Cinq pistes pour Charles Michel

Charles Michel a déjà reçu Elio Di Rupo ce week-end, en tant qu'ex-Premier ministre. Le Montois revoit le président du MR ce lundi, en tant que président du PS. ©Photo News

L'informateur Charles Michel poursuit ses consultations ce lundi matin, en recevant le président de la N-VA Bart De Wever et la présidence du PS.

Ce lundi, Charles Michel a reçu Bart De Wever, pour la N-VA, à 9h. Le dirigeant des nationalistes flamands, qui a précédé Charles Michel dans la mission d'information demandée par le Roi, n'a pas fait de commentaire à l'issue de l'entretien.

Ensuite, le président du MR a accueilli Paul Magnette et Elio Di Rupo, en tant que présidents du PS. Aucun autre entretien n'est prévu lundi. On en est au stade de la mission d'information et l'objectif assigné par le Roi à Charles Michel est d'explorer les formules de coalition possibles.

"Je vais beaucoup écouter, avec beaucoup de bonne volonté et d'ouverture", avait indiqué samedi Charles Michel en arrivant à la présidence de la Chambre où il entamait samedi sa mission après l'échec de son prédécesseur Bart De Wever, dont le roi a accepté la démission mercredi, un mois après les élections.

Le nouvel informateur a donc reçu samedi les partenaires sociaux. C'est la première fois que ceux-ci étaient officiellement entendus au fédéral depuis les élections. Bart De Wever n'avait en effet pas jugé opportun de les recevoir alors que traditionnellement une mission d'information débute par ce type de consultations.

L'informateur a dit réaliser que sa mission était particulièrement difficile mais il a fait connaître son ambition de faire "évoluer la situation dans la bonne direction".

Quelles directions s'offrent à lui?

 

→ Le gouvernement kamikaze

C’est-à-dire une coalition N-VA, CD&V, Open Vld et MR. Donc, le MR serait le seul parti francophone représenté au sein du gouvernement, et il hériterait de sept (sept!) maroquins ministériels. Cela signifierait que les bleus francophones seraient traités de traîtres par les autres partis du Sud durant cinq longues années. On peut s'attendre à une opposition acharnée. Les critiques vont déjà bon train vis-à-vis de cette formule. Charles Picqué souligne ainsi qu'une coalition "kamikaze" reviendrait à mettre les francophones sous tutelle de la Flandre, entraînant la perte de tous leurs droits.

Par ailleurs, le retour de l'Open Vld, arithmétiquement nécessaire, ne ferait pas les affaires du CD&V. Or, les libéraux flamands exigeraient également une participation au gouvernement flamand.

 

→ La tripartite traditionnelle

Une coalition CD&V, Open VLD, SP.A, PS, cdH, MR. Sans la N-VA, ce qui blesserait la Flandre, qui a quand même voté en masse pour ses nationalistes, et ne ferait qu'attiser certaines rancoeurs. Alors que des chefs de file réformateurs se sont exprimés en faveur de la mise en place de tripartites traditionnelles dans chaque entité, le président de la N-VA a dit vendredi craindre ce scénario qui l'exclurait du pouvoir alors que son parti a été plébiscité par l'électorat flamand.

Une enquête réalisée par l'Unizo montre déjà la grogne qu'un tel gouvernement susciterait au Nord du pays: près de 3/4 des patrons flamands envisagent de boycotter une tripartite traditionnelle... Près de la moitié reporteraient les investissements prévus...

En outre, les libéraux exigeraient alors d'entrer dans les gouvernements régionaux, ce que refuseront le PS et le cdH.

 

→ La coalition "miroir"

Avec le PS et le cdH côté francophone et de la N-VA et du CD&V côté néerlandophone. Entre ceux-là, principalement entre la N-VA et le PS, difficile de trouver des terrains d'entente, notamment au niveau socio-économique. Or, tous les partis semblent vouloir avancer de ce côté-là. Un tel gouvernement plancherait principalement sur le communautaire.Bref, ça n'est pas l'issue idéale et, de toutes façons, le cdH a déjà dit "non"!

 

→ La variante "4G"

Avec la N-VA, le CD&V, le PS et le MR, les quatre plus grandes formations politiques belges. Mais elle implique que le PS devrait laisser son allié cdH dans l'opposition.

 

→ Le gouvernement asymétrique

Soit un grand front francophone MR-PS-cdH, et avec la N-VA et le CD&V du côté flamand. Ici, tous les grands partis francophones se mouilleraient avec la N-VA, pour le meilleur et pour le pire. Ce serait un gouvernement "de raison", qui pourrait peut-être permettre aux deux ennemis jurés, socialistes francophones et nationalistes flamands, de mettre un peu d'eau dans leur vin.

 

→ La confédérale (N-VA, CD&V, PS, CDH)

Possible, mais une fois encore, comment PS et N-VA pourront-ils accorder leurs violons? De toute façon, cette formule-là, ce n'est pas Charles Michel qui la tentera.

 

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