaie de rendre les déchets glamour", a lancé l'acteur, qui tente de sensibiliser la population à une problématique parfois éclipsée par la crise économique. Jeremy Irons a dénoncé "les intérêts cachés dans de nombreux pays" empêchant de développer davantage le recyclage. Il a notamment égratigné l'industrie de l'incinération, faisant valoir que la récupération d'énergie via la combustion était particulièrement inefficace.

Plusieurs directives

L'Union européenne a déjà adopté plusieurs directives sur la gestion des déchets. Mais malgré cela, la situation reste très problématique dans plusieurs Etats membres, notamment au sud du continent, où l'enfouissement et l'incinération demeurent les solutions les plus répandues.

Deux pistes ont été évoquées par Janez Potocnik. La première est celle du recyclage, qui reste pour l'instant assez faible pour les déchets en plastique. "Dans une économie circulaire, où des taux de recyclage élevés permettent de faire face à la raréfaction des matériaux, je pense que les matières plastiques ont un avenir", a commenté le commissaire à l'environnement, qui a appelé "à envisager les matières plastiques comme une partie de la solution et non uniquement comme un problème".

Une autre voie à explorer, c'est celle de la fiscalité. "Nous payons peu ou rien pour ces déchets en plastique. Ils n'ont donc aucune valeur, malgré leur charge environnementale. Trouver un moyen d'inclure cette charge environnementale dans le prix serait un moyen de faire payer les pollueurs", a encore indiqué Janez Potocnik.

De son côté, Jeremy Irons a fustigé l'opposition du Royaume-Uni à toute taxe sur les déchets en plastique, citant comme exemple à suivre la taxe de 50 centimes imposée par les autorités irlandaises. Selon lui, cette taxe a permis de réduire de 92% l'utilisation des sacs en plastique jetables en un an et l'argent collecté a permis de financer des actions de recyclage.

O.G.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés