Trouvez le fonds idéal en 5 étapes

Les lauréats des Fund Awards: de gauche à droite, Rob Deneke et Lodewijk van der Kroft (Comgest, meilleur gestionnaire de fonds d’actions), Sven Verstraete (Robeco, meilleur gestionnaire toutes catégories) et Peter De Coensel (Degroof Petercam AM, meilleur gestionnaire de fonds obligataires). ©Dries Luyten

Oui, nous estimons que la méthodologie de L’Echo est la meilleure. Non, nous ne conseillons pas d’acheter les lauréats de nos Awards les yeux fermés. Vous trouverez ici un plan d’action en cinq points, qui vous permettra de trouver le fonds qui vous convient le mieux.

1. Quel risque suis-je disposé à prendre?

C’est la question cruciale que chacun doit se poser avant d’investir. Elle peut aussi être formulée autrement: "Quel est le rendement que je souhaite obtenir à long terme?"

Si vous souhaitez ne prendre aucun risque, cet article n’est pas pour vous. Car à l’heure actuelle, le secteur des fonds ne peut vous garantir un rendement positif sans prise de risque. Si vous disposez de quelques centaines de milliers d’euros sur un compte d’épargne et que vous n’avez aucune confiance dans les institutions financières, vous pouvez investir dans des fonds du marché monétaire moyennant un rendement légèrement négatif. L’an dernier, leurs pertes se montaient à environ 0,50%.

Dans le document KIID (informations essentielles pour l’investisseur), qui doit vous être obligatoirement remis lors de chaque achat de fonds, vous trouverez une échelle de risque. Les fonds de marché monétaire sont classés dans la catégorie n°1, soit la moins risquée, tandis que les fonds de mines d’or se trouvent dans la catégorie n°7, le risque le plus élevé. Ces catégories sont calculées (mathématiquement) sur la base des fluctuations de la valeur du fonds (volatilité) au cours des cinq dernières années.

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Chaque fonds est classé sur une échelle de risque allant de 1 à 7. Ces indicateurs sont basés sur la volatilité au cours des cinq dernières années.

Ces échelles de risque sont intéressantes, mais elles ne portent que sur les performances du passé. Les fonds qui, avant la crise, étaient investis exclusivement dans des obligations bancaires subordonnées, appartenaient à la catégorie 1. Au moment de l’éclatement de la crise bancaire, certains d’entre eux ont été gelés.

Aujourd’hui, si nous classons ces fonds sur la base de leur niveau de risque, en commençant par les moins risqués, nous trouvons, après les fonds de marchés monétaires, un fonds qui n’investit que dans des obligations à long terme, un fonds qui n’investit que dans des obligations spéculatives, et un fonds qui investit essentiellement dans des obligations en devise chinoise. Rendez-vous est donc pris dans cinq ans pour vérifier si leur (faible) niveau de risque a tenu ses promesses.

En tant que critère de sélection, le niveau de risque n’est donc pas la panacée. Il peut tout au plus servir de guide. Il est plus important de suivre le conseil bien connu: "ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier". Un fonds qui investit dans un secteur ou une région est plus risqué qu’un fonds qui investit mondialement et dans tous les secteurs. Les investisseurs qui ont misé dans les années 90 sur des fonds "technologiques" et ceux qui ont acheté des fonds bancaires avant 2008 peuvent en témoigner.

Un fonds qui investit uniquement en actions est aussi plus risqué qu’un fonds qui répartit ses investissements dans toutes les classes d’actifs. De même, un fonds qui investit dans d’autres fonds ("fonds de fonds") est en principe moins risqué qu’un fonds qui investit directement dans des actions ou des obligations. En effet, ces fonds de fonds investissent indirectement dans plusieurs milliers de lignes. Ils sont généralement plus chers étant donné qu’il faut rétribuer deux niveaux de gestionnaires. Mais cela ne les empêche pas d’afficher des rendements nets élevés et réguliers. Dans la catégorie "fonds mixtes – risque neutre", les fonds de fonds KBC Master Medium, Nagelmackers Multifund Balanced et ING Patrimonial Balanced obtiennent une place honorable dans le classement des Awards de L’Echo et du Tijd. Le dernier se trouve à la deuxième place après MercLin II SICAV Patrimonium.

Pour de nombreux investisseurs, le profil de risque peut se définir comme "limiter les pertes au maximum en cas de krach tout en profitant des hausses boursières". C’est ce qui explique le succès des fonds appelés "mixtes flexibles", où la part relative des actions peut varier entre 0 et 100%. Ces cinq dernières années, les fonds Vector Flexible (Vector AM), R Valor (Rothschild Gestion & Cie) et C + F Global Opportunities (Capfi Delen AM) affichent les meilleurs résultats (dans l’ordre cité) sur la base de notre méthodologie. Mais réussiront-ils à renouveler le défi au cours cinq prochaines années? Même dans cette catégorie de fonds, les experts conseillent de répartir les avoirs sur plusieurs gestionnaires. Une solution alternative consiste à acheter un fonds de fonds qui investit dans des fonds flexibles, comme Private Invest Best Managers de Deutsche Bank.

