Ça grenouille au cdH, qui écrit à ses membres

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Audace, responsabilités, détermination, confiance et respect: sur quatre pages, le cdH sort les grands mots pour s’adresser à ses membres.

On s’en doute, si le parti prend ainsi la plume et se fend d’une missive, cosignée par tous les pontes centristes ou presque, c’est pour justifier ses positionnements récents: la montée à bord des gouvernements régionaux et le bras d’honneur franc et massif adressé à Bart De Wever, et avec lui, tous les partenaires de la coalition suédoise (N-VA, MR, CD&V et Open VLD) en devenir.

Une démarche qui paraît bien tardive au politologue Vincent Laborderie (UCL). "Il est étrange qu’elle prenne place autant de temps après les décisions en question. J’y vois l’attitude d’un parti qui communique par réaction, suite à des articles évoquant le malaise régnant en son sein. C’est comme si le cdH avait découvert le problème dans la presse. Cela montre qu’il a perdu le contact avec ses membres, sinon il l’aurait perçu avant. C’est, du moins, l’impression que cela donne."

Le malaise règne-t-il au sein de la formation cornaquée par Benoît Lutgen? C’est sûr: le refus de négocier une coalition de centre-droit au Fédéral a donné des ulcères à certains humanistes. "Mais bon, si le cdH avait dit oui, d’autres auraient aussi tiré une drôle de tête", tempère cette figure du parti. Comme le dit l’expression: il y a deux écoles. Et si un choix tranché satisfait l’une d’entre elles, elle déçoit l’autre.

De là à parler de malaise? "C’est vrai, Benoît Lutgen est quelqu’un d’extrêmement secret, qui parle très peu et décide seul, de manière arbitraire. Cela dit, en tant que président, il y a un moment où il est difficile de faire autrement: il faut trancher. C’est comme ce courrier, qui revient à se faire couvrir par les autres, en les ‘mouillant’, en quelque sorte. Soit." Par contre, ce qui ne passe définitivement pas, c’est la manière. "Les interviews de Benoît ont traduit une violence terrible par rapport au MR, il est allé beaucoup trop loin dans l’expression. Donnant par là du grain à moudre à ceux qui estiment que le cdH était tenu par un accord ou une obligation envers le PS."

À ce propos, ne vient-elle pas un peu tard, cette lettre, qui a circulé parmi ses signataires la semaine dernière? Oui, le parti a sans doute sous-estimé la grogne qui montait par rapport à son incapacité à prendre distance du PS, confesse ce ténor. "Mais il faut dire aussi que les gens qui attendaient quelque chose, comme un poste, se taisaient peut-être. C’est après seulement, que cela commence à grenouiller. "

 

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