Willy Borsus s'attaque aux pesticides

©BELGA

Le Fédéral veut interdire la vente de glyphosate et d'autres herbicides. Le mesure portée par le ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus (MR), vise les particuliers.

Willy Borsus (MR)  proposera prochainement un arrêté visant à l'interdiction de mise sur le marché et donc d'usage des herbicides destinés aux particuliers, indique-t-il jeudi dans un communiqué.

Le glyphosate - la substance active présente dans le Roundup de Monsanto, l'herbicide le plus vendu au monde - fait l'objet d'une longue querelle au niveau européen quant au renouvellement de ses licences commerciales, alors que les études scientifiques sur sa nocivité ont conduit à des résultats divergents.

Cette décision s'inscrit dans le cadre de la volonté du ministre de "réduire l'utilisation des pesticides, d'encourager l'emploi d'alternatives 'bio' et d'appliquer le principe de précaution".

"Vu la balance bénéfice-risque, rien ne justifie encore l'usage d'herbicide pour les particuliers. Dorénavant d'autres pratiques (brûleur thermique, utilisation de bio-pesticides, travail mécanique, ...) permettront aux particuliers de maîtriser l'apparition et la gestion des 'mauvaises herbes'".
Willy Borsus
Ministre de l'Agriculture

Et pour les professionnels?     

Pour les utilisateurs professionnels, rien ne change pour l'instant. D'autres mesures seront prises à l'avenir - dans le cadre du plan d'action national de réduction des pesticides - concernant l'usage des professionnels, en concertation avec les Régions, les différents secteurs et les experts, ajoute-t-il.

Ecolo s'est réjoui des déclarations du ministre Borsus, "qui indique enfin la direction de l'interdiction du Round Up et des pesticides contenant du glyphosate".

"Une première étape importante"

Greenpeace est également très satisfaite. "C'est une fantastique nouvelle. Nous sommes très heureux de cette belle victoire pour la santé et l'environnement", indique Muriel De Pauw, la responsable agriculture au sein de l'ONG. "Greenpeace, ainsi que d'autres organisations et des citoyens, demandaient depuis longtemps une interdiction de vente du glyphosate. Après deux ans, le gouvernement fédéral a finalement pris ses responsabilités. C'est dommage que le secteur de la vente n'ait rien fait pour retirer lui-même ces produits des étalages", ajoute-t-elle.    

Comeos, la fédération du commerce et des services, estime pour sa part que l'annonce du ministre met fin à "une situation kafkaïenne", en apportant de la clarté. "Nous respectons toujours la loi et ne vendons que ce qui peut l'être légalement. Nous constatons qu'il y a enfin plus de clarté, car avec l'enchevêtrement de mesures régionales, nos commerçants ne s'y retrouvaient plus", commente le CEO de Comeos, Dominique Michel. 

L'interdiction ne concerne pour l'instant que les particuliers, tandis que rien ne change pour les utilisateurs professionnels. "C'est une première étape importante", souligne tout de même Mme De Pauw, qui estime qu'il faudra à terme aussi interdire le glyphosate dans le secteur agricole.

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