2. Ai-je envie d’une plus-value ou d’un revenu régulier?

La réponse à cette question est très personnelle. Le choix entre les deux formules dépendra de votre âge et/ou de votre situation professionnelle. Ces dernières années, la demande de fonds à distribution a augmenté, étant donné que les comptes d’épargne, bons de caisse et obligations ne rapportent quasiment plus rien. Les gestionnaires de fonds misent sur cette tendance en se donnant comme objectif explicite de distribuer des coupons généreux et réguliers.

Le fonds mixte le mieux diversifié en Belgique – Carmignac Patrimoine – a un petit frère, le fonds Carmignac Portfolio Patrimoine Income, qui distribue un coupon mensuel. Le rendement brut est aujourd’hui de 5%. Autre exemple belge: le DPAM L Global Target Income, qui distribue un coupon trimestriel. Le fonds s’est donné comme ambition de distribuer un dividende brut de 3%.

Dans un pays comme la Belgique, le choix entre capitalisation et distribution ne peut se faire sans tenir compte des aspects fiscaux. Il faut savoir que tous les coupons des fonds de distribution sont soumis à un précompte mobilier de 30%. Les fonds qui sont investis à hauteur de 25% minimum en obligations tombent également sous le coup de la taxe sur les plus-values ("taxe Reynders"). Celle-ci incite d’ailleurs certains investisseurs à opter pour la formule de distribution en cas de fonds mixtes ou obligataires, car cela leur permet d’éviter d’être fiscalement pénalisés lors de la revente de leur fonds.

En novembre 2014, la banque privée Van Lanschot a lancé cinq fonds mixtes – avec cinq profils de risque différents – qui versent chaque année tous les revenus tombant sous le coup de la taxe Reynders. De ce fait, lors de la vente du fonds, l’investisseur ne doit pas payer la taxe sur les plus-values. Un tel traitement n’est envisageable qu’avec l’accord du fisc, moyennant un "ruling".

Si vous êtes amateur de fonds d’actions, les fonds de capitalisation sont les plus intéressants d’un point de vue fiscal. En effet, aucune taxe sur les plus-values n’est due. Tenez cependant compte de la taxe boursière de 1,32% (plafonnée à 4.000 euros par transaction) qui s’applique aux fonds de capitalisation. Les fonds de distribution sont exonérés de taxe boursière.

3. Combien de temps ai-je à consacrer à mes investissements?

Vous avez le choix entre acheter différents fonds focalisés sur une région, un thème ou une classe d’actifs, comme l’immobilier, ou vous limiter à quelques fonds très diversifiés correspondant à votre profil de risque. Dans le premier cas, vous devrez consacrer beaucoup plus de temps à la gestion de votre portefeuille, non seulement pour choisir vos fonds, mais aussi pour en assurer le suivi. Par exemple, de nombreux gestionnaires stars ont récemment quitté Delta Lloyd (actuellement en processus de fusion avec NN IP). D’après l’agence de notation Morningstar, la rotation du personnel a un impact négatif sur la qualité de la gestion.

Ces dernières années, le marché belge a vu naître de plus en plus de fonds "profilés". Il s’agit de produits destinés spécifiquement aux investisseurs qui ne sont pas intéressés par la gestion de leurs avoirs. Selon leur profil, ces fonds s’appellent "defensive", "conservative", "balanced", "growth", "aggressive", "very aggressive", etc. L’an dernier, ABN Amro Private Banking a lancé trois fonds (Comfort Invest) où les clients peuvent opter pour la variante qui correspond à leur profil de risque. Ces fonds de fonds comprennent 40% de fonds gérés activement et 60% de fonds indiciels ou trackers.

4. Que coûtent mes fonds?

Moins les frais sont élevés, meilleur est le rendement. Certains frais facturés sont reversés au distributeur du fonds et d’autres au gestionnaire. Les frais d’entrée sont un poste où il est possible de réaliser de belles économies. D’après le prospectus, ces frais peuvent parfois se monter à 5% du montant investi. Si vous comptez conserver ce fonds pendant dix ans, cela signifie que votre rendement annuel sera amputé chaque année de 0,50%.

