Les Français paient plus cher que nous. Surtout à Paris

©Hilz, Peter/Hollandse Hoogte

Il faut avoir les moyens pour être propriétaire dans la capitale française. Ou se contenter de peu.

On se plaint parfois et même souvent dans notre pays du fait que le logement à Bruxelles et environs est dispendieux par rapport à la province. C’est vrai, l’écart de prix est de 25 à 30% en moyenne. Une situation qu’il convient toutefois de relativiser quand on voit ce qui se passe ailleurs.

En France, il y a comme chez nous un net écart de prix entre Paris et la province. Mais, car il y a un mais, deux même, l’écart moyen entre Paris et la province est de 50% et le logement moyen coûte en France 30% de plus que chez nous. Pour un revenu par habitant comparable.

Deux couronnes

A Paris et environs, le jeune ménage français n’a guère le choix. Soit il consacre les 250.000 EUR qu’il a (espérons-le) et/ou qu’il peut emprunter (s’il offre les garanties de revenus ad hoc) à l’achat d’un… 30m² à Paris même, soit il s’expatrie. Il s’expatrie vers la première couronne de la capitale, celle qui est facilement accessible par les transports en commun et où il peut espérer trouver un appartement à 3.000 EUR/m²; ou vers la deuxième couronne où pour ce budget il va trouver un appartement plus grand ou un "pavillon", l’équivalent de ce que nous appelons la petite villa avec jardin.

La deuxième couronne toutefois, c’est la condamnation à des navettes quotidiennes qui peuvent au total coûter deux heures en voiture, en transport en commun ou les deux. Pas très engageant, tout ça.

Et pourtant, comme disait Galilée, "elle tourne". Elle tourne, la machine française aux transactions. "Nous avons beaucoup souffert de la crise, dit Gilles Ricour de Bourgies, président de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) Paris Ile-de-France, mais depuis quelques mois c’est reparti". Un constat confirmé par le réseau d’agences immobilières Century 21: le volume des transactions a progressé en France de plus de 10% par rapport à l’année dernière et au cours du premier semestre les prix moyens ont gagné plus de 8%. Ils ont même gagné plus de 15% à Paris où plus d’un professionnel s’interroge: jusqu’où ira-t-on?

Manque de logements

A la FNAIM Paris Ile-de-France, on a une explication: "Paris est exceptionnel à bien des égards. Si les prix sont si élevés, c’est tout simplement parce qu’il y a davantage de demande que d’offre. On manque de logements à Paris, un point c’est tout". D’accord, mais qui est prêt à payer 8.000 EUR du m², un tarif qui, à titre de comparaison, mettrait l’appartement moyen à Bruxelles à 800.000 EUR hors frais? "Il y a des acheteurs étrangers, c’est une première chose. Il y a aussi des gens qui cherchent un pied-à-terre à Paris.

Et enfin il y a des gens qui ont les moyens de payer ces prix". Soit qu’ils disposent des capitaux nécessaires, soit qu’ils gagnent très bien leur vie. Cela existe, notamment chez les ménages à deux revenus.

Des ménages qui n’ont pas souffert de la crise? "Non, pas vraiment. Si les prix ont baissé en 2009, si le volume des transactions a baissé lui aussi, c’est plutôt parce que ces acheteurs se sont mis dans une position d’attente", dit encore notre interlocuteur, qui considère que "c’est précisément parce que ces acheteurs-là ont renoncé à l’attentisme que les prix sont repartis à la hausse". D’autant que les taux d’intérêt sont fort peu élevés (voir ci-contre).

Droits de mutation

Le candidat acheteur français a au moins un avantage par rapport à son homologue belge: ses droits de mutation sont deux fois moins élevés environ. Les "frais de notaire", une appellation qui hérisse les notaires, en France comme en Belgique d’ailleurs, ne sont que de 7% environ. A la grosse louche, ils comprennent 5% de droits et de taxes, 1,5% de frais de notaire au sens strict et 0,5% de frais administratifs.

Un avantage considérable, que certains disent tempéré par le fait que l’acheteur français qui passe par un agent immobilier doit généralement couvrir les frais d’agence. C’est vrai, mais le système français est assez transparent vu que les prix affichés le sont le plus souvent "FAI", c’est-à-dire "frais d’agence inclus". Des frais d’agence qu’il ne faut donc pas confondre avec les frais de notaire et qui, jusqu’il y a peu, étaient assez élevés. Jusqu’à 10%. Mais la crise est passée par là et ces frais ont aujourd’hui été ramenés de 3 à 5%. En Belgique, comme on sait, c’est le vendeur qui paie les frais d’agence, mais il fait tout pour en reporter la charge sur l’acheteur. Cela revient au même, la transparence en moins. l

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