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Washington dévoile deux projets capitaux avant le G20

©Reuters

M. Geithner a présenté lundi la façon dont le Trésor compte organiser le rachat des actifs douteux qui plombent le bilan des banques. Jeudi, il a ouvert le chantier de la réforme de la régulation financière aux Etats-Unis en dévoilant les grandes lignes d'un plan prévoyant de durcir les normes existantes.

(afp) - Le secrétaire au Trésor des Etats-Unis Timothy Geithner a dévoilé coup sur coup cette semaine deux projets capitaux pour l'avenir du système financier américain, tenant son engagement de préciser les intentions de Washington avant le sommet du G20 du 2 avril à Londres.

M. Geithner a présenté lundi la façon dont le Trésor compte organiser le rachat des actifs douteux qui plombent le bilan des banques depuis l'explosion de la dernière crise immobilière.

Jeudi, il a ouvert le chantier de la réforme de la régulation financière aux Etats-Unis en dévoilant les grandes lignes d'un plan prévoyant de durcir les normes existantes et d'assujettir au contrôle des autorités un grand nombre d'entreprises ou de marchés qui y échappaient jusqu'ici.

Ces deux projets étaient attendus avec impatience aux Etats-Unis, tant leurs implications apparaissent déterminantes pour la reprise de l'économie, à court terme pour le premier, à plus long terme pour le second.

Ils suscitent également un intérêt majeur auprès des partenaires des Etats-Unis au sein du G20, forum regroupant les pays riches du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon), l'Union européenne (UE), ainsi que les grands pays émergents: Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie.

Rejetant la responsabilité de la crise actuelle sur les Etats-Unis, d'où elle est partie, plusieurs gouvernements de ces pays ont en effet exhorté les autorités américaines à mettre de l'ordre chez elles.

M. Geithner doit accompagner le président américain Barack Obama au G20 et profitera de cette occasion pour y présenter ses dernières initiatives.

Son plan de sauvetage des banques, qui avait fortement déçu lors de la présentation de ses grandes lignes en février, a reçu un accueil plutôt favorable depuis que les détails en sont connus.

Wall Street a vécu trois séances de hausse en quatre jours, signe que les projets de M. Geithner rassurent plutôt les investisseurs.

Pour l'agence de notation Standard & Poor's, le partenariat public-privé mis en place par M. Geithner pour mobiliser jusqu'à 1.000 milliards de dollars afin de délester les banques de leurs actifs invendables "pourrait provoquer un rétablissement du système bancaire"... même s'il est encore trop tôt pour l'affirmer avec certitude.

Dans les grands principes qu'il pose, le projet de réforme de la régulation financière présenté par M. Geithner jeudi au Congrès devrait satisfaire les Européens, qui plaident depuis un certain temps en faveur d'une supervision accrue du secteur financier.

Leur appel semble avoir été entendu puisque M. Geithner a insisté jeudi sur le fait que les Etats-Unis ne pourraient pas réussir seuls ce chantier et qu'il était nécessaire d'accroître la coopération internationale pour permettre une harmonisation des normes à l'échelle de la planète.

Dans un entretien publié jeudi, le ministre des Affaires étrangères britannique David Milliband s'est d'ores et déjà réjoui en affirmant que le sommet que son pays s'apprête à accueillir marquera "la fin [...] de l'unilatéralisme" américain.

"Je suis sûr d'une chose: Obama ne viendra pas à Londres pour imposer les idées et les programmes d'une superpuissance", a-t-il dit au quotidien italien Il Corriere della Sera.

A défaut d'imposer ses vues, Washington les fera très certainement entendre: M. Geithner a annoncé que M. Obama présenterait à Londres une initiative contre le blanchiment et les paradis fiscaux... un des chevaux de bataille de la France et de l'Allemagne.

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