Examens annulés: le point en 4 questions

©jonas roosens

Chaos dans les écoles. Certains examens sont annulés pour cause de fraude à grande échelle. On refait le point en quatre questions.

Ce n’est plus du goutte à goutte, c’est une véritable inondation. Après l’épreuve d’histoire du CESS (certificat d’enseignement secondaire supérieur) qui s’est retrouvé lundi sur les réseaux sociaux, les fuites des épreuves externes des examens du secondaire ne se sont plus arrêtées, jusqu’à la vente hier, aux portes de certaines écoles, des épreuves du CE1D en langues modernes. Les mots "sabotage", "incompréhension", "prise en otage des élèves", "malveillance" ont fusé toute la journée de mercredi. La CSC-enseignement, comme le monde politique, s’est interrogée sur "les intentions des personnes qui n’ont pas hésité à mettre en péril le travail de milliers d’élèves et d’enseignants". Certains ont évoqué le "pétage de plomb" d’un acteur de l’enseignement. "Ce n’est pas une démarche pédagogique, cela ne ressemble pas à l’attitude normale d’un enseignant", dit un spécialiste de la question qui voit l’œuvre d’un esprit malveillant qui s’est attaqué au système et aux élèves eux-mêmes.

La ministre de l’Enseignement, Joëlle Milquet, a fait part hier soir, lors d’une conférence de presse improvisée, de sa colère et son indignation face à "une situation jamais vécue" et des comportements "qui ne resteront pas sans suite".

1. Que s’est-il exactement passé?

Tout a commencé lundi, avec des fuites sur internet de questions du CESS d’histoire. D’autres fuites ont eu lieu dans l’épreuve de français. Mardi, c’est le CE2D de néerlandais – une épreuve encore en test dans 23 écoles pilotes – qui a fuité. Mercredi ensuite, certains élèves se vantaient d’avoir les questions… et les réponses de l’épreuve de sciences du CE1D (2e secondaire). Idem pour le CE1D de néerlandais de ce jeudi, dont des épreuves ont carrément été mises en vente par des élèves aux portes des écoles.

2. Comment les élèves vont-ils être évalués?

Au total, 116.000 élèves de 2e et 6e secondaire voient certaines de leurs épreuves externes annulées. Il s’agit, pour les 2e secondaire (CE1D) des sciences et langues modernes (excepté l’oral), et de la compétence "synthétiser" en histoire pour les 6e. On vous passe les détails techniques, mais leurs compétences seront évaluées via les procédures d’examens internes classiques et validées par le conseil de classe. Joëlle Milquet compte, pour cela, se baser sur un article du décret de 2006 sur l’évaluation externe pour faire admettre que les élèves n’ont pu passer leur examen, et que les bulletins de l’année scolaire suffiront. Joëlle Milquet a tenu à rassurer les parents sur ce point, et a décidé d’ouvrir, dès ce matin, 9h, un numéro vert (0800/95580) où les parents peuvent poser leurs questions. Ils peuvent aussi consulter le site de l’administration (www.enseignement.be).
Françoise Bertieaux, la chef de groupe MR au parlement de la FWB, suggère à Joëlle Milquet de rédiger en urgence un décret stipulant qu’en cas de triche ou de fraude, on se base sur les cotes des élèves pendant l’année. Ce qui permettrait de bétonner juridiquement la procédure et éviter des éventuels recours. "On a encore le temps de le faire, une commission et une séance plénière se tiennent encore la semaine prochaine, dit la députée.

3. Qui va être sanctionné?

Pour le moment, les responsables des fuites ne sont pas connus. Joëlle Milquet a déposé une plainte contre X au parquet, une procédure judiciaire et disciplinaire va donc être entamée afin de les identifier. Elle a aussi demandé un rapport à l’administration sur les mesures mises en place pour assurer la confidentialité des épreuves, y compris en termES d’impression et de diffusion.

4. Et pour l’avenir?

L’opposition (MR et Ecolo) a réclamé la mise en place d’une commission spéciale au parlement pour revoir le système. Joëlle Milquet suggère de mettre sur pied un groupe de travail, après accord du gouvernement. Le but: revoir la méthodologie, assurer davantage la confidentialité et la sécurisation des épreuves, "afin que des caisses ne se retrouvent plus à traîner plusieurs jours à l’avance dans les écoles", a déclaré la ministre.

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