edito

Il faut s'occuper du survol

Suite (et fin?) du Galantgate.

La confrontation indirecte mardi au Parlement entre la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant (MR) et le patron de l’administration Laurent Ledoux n’a pas éclairci davantage les zones d’ombre du dossier d’attribution d’un contrat de consultance au bureau d’avocats Clifford. Elle a toutefois confirmé aux députés trois choses.

1. Le cabinet Galant était à la manœuvre.

2. Il n’y pas de contrat écrit signé entre l’Etat et le cabinet d’avocats.

3. La ministre a bien violé la loi sur les marchés publics.

Son entêtement à justifier sa faute par des démonstrations juridiques alambiquées ne convainc personne, sauf peut-être sur les bancs de la majorité où les partenaires flamands lui ont apporté leur soutien. Il ne sera pas gratuit. Elle le sait, le Premier ministre Charles Michel, aussi. Une démission n’est pas à l’ordre du jour même si la ministre sort affaiblie par son dérapage et la polémique qui a suivi.

Il est donc temps de refermer ce chapitre qui ne donne pas une image glorieuse de la politique. Reconnaître humblement ses erreurs grandit celui qui fait son mea culpa. Ce n’est pas le cas ici. Soit. Il faut s’occuper du fond du dossier du survol de Bruxelles et d’un meilleur encadrement de l’exploitation de l’aéroport pour rassurer les victimes du bruit des avions, les actionnaires privés de la société gestionnaire de l’aéroport national (BAC) et les travailleurs.

Il faut trouver une solution équilibrée qui passe par le non-survol des zones densément peuplées et la création d’une vraie autorité indépendante de contrôle. Une telle instance (ACNAW) fonctionne tant bien que mal en Wallonie depuis 2001 avec des experts aux compétences liées au bruit des avions (juriste, acousticiens, médecin, etc.). Un rôle fort doit être donné à l’administration.

La ministre Galant et l’administration doivent apprendre à travailler de concert et à s’épauler mutuellement. Espérons que Charles Michel sifflera cet après-midi la fin de l’épisode avec des mots justes en reconnaissant une erreur de sa ministre. Mieux vaut tard que jamais.

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