edito

Déplorable divorce au sommet

Climat tendu entre Jacqueline Galant et la DGTA.

La ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), qui espérait une trêve des confiseurs avant l’heure durant la semaine des congés d’automne doit sérieusement déchanter. Pas un jour ne passe sans qu’un nouvel élément ne vienne alimenter le "Galantgate" suite à l’attribution litigieuse d’un gros contrat au cabinet d’avocats Clifford Chance. De chance, il n’en est guère pour l’instant, vu que les révélations se succèdent. Au-delà de cette affaire, on découvre aujourd’hui que la ministre fédérale n’a même plus la confiance de son administration. Un divorce déplorable. Et d’autant plus regrettable qu’une administration regorge d’expertise et peut valablement aider son ministre de tutelle dans son action. Elle est dépositaire de la mémoire des dossiers. Elle peut très vite déceler les failles dans les solutions proposées par le ministre et jouer un rôle d’assistance bénéfique dans les matières que son ministre chapeaute.

"La ministre Galant a fait un procès d’intention de partialité et de manque d’objectivité à son administration."

Force est de constater que Jacqueline Galant a fait un procès d’intention de partialité à plusieurs agents de la Direction de l’aéronautique en les écartant des discussions techniques sur le survol de Bruxelles. Elle estime qu’en étant survolés par les avions de Brussels Airport ou en ayant travaillé avec ses prédécesseurs (cdH), ils n’auraient pas le recul nécessaire pour poser un regard objectif. Elle applique (mal?) la politique américaine où chaque président fait le ménage et installe une administration de sa couleur politique. Or, la pratique n’est (officiellement) pas en vigueur chez nous.

Jacqueline Galant a instauré un climat de méfiance entre elle et son administration. Comment peut-elle en espérer une assistance bénéfique? Surtout quand elle la présente comme étant à l’origine de ses erreurs. Il est temps que les parties retrouvent le chemin de la concorde pour une conduite efficace des affaires de l’Etat au profit des citoyens, en particulier des victimes du survol. À défaut, la ministre aura du mal à réaliser son programme. Elle devra recourir davantage à la consultance externe avec le risque qu’on connaît en matière de marchés publics…

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