Ali - Blatter: le match a commencé

©AFP

Alerte à la bombe au congrès de la Fifa à Zurich qui n 'a retardé que de 15 à 30 minutes le programme. La fédération secouée par un scandale planétaire de corruption, élit son président ce vendredi. Joseph Blatter, 79 ans, brigue un 5e mandat, persuadé qu'il est le seul à pouvoir faire le ménage au sein de l'institution. Face à lui, le prince jordanien Ali bin Hussein, 39 ans, un de ses vice-présidents. Il se présente comme l'homme du changement. Le résultat du scrutin sera connu ce vendredi entre 16H30 et 19H30.

- Le président est élu par le congrès de la Fifa, pour une période de 4 ans. L'élection se fait à bulletin secret.

- Pour être élu au premier tour, un candidat doit recueillir les deux tiers des suffrages des membres présents et ayant le droit de vote.

- Pour le second tour et les éventuels tours suivants, la majorité simple, c'est à dire plus de 50% des suffrages valablement exprimés, est suffisante.

- Le corps électoral est composé de 209 fédérations membres. Chacune des 209 fédérations de la Fifa a une voix.

  • L'UEFA, c'est-à-dire l'Europe (54 membres mais seulement 53 voix car Gibraltar n'est pas reconnu par la Fifa), est opposée à Blatter. A quelques exceptions près, comme la Russie. Moscou, supporter de Blatter, considère que l'action judiciaire pilotée depuis les Etats-Unis est une manœuvre pour empêcher la tenue du Mondial-2018 en Russie.
  • Les USA, froissés par l'attribution du Mondial-2022 au Qatar, voteront eux Ali. Le football vient donc envenimer des relations entre Vladimir Poutine et Washington déjà écorchées à vif par le conflit en Ukraine.
  • L'Afrique (54 voix) devrait rester fidèle à Blatter, considéré comme l'artisan de la première Coupe du monde organisée sur le continent en 2010.
  • La Jordanie, pays natal du Prince Ali, est rattachée à l'Asie (46 voix). Mais cette Confédération ne l'a pas reconduit à son poste de vice-président asiatique de la Fifa pour le prochain mandat qui s'ouvrira samedi, au lendemain de l'élection. S'il n'est pas élu président, il ne sera plus au gouvernement du foot mondial. Le patron du football asiatique, le cheikh Salman bin Ebrahim al Khalifa (Bahreïn), est un fervent supporteur de "Sepp".
  • La Concacaf (Amérique du Nord, centrale et Caraïbes), 35 voix, a été frappée de plein fouet par les affaires, puisque son président (désormais ex-président) Jeffrey Webb fait partie des personnes arrêtées à Zurich. Comment votera-t-elle ?
  • Les autres contingents, Océanie (11 voix) et Amérique du Sud (10) pèsent moins.

Le compte à rebours est lancé. La Fifa connaîtra son président pour 2015-2019 entre 16H30 et 19H30.

 

S'exprimant devant les délégués du 65e congrès de la Fifa, Sepp Blatter, président contesté de la fédération internationale de football, a lancé vendredi un appel à l'unité avant le vote qui doit déterminer s'il se voit confier un cinquième mandat consécutif. Cet appel intervient au moment où l'organisation est prise dans un vaste scandale de corruption.

"Cela ne sera pas toujours facile mais nous sommes réunis ici aujourd'hui pour nous attaquer aux problèmes qui ont été créés. Nous sommes ici pour les résoudre."
Sepp Blatter
Président de la FIFA

©AFP

Mais cette unité ne semble être qu'une apparence. Plusieurs voix, et pas des moindres, se sont élevées pour contester ce scrutin. Parmi elles, celle de Michel Platini. Le président de l'UEFA, la puissante fédération européenne de football, ne souhaite ni plus ni moins que la démission de Sepp Blatter. Mais, malgré son âge et les supposées casseroles qu'il traîne depuis des années, Blatter possède de bonnes chances de l'emporter face à son unique rival le prince jordanien Ali ben Hussein.

