Et si la Cour de Cassation s'était précipitée dans l'affaire Fortis?

Ghislain Londers ©REPORTERS © JOCK FISTICK

C'était en fin 2008, le gouvernement Leterme chute sur le dossier Fortis. La Cour de cassastion casse l'arrêt confirmant le gel de la vente de la banque et le Président accuse l'immixion du monde politique dans le dossier judiciaire. Aujourd'hui, il revient sur cette affaire dans un livre.

Ghislain Londers, l'ancien premier président de la Cour de Cassation, reconnaît dans le livre "Fortisgate" publié par le journaliste Wim Van den Eynde (VRT), avoir peut-être agi précipitamment en envoyant sa lettre au président de la Chambre de l'époque, Herman Van Rompuy, faisant état d'indications concernant de possibles pressions du gouvernement Leterme sur la justice lors de l'affaire Fortis.

Ces soupçons avaient suscité un scandale politique qui avait finalement conduit à la démission du gouvernement Leterme.

L'ancien haut magistrat pointe cet ouvrage un doigt accusateur vers son bras droit de l'époque, Ivan Verougstraete, qui a toujours réfuté toute implication dans l'affaire.

La Cour d'appel de Bruxelles devait pour mémoire, fin 2008, se prononcer concernant la vente de la banque en difficultés, Fortis, aux autorités néerlandaises et à la banque française BNP Paribas. Un nombre d'actionnaires, notamment défendus par l'avocat d'affaires Mischaël Modrikamen, entendaient alors contrer l'opération estimant leurs droits bafoués. L'arrêt, qui confirmait le gel de la vente, fut par après retoqué par la Cour de Cassation.

Ghislain Londers fut à l'époque convaincu que le monde politique était intervenu pour influencer le cours de la justice. Selon lui, c'était la juge Christine Schurmans qui était à la base des fuites vu les connexions importantes de son mari entretenait au sein du CD&V.

Selon le journaliste auteur du livre, cet intérêt ne portait pas sur le contenu du dossier, mais sur les relations entre la juge Schurmans et les deux autres juges désignés dans ce dossier, Paul Blondeel et Mireille Salmon.

Il y avance dans la foulée que ces deux juges ont eu des contacts avec des tiers sur ce dossier. Et c'est Verougstraete, via des contacts notamment avec l'avocat de l'Etat belge, qui avertit alors le gouvernement sur l'arrêt négatif en préparation.

Ghislain Londers estime qu'il aurait stoppé l'affaire après sa première lettre à Van Rompuy s'il avait su plus tôt ce que la juge Schurmans allait déclarer lors de l'enquête disciplinaire. "Ivan Verougstraete m'a tout simplement piégé. C'est aussi simple que cela", selon l'ancien premier président de la Cour de Cassation.

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