L'auteur de l'attaque contre le Musée juif de Bruxelles court toujours

Ine Van Wymersch, porte-parole du parquet ©BELGA

La police a lancé un appel à la population pour retrouver l'homme qui a tué samedi de sang froid quatre personnes dans le Musée juif de Bruxelles. Les premières images et vidéos du suspect de la fusillade de samedi au Sablon ont été divulgées par les autorités belges.

Les autorités belges ont lancé un appel à la population pour retrouver l'homme qui a tué samedi de sang froid quatre personnes dans le Musée juif de Bruxelles, une attaque qui fait resurgir le spectre de l'antisémitisme en Europe.

La police fédérale a diffusé sur son site web des images et des photos d'une personne suspectée d'être l'auteur de la fusillade. Sur trois extraits de vidéos de caméras de surveillance, on voit l'inconnu s'approcher du Musée, y entrer et tirer à plusieurs reprises avec une kalachnikov sortie d'un sac noir. Le tout en moins de deux minutes.

Le communiqué de la police fédérale

 "L'auteur est de corpulence moyenne, athlétique et se déplace souplement. Il portait une casquette de couleur sombre avec un logo clair sur la face avant du côté gauche. Il portait un vêtement de couleur bleue claire avec un logo clair à hauteur de la poitrine du côté gauche, un pantalon de couleur sombre et des chaussures également de couleur sombre avec des semelles claires. Il portait en bandoulière un sac de couleur sombre avec logo blanc de petite taille et un autre de type sac de sport également sombre avec logo clair.
Il a fait usage d'une arme d'épaule avec crosse pliable de type KALASHNIKOV.
Il a pris la fuite à pied en direction de la rue des chandeliers en direction de la rue Haute à BRUXELLES dans le quartier des Marolles où il a été perdu de vue".

Le parquet de Bruxelles lance par ailleurs un appel à la population pour obtenir des informations sur ce suspect. Selon le parquet, l'auteur a agi "probablement seul" et était visiblement "bien préparé". La police fédérale demande à toute personne susceptible d'identifier l'auteur de cette agression mortelle ou disposant d'informations, de prendre contact avec le numéro 0800/30300.

"La priorité des priorités est de retrouver cet homme. On doit l'arrêter et l'empêcher de sévir", a déclaré la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. "Il faut rassurer les personnes de la communauté juive", a-t-elle ajouté, après avoir renforcé au niveau 4, le plus élevé, la sécurité des synagogues, des écoles et des centres culturels juifs. Inédite dans l'histoire récente de la Belgique, cette fusillade a suscité une condamnation unanime dans le pays, où elle a "assombri" la journée électorale selon le Premier ministre Elio Di Rupo. Elle "est dans la tête de tous les citoyens", qui ont voté pour un triple scrutin législatif, régional et européen.

A savoir

La quatrième victime de la fusillade était toujours dans un état critique dimanche en fin de soirée, a précisé la porte-parole du parquet de Bruxelles Ine Van Wymersch à l'agence de presse Belga. "Le jeune est toujours dans un état très critique, mais sa situation est stable ce soir", a-t-elle précisé, dimanche peu avant 23h00.

Trois personnes, deux touristes israéliens et une bénévole du Musée, ont perdu la vie à la suite d'une fusillade qui a eu lieu, samedi après-midi, au Musée juif de Belgique, à Bruxelles samedi après-midi. Une quatrième personne, préposée à l'accueil du Musée, touchée par balle, a été emmenée vers l'hôpital Saint-Pierre dans un état critique.

 L'attaque survenue samedi peu avant 16H00 (14H00 GMT) a fait dimanche un quatrième mort, le jeune réceptionniste du musée qui avait été hospitalisé dans un état très grave. Le décès de cet homme de 24 ans s'ajoute à ceux d'un couple de touristes israéliens originaire de Tel Aviv et d'une Française de 67 ans, employée comme bénévole au musée.

Une nouvelle affaire Merah ?

La justice belge a prôné la prudence, précisant ne pas être en mesure de confirmer qu'il s'agissait d'un "acte terroriste ou antisémite", selon la porte-parole du parquet fédéral.

Le Congrès juif européen a rappelé que la fusillade s'était produite deux ans après l'affaire "Mohamed Merah", du nom de ce Franco-Algérien qui avait tué quatre Juifs, dont trois enfants, et trois militaires dans le sud-ouest de la France en 2012.

La communauté juive de Belgique, forte d'environ 40.000 personnes, vivait ces dernières années dans un climat relativement serein, aucun attentat à caractère antisémite n'ayant été recensé dans le royaume depuis les années 1980. Le musée, qui se veut un lieu ouvert à tous, ne bénéficiait pas d'une protection particulière. Les responsables de la communauté juive n'avaient fait état d'aucune menace.

Les videos des caméras de surveillance

 

 

 

 

 

Citoyens et politiques tous concernés

Des citoyens ont spontanément déposé des gerbes de fleurs, tout au long de la journée de dimanche devant les portes du musée juif de Belgique, situé au 21 de la rue des Minimes.Le Rabin Pevzner de la communauté juive du quartier européen Schuman a lui-même déposé des fleurs devant le musée en matinée. "Nous avons tenu à exprimer nos condoléances aux familles des victimes", a-t-il dit. "On ressent cette montée de l'antisémitisme qui, malheureusement, fait qu'on n'est presque pas choqué de ce qui est arrivé", a-t-il ajouté. 

 

Témoin remis en liberté

Un suspect avait été interpellé environ deux heures après les faits.  "Il s'agit d'une personne qui a quitté les lieux avec son véhicule et qui reconnait avoir été sur les lieux des faits" avait expliqué le parquet au cours d'une conférence de presse, samedi soir. Qui précisait néanmoins: "cela ne veut pas dire que lien entre les faits et son implication soit établi."

En cours de soirée, la porte-parole du parquet de Bruxelles Ine Van Wymersch a indiqué que la personne arrêtée samedi à Bruxelles n'est plus entendue comme suspect mais comme témoin. Son audition a démontré qu'il ne s'agissait que d'un témoin. Le parquet a confirmé dimanche que ce dernier avait été remis en liberté.

 

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés