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Le cdH exclut la députée Mahinur Özdemir

Mahinur Özdemir (à droite) lors de sa prestation de serment au parlement bruxellois ©BELGA

Le Comité de déontologie, d’éthique et d’arbitrage du cdH a demandé à la parlementaire bruxelloise de remettre ses mandats de députée régionale et de conseillère communale. Cette décision intervient alors que Mahinur Özdemir a refusé de reconnaître le génocide arménien.

Mahinur Özdemir a refusé de reconnaître le génocide arménien. Par conséquent, les instances du cdH ont annoncé qu'elle ne faisait plus partie de la famille politique. Le cdH l’invite donc à remettre ses mandats de députée régionale et de conseillère communale.

La députée bruxelloise s'est dite sereine, quelques heures après son exclusion, qu'elle juge injustifiée à l'égard de sa position qui a toujours consisté à "reconnaître toutes les tragédies humaines et à respecter la mémoire de toutes les personnes qui ont perdues la vie".

Elle s'est dressé contre ce "débat sur la terminologie" en rappelant les propos de Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères: "il ne nous parait pas opportun que d'autres instances se substituent au pouvoir judiciaire sur le terme génocide". "A quoi rime donc cet acharnement sélectif?", se demande la députée.

Mettre de l'ordre

Il y a quelques jours, le président du cdH, Benoît Lutgen, avait prévenu que "s'il y a un négationniste au sein du cdH, il est dehors dans la seconde !" Le parti centriste n'a donc pas traîné à mettre de l'ordre dans ses rangs.

Ces dernières semaines, suite aux commémorations du centenaire du génocide arménien, la question de la reconnaissance de ce génocide a fait couler beaucoup d'encre au sein de la classe politique, et plus particulièrement dans le chef d'élus belges originaires de Turquie. Ainsi, certains édiles ont par exemple boycotté la minute de silence organisée à la Chambre. Parmi eux, Emir Kir (PS), Zuhal Demir (N-VA), Meyrem Almaci (Groen), Fatma Pehlivan (SP.A) ou encore Veli Yüksel (CD&V).

Le Comité de déontologie, d’éthique et d’arbitrage du cdH a donc voulu prendre la température auprès de ses politiciens. Il a reçu ce vendredi Mahinur Özdemir, députée régionale bruxelloise, suite à la diffusion, le 28 mai, d’un reportage dans le journal télévisé de la chaîne RTL TVI. ( voir ci-dessous)

Le Comité, présidé par Dominique Drion, a entendu la parlementaire cdH et lui a demandé de réaffirmer qu’elle reconnaît sans équivoque le génocide arménien, conformément à ce qui est stipulé dans le code de déontologie des candidats et Parlementaires du parti. 

 

©Thierry du Bois

Le chef du groupe MR au parlement bruxellois, Vincent De Wolf, a jugé vendredi que la décision du cdH d'exclure la députée bruxelloise honorait cette formation politique. "La négation de ce génocide est une insulte à la mémoire des victimes et une atteinte évidente aux valeurs humanistes que nous portons. Nulle formation politique ne peut tolérer en son sein la négation ou le silence honteux à l'égard de ces crimes", a commenté Vincent De Wolf dans un communiqué. 

La cheffe de file molenbeekoise d'Ecolo, Sarah Turine, a estimé que l'exclusion de Mahinur Ozdemir des rangs du cdH dans un pays qui n'a pas reconnu officiellement le génocide arménien cristallisera encore davantage le débat sur cette question. "Même si je suis fort demandeuse de la reconnaissance du génocide arménien par l'Etat belge et... par la Turquie, je trouve scandaleux la façon dont on a mis la pression sur les élus belges d'origine turque alors que notre pays n'est même pas foutu de le reconnaître ce génocide", a-t-elle posté sur son compte Facebook.

Il n'y avait malheureusement pas d'autre solution pour le cdH que d'exclure la députée bruxelloise Mahinur Ozdemir, a commenté vendredi le chef du groupe cdH au parlement bruxellois, Benoît Cerexhe, précisant que le travail de la députée n'était nullement en cause.

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