Le cdH refusera toute coalition avec la N-VA!

©BELGA

Le CD&V voudrait réanimer la piste de la coalition de droite avec le cdH et la N-VA. Benoît Lutgen tue l'idée dans l'oeuf. De son côté, la N-VA craint de se faire expulser...

Alors qu’un nouvel informateur (Charles Michel) a été mis en piste ce vendredi par le Palais royal, il apparaît qu’une des volontés du CD&V serait de tenter d’avoir des clarifications de la part de Benoît Lutgen et du cdH et de voir dans quelle mesure la formule de coalition de centre droit (N-VA, CD&V, MR, cdH) peut être réanimée.  Cette formule avait été explorée par l’informateur Bart de Wever.

Or celle-ci est bien morte et enterrée.  Selon nos informations, le président du cdH Benoît Lutgen a été clair, net et catégorique dans ses contacts avec ses différents interlocuteurs jeudi et vendredi.

Pour les centristes francophones, il est aujourd’hui " hors de question " de monter à bord d’une coalition gouvernementale en compagnie de la N-VA. C’est non, nee, niet. "Ce n’est même pas la peine de me présenter ce genre de coalition avec la N-VA ou de m’en parler, ce serait une perte de temps", a expliqué Benoît Lutgen hier à plusieurs de ces collègues. Le palais royal a également été averti que les centristes francophones ne souhaitaient pas monter dans un gouvernement avec les nationalistes flamands . 

Bart De Wever, lui, craint que Charles Michel ne se laisse convaincre par ses homologues francophones. A la télévision anversoise ATV, il  a déclaré craindre que les libéraux francophones optent pour une tripartite, et donc pour un gouvernement écartant les nationalistes flamands. J'ai compris que le MR souhaite la tripartite classique. C'est pour nous une mauvaise nouvelle car cela signifie que l'on veut former un gouvernement sans la N-VA", a dit M. De Wever.

  Selon lui, l'électeur flamand a "choisi tout autrement" lors des élections du 25 mai. "Je pense que cela (ce choix, ndlr) doit être respecté", a-t-il ajouté.  "J'ai des doutes quant à ce que cela soit possible", a toutefois ajouté Bart De Wever. 

La mission de Charles

Le président du MR, Charles Michel, entamera sa mission d'information en rencontrant, demain, les partenaires sociaux (patronat, classes moyennes et syndicats). Dans la foulée, il recevra Elio Di Rupo, le premier ministre en Affaires courantes, et accessoirement président du PS en titre (rappelons que Paul Magnette est président ad interim). 

Le président du MR a été chargé ce vendredi par le Roi d'une nouvelle mission d'information, après l'échec de celle menée depuis un mois par Bart De Wever. 

En rencontrant, en prélude, Elio Di Rupo, Charles Michel entend d'abord faire le point sur la situation économique et budgétaire du pays, ainsi que sur l'état des lieu du transfert de compétence.

Le président du MR compte en effet repartir d'une page blanche après la mission avortée de son prédécesseur. Il ne s'agit donc pas de privilégier l'une ou l'autre forme de coalition, ou de tenter de réanimer la formule préférée du président de la N-VA, la coalition de droite N-VA-CD&V-MR-cdH. Toutes les options sont sur la table et il n'y a aucune exclusive, précise-t-on au MR.

Entre les lignes, on comprend également bien qu'en débutant cette nouvelle mission un samedi, en se faisant brosser le portrait socio-économique d'un pays dont son parti est aux manettes depuis des années, Charles Michel essaye de faire retomber la pression après le psychodrame de ces derniers jours. 

A savoir

A Charles Michel, désormais, de déminer le terrain. Mais quelles coalitions restent possibles?

→ Le gouvernement kamikaze
C’est-à-dire une coalition N-VA, CD&V, Open Vld et MR. Donc, le MR serait le seul parti francophone représenté au sein du gouvernment, et il hériterait de sept (sept!) maroquins ministériels. Cela signifierait que les bleus francophones seraient  traités de traîtres par les autres partis du Sud durant cinq longues années. On peut s'attendre à une opposition acharnée. Le MR veut-il en prendre le risque? 
Par ailleurs, le retour de l'Open Vld, arithmétiquement nécessaire, ne ferait pas les affaires du CD&V. Or, les libéraux flamands exigeraient également une participation au gouvenement flamand.
 
→ La tripartite traditionnelle
Une coalition CD&V, Open VLD, SP.A, PS, cdH, MR. Sans la N-VA, ce qui blesserait la Flandre et ne ferait qu'attiser certaines rancoeurs. 
 
→ La coalition "miroir"
Avec le PS et le cdH côté francophone et de la N-VA et du CD&V côté néerlandophone. Entre ceux-là, principalement entre la N-VA et le PS, difficile de trouver des terrains d'entente, notamment au niveau socio-économique. Or, tous les partis semblent vouloir avancer de ce côté-là. Un tel gouvernement plancherait principalement sur le communautaire.  
 
→ La variante "4G"
Avec la N-VA, le CD&V, le PS et le MR, les quatre plus grandes formations politiques belges. Mais elle implique que le PS devrait laisser son allié cdH dans l'opposition.

 

 

 

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