"On pouvait voir que c'était différent que lors des précédentes éléctions. A mon avis, il n'est pas certain que les pays africains et asiatiques vont tous voter pour Blatter. Le vote est secret. Ils peuvent aussi voter pour Ali Bin Al-Hussein, croyez-moi".
Michael van Praag
Président de la fédération néerlandaise de football

"Je le dis depuis longtemps, la victoire de Sepp Blatter n'est pas acquise", avance Michael van Praag, à quelques heures du vote. Le président de la Fédération néerlandaise de football avait retiré la semaine dernière sa candidature à la présidence au profit du Prince Ali. L'ancien joueur portugais Luis Figo avait fait de même.  Michael van Praag a dîné jeudi soir avec les 208 autres présidents des fédérations membres de la FIFA. "Bien sûr, j'ai fait du lobby en faveur du Prince Ali", souligne-t-il.

Le Prince Ali, le nouveau Monsieur propre du football

 

"La Fifa a besoin d'une direction qui gouverne, qui guide et protège nos fédérations. Une direction qui accepte sa responsabilité pour ses actes et ne rejette pas la faute sur autrui."
Le Prince Ali Bin Hussein de Jordanie
Candidat à la présidence de la Fifa

©ANP

Le prince jordanien Ali bin Al Hussein joue la carte de la jeunesse et de la transparence our tenter de renverser Joseph Blatter, président contesté de la Fifa, en poste depuis 1998. Demi-frère du roi Abdallah II, le Prince Ali, 39 ans, se pose en recours pour en finir avec "le système Blatter", marqué par de nombreux soupçons de corruption, notamment autour de l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022. Mais son élection à la présidence ce vendredi sera très difficile. De nombreuses confédérations maintiennent en effet leur soutien à Blatter, malgré la tempête judiciaire.

"Nous ne pouvons pas continuer avec la crise à la Fifa", a martelé le prince. "La Fifa a besoin d'une direction qui gouverne, qui guide et protège nos fédérations. Une direction qui accepte sa responsabilité pour ses actes et ne rejette pas la faute sur autrui".

Maradona et Platini le soutiennent

Le Prince Ali, qui a le rang de général dans l'armée jordanienne, bénéficie dans les milieux sportifs internationaux de l'image d'un homme modeste et travailleur. Vice-président de la Fifa pour l'Asie depuis 2011, il dirige depuis 1999 la Fédération jordanienne de football.

Le Jordanien, qui a récemment rasé sa barbe naissante, a des appuis de choix. Lors d'un salon sur le football asiatique en Jordanie, il avait ainsi convié un de ses partisans, l'ex-star argentine Diego Maradona. Jeudi, le Français Michel Platini lui a réitéré le soutien de l'UEFA, qu'il préside, et appelé d'autres fédérations continentales à en faire de même.

Le credo de sa campagne a été l'intégrité. "Nous devons être plus ouverts, plus transparents dans la façon avec laquelle nous faisons les choses. Il n'y a rien à cacher", plaide-t-il sans cesse.

L'image de la FIFA en lambeaux

La Fifa, qui portait déjà comme une croix l'attribution controversée du Mondial-2022 au Qatar, n'avait pas besoin d'être plongée dans un décor de film policier cette semaine. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #BlatterOut ou #FifaMafia pullulent.

Les dirigeants politiques sont également entrés dans la ronde. Le Premier ministre britannique David Cameron a appuyé la Fédération anglaise (FA), "qui soutient la candidature du prince Ali. On désire voir des réformes à la Fifa".

Plusieurs entreprises multinationales, dont Nike, Visa, Adidas et Coca-Cola, associées au sponsoring de la Coupe du monde, ont exhorté la Fifa à faire le ménage. Le constructeur automobile sud-coréen Hyundai s'est de son côté déclaré "extrêmement préoccupé", ajoutant suivre la situation de près.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés