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Obama expose un plan de réforme de la finance

©Reuters

Le département du Trésor travaillera de concert avec le Congrès pour mettre en place une autorité de régulation du risque systémique dotée de pouvoirs suffisants pour surveiller étroitement les firmes financières parabancaires (hedge funds ou encore fonds d'investissement), ont expliqué des sources qui s'exprimaient sous couvert de l'anonymat.

WASHINGTON, 26 mars (Reuters) - Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner dévoile ce jeudi devant le Congrès une réforme des règles encadrant le fonctionnement des grandes compagnies financières et des fonds spéculatifs (hedge funds).

Le département du Trésor travaillera de concert avec le Congrès pour mettre en place une autorité de régulation du risque systémique dotée de pouvoirs suffisants pour surveiller étroitement les firmes financières parabancaires (hedge funds ou encore fonds d'investissement), ont expliqué des sources qui s'exprimaient sous couvert de l'anonymat.

Les propositions que détaillera Geithner devant le Congrès formeront le socle de la position américaine au sommet du G20 la semaine prochaine à Londres pour ce qui est d'une réforme des règles encadrant la haute finance.

Le projet ne précise pas quelle agence endossera le rôle de régulateur du risque, mais cette décision devrait être prise de concert avec les parlementaires, ont déclaré les sources.

Ce plan s'inscrit dans la volonté de l'administration Obama d'en finir avec les excès de Wall Street qui ont conduit au quasi-effondrement du système financier américain.

"Cette crise a clairement démontré que certaines grandes sociétés et certains marchés avaient besoin d'être soumis à un régime de régulation étroit", a dit l'une des sources.

Mardi, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner et le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke ont dit au Congrès qu'ils souhaitaient que les autorités prennent le contrôle des de sociétés telles qu'American International Group pour leur éviter la faillite.

Les propositions détaillées jeudi mettront notamment l'accent sur les conseillers des fonds spéculatifs, des fonds de capital-investissement et de capital-risque qui devront être enregistrés auprès de la Security and Exchange Commission (SEC, autorité des marchés boursiers) dès que leurs actifs gérés dépasseront un seuil qui reste à déterminer.

Ces conseillers devraient être contraints de donner les informations nécessaires à l'évaluation de l'endettement des fonds et des risques qu'ils posent en termes de stabilité financière.

L'administration américaine entend aussi réguler les marchés de produits dérivés, notamment les "credit default swaps", produits dérivés contre les risques de défaut de remboursement de crédits.

Cette "approche régulatrice" constitue une rupture nette avec la politique de l'administration Bush. Elle découle de la crise du crédit qui s'est développée il y a 18 mois et des exemples récents de fraude financière qui ont mis en lumière l'insuffisance des structures de régulation.

Les groupes qui sont susceptibles d'engendrer des risques systémiques devraient être identifiés en accord avec le Congrès selon des critères de taille, d'exposition aux effets de levier, d'interdépendance avec d'autres groupes et sur leur rôle de fournisseur de crédit aux ménages, aux entreprises et aux institutions publiques.

Les exigences en matières de capitaux seront plus strictes que pour les autres sociétés et ces groupes devront montrer qu'ils sont capables de surmonter un certain nombre de scénarios "profondément défavorables".

Le régulateur du risque systémique obtiendrait des attributions lui permettant de réagir si les niveaux de capitaux s'affaissent, similaire à celles que détient la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp), une des autorités américaines de régulation bancaire.

En dépit des appels en faveur d'un durcissement de la surveillance des institutions financières, l'administration Obama semble disposée à une certaine flexibilité sur les règles comptables.

Les sources ont dit à Reuters que les règles de comptabilité en termes de fair value seraient réexaminées afin d'identifier les modifications qui permettraient d'éviter les mouvements de balancier sur les bénéfices et les niveaux de capitalisation qui sont imputables aux variations du marché.

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