Qui présidera la "nouvelle" Fifa?

©REUTERS

Un 9e président doit être élu vendredi à la tête de la fédération internationale de football. Il devra avoir les épaules assez larges pour prendre la succession de Sepp Blatter en poste depuis 1998 qui a entaché la réputation de l'organisation.

La réputation de la Fédération internationale de football (Fifa) a morflé depuis l'année dernière. En cause? Une retentissante affaire de corruption. Mais l'organisation a décidé de se reprendre en main. Au programme: des réformes en série et un nouveau président.

Et nous voilà à la veille de l'élection de ce nouveau patron de la Fifa qui est prévue à Zurich. Petit condensé de ce qu'il faut savoir de cette élection teintée de revendications, d'inquiétudes et d'un sentiment d'injustice pour certains.

1. Qui sont les candidats?

 

 

Le secrétaire général de l'UEFA Gianni Infantino et le cheikh bahreïni Salman Bin Ibrahim Al Khalifa sont donnés favoris pour succéder à Sepp Blatter.

Le Français Michel Platini, ex-président de l'UEFA, avait prévu d'être candidat à la succession du Suisse jusqu'à ce que la Fifa, en lui interdisant toute activité dans le football au niveau national et international, anéantisse ses espoirs.

2. Comment se déroule le vote?

L'élection du nouveau président revient aux 209 fédérations nationales de football membres de la Fifa, dont chacune vote à bulletin secret, ce qui leur permet en théorie toute liberté face aux consignes des confédérations continentales.

Pour être élu au premier tour, un candidat doit recueillir les deux tiers des suffrages des membres présents et ayant le droit de vote. Pour le second tour et les éventuels tours suivants, la majorité simple, c'est à dire plus de 50% des suffrages valablement exprimés, est suffisante.

Le prince Ali bin al Hussein ©AFP

Inquiets que le secret du vote ne soit violé par les délégués qui pourraient prendre des photos de leur bulletin avec leur téléphone portable, le prince Ali bin al Hussein a demandé l'installation d'isoloirs transparents, sans obtenir gain de cause auprès du  Tribunal arbitral du sport (TAS). Le Français Jérôme Champagne a de son côté déclaré qu'il allait contester devant le TAS le nombre d'observateurs autorisés au congrès, qu'il juge trop important et dont les commentaires pourraient peser dans le choix d'un candidat.

3. Qu'est-ce qui devrait changer?

Fini les réélections en chaîne. La Fifa a appelé ses membres à soutenir les réformes qui seront présentées lors du congrès, et notamment une limitation de la durée des mandats cumulés des plus hauts responsables et la publication de leurs revenus.

Il faut dire qu'avec Sepp Blatter on avait atteint des excès. Il avait été réélu en mai pour un cinquième mandat, avant de démissionner dans la foulée. Au total de sa carrière, il sera resté plus de 17 ans à la tête du football mondial.

"Le monde a les yeux rivés sur nous cette semaine après ce qui restera une des plus difficiles périodes de notre histoire."
Issa Hayatou
Président par intérim de la Fifa

Le président par intérim de la Fifa Issa Hayatou a appelé les fédérations nationales à voter pour les réformes, les jugeant "décisives" pour l'avenir de l'organisation. "L'adoption de ces réformes va envoyer un message fort, signalant que nous avons entendu et que nous prenons les mesures nécessaires pour regagner la confiance et améliorer notre performance", a-t-il déclaré.

4. Pourquoi les choses doivent changer?

L'instance dirigeante du football mondial cherche à rétablir sa réputation, entachée depuis mai dernier par la révélation d'une vaste affaire de corruption. Le département américain de la Justice a lancé des poursuites contre plusieurs dirigeants de la Fifa et contre des dirigeants de sociétés liées à la commercialisation et à la promotion du football pour versement de pots-de-vin estimés à plus de 150 millions de dollarsUne enquête a également été ouverte en Suisse.

Sepp Blatter (79 ans) et Michel Platini (60 ans) ont été tous deux suspendus par la commission d'éthique de la Fifa en raison de doutes sur la légalité d'un versement de deux millions de francs suisses (1,8 million d'euros) versé en 2011 par Blatter à Platini pour une mission effectuée entre 1998 et 2002.

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