N’hésitez pas à négocier les frais d’entrée avec votre banquier ou votre courtier. Les courtiers en ligne et Deutsche Bank ne facturent pas de droits d’entrée. BinckBank, qui vient d’élargir sensiblement sa gamme de fonds, ne facture aucun frais d’entrée à partir de 500 euros d’investissement. La célèbre maison française Carmignac oblige ses partenaires commerciaux à facturer des frais de 1%. Mais dans le cadre d’un plan d’épargne, Carmignac fait exception. Autre exemple où il est possible de réduire ces droits d’entrée: la banque Crelan propose des fonds d’actions du groupe international Amundi, qui facture généralement 2,5% de frais d’entrée. Il faut savoir que ces mêmes fonds sont disponibles gratuitement via les courtiers en ligne ou chez Deutsche Bank…

Si vous ne payez pas de frais d’entrée, c’est parce que le gestionnaire rétrocède une partie (environ la moitié) des frais de gestion au distributeur. Tenez ces frais à l’œil, car un prix élevé ne constitue pas une garantie de qualité.

En particulier, les fonds qui se calquent sur un indice boursier ne méritent pas les frais qu’ils facturent (généralement entre 0,75 et 2%). En comparant la composition du fonds à celui de son indice de référence, vous pouvez évaluer si le gestionnaire copie ou non l’indice. Si c’est le cas, vous feriez mieux d’acheter un tracker, dont les frais annuels se limitent généralement à quelques dizaines de points de base.

Enfin, vous devez également tenir compte des frais de garde. En d’autres termes, les frais que certaines banques facturent (par ligne) pour la gestion de votre compte-titres. Si les frais représentent un pourcentage de la valeur de l’investissement et qu’ils ne sont pas plafonnés, la facture peut être salée. Dans la plupart des grandes banques, la conservation des fonds maison est gratuite (pas de frais de garde). Les plates-formes en ligne ne facturent pas de droits de garde. Idem chez Deutsche Bank.

5. Puis-je acheter les lauréats des Awards les yeux fermés?

Eh bien, non. Même constat que pour les indicateurs de risque: nos Awards sont basés sur les performances du passé, ce qui doit inciter à la prudence. De plus, il est important de commencer par répondre aux quatre premières questions de cet article. Si vous avez fait cet exercice, la page qui présente les lauréats mérite certainement le détour, car les gagnants ont en commun un certain nombre de caractéristiques très positives.

Les lauréats des Fund Awards: de gauche à droite, Rob Deneke et Lodewijk van der Kroft (Comgest, meilleur gestionnaire de fonds d’actions), Sven Verstraete (Robeco, meilleur gestionnaire toutes catégories) et Peter De Coensel (Degroof Petercam AM, meilleur gestionnaire de fonds obligataires). ©Dries Luyten

Par exemple, vous ne trouverez pas de fonds indiciels masqués parmi les lauréats des Awards. Chez Vector Navigator, le lauréat parmi les fonds d’actions internationales, entre 85 et 90% du portefeuille n’ont rien en commun avec l’indice de référence du fonds, MSCI World. Les trois fonds d’actions belges de KBC Asset Management, qui occupent les trois (premières) marches du podium dans la catégorie actions belges, mettent fortement l’accent sur les petites et moyennes capitalisations, qui ne sont pas reprises dans le Bel 20.

Régularité des résultats. Le principal risque lié à l’achat d’un fonds primé, c’est qu’il est possible que ce fonds n’ait réalisé des résultats exceptionnels que pendant une période limitée. C’est pourquoi nous attribuons 40% de notre score à la régularité des performances. Les lauréats doivent afficher des résultats supérieurs à la moyenne pendant les cinq années qui précèdent. Et même si ce critère n’apporte aucune garantie pour le futur, nous pensons que la probabilité est plus élevée que ces fonds ne déçoivent pas au cours des années à venir, la régularité étant souvent le résultat de l’application d’une méthodologie saine et durable.

Gestion des risques. Par définition, les lauréats sont des champions en matière de gestion des risques. Les rendements obtenus au cours des cinq dernières années ne représentent que 20% de la note d’évaluation, tandis que le rendement pondéré en fonction du risque (ratio de Sharpe) et les résultats obtenus dans un marché en recul représentent ensemble 40% du score final.

Frais modérés. Les lauréats n’exagèrent généralement pas en matière de frais de gestion. La plupart d’entre eux facturent des frais inférieurs à la moyenne de leur catégorie. Lors de la sélection d’un fonds, il est recommandé d’éviter les fonds trop chers, car ceux-ci commencent chaque année avec un sérieux handicap de rendement par rapport à leurs concurrents moins chers.

Fund Awards 2017

Les quotidiens économiques L’Echo et De Tijd ont décerné leurs Awards aux meilleurs fonds du marché belge et ce, pour la 21e année consécutive. Nous avons décerné 18 Awards, dont 14 à des fonds et 4 à des gestionnaires. Retrouvez ici notre dossier en ligne.

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