23 cadres dépassent le plafond de 245.000 euros dans le groupe Nethys

Paul-Emile Mottard, président du CA de Publifin ©BELGA

Les dirigeants de Publifin ne demandent pas d’exception au plafond des 245.000 euros pour les dirigeants de sa filiale Nethys. La ministre De Bue veut quant à elle que les dirigeants accélèrent la transformation du groupe.

Le deuxième rapport trimestriel portant sur le suivi des recommandations de la commission Publifin transmis à la ministre des Pouvoirs locaux Valérie De Bue (MR) et au président du Parlement wallon André Antoine (cdH) a entraîné une nouvelle polémique dans le dossier de l’intercommunale liégeoise.

Une phrase du document de 31 pages, révélé jeudi par nos confrères de La Libre donne l’impression que Publifin demandait à ce que le management de sa filiale opérationnelle Nethys bénéficie d’une exception à la limitation des salaires de cadres dirigeants d’entreprises wallonnes.

245.000 euros
Le gouvernement wallon veut imposer un salaire de 245.000 euros brut (indexable) aux cadres dirigeants des structures publiques.

Dans le cadre d’un décret en préparation, le gouvernement wallon veut limiter le salaire de ces patrons à 245.000 euros bruts par an avec une exception pour certains outils économiques (Sogepa, SRIW, etc.) et certaines entreprises évoluant dans un environnement concurrentiel (FN Herstal, Sonaca, etc.) "Ne devrait-on pas étendre cette exception à Nethys", lit-on dans l’annexe du deuxième rapport trimestriel.

Selon nos informations, 23 personnes travaillant chez Nethys dépassent le plafond des 245.000 euros. Il y a notamment son administrateur délégué Stéphane Moreau qui toucherait plus de 800.000 euros bruts par an; Jos Donvil, le patron de Voo (filiale Télécom, TV, etc.) qui émarge à près de 750.000 euros ou encore le directeur financier Pol Heyse dont la rémunération s’élèverait à près de 600.000 euros.

Pas d’exception

Des consultations ont déjà révélé, par le passé que ces rémunérations reflètent les standards généralement appliqués dans les secteurs dans lesquels évolue le groupe Nethys. Pour d’autres observateurs, ces rémunérations sont trop élevées. Le patron du Gestionnaire de réseau de distribution (GRD) d’électricité, Ores, Fernand Grifnée touche un peu plus de 470.000 euros bruts par an.

"Nous avons juste attiré l’attention du gouvernement wallon sur le risque de perdre des compétences nécessaires au sein de Nethys. Mais nous n’avons jamais demandé que le groupe bénéficie de l’exception."
Paul-Émile Mottard
Président de Publifin

Mais tous s’accordent à dire que la compétence se paie et qu’imposer la limite de 245.000 euros chez Nethys risque d’handicaper l’avenir du groupe. "Ces questions ont été évoquées lors du conseil d’administration et nous avons juste attiré l’attention du gouvernement wallon sur le risque de perdre des compétences nécessaires au sein de Nethys. Mais nous n’avons jamais demandé que le groupe bénéficie de l’exception", nous a confié Paul-Émile Mottard, président de Publifin.

Sur la phrase qui suscite la polémique, il rejette le procès d’intention fait au secrétaire général du groupe Gil Simon. "La phrase polémique est une traduction des discussions au conseil d’administration. C’est une maladresse de rédaction", concède Paul-Émile Mottard. Il précise que le texte envoyé aux autorités sera amendé.

"Elle va demander des questions complémentaires sur plusieurs points notamment l’avenir du groupe, le management et le calendrier d’implémentation des recommandations de la commission Publifin."
Cabinet De Bue

Selon nos informations, Gil Simon n’est pas l’auteur de la phrase polémique. Le rapport trimestriel, après discussion et les amendements ou corrections, est coordonné par le président Mottard. Les services mettent le rapport définitif sur serveur informatique central accessible aux administrateurs pour validation ou dernières corrections avant son envoi aux autorités wallonnes.

La question est de savoir si les administrateurs ont par la suite fait leur travail ou si le texte a été envoyé avant que ceux-ci n’en prennent connaissance. "La ministre ne perd pas confiance dans le conseil d’administration, mais elle souhaite que les administrateurs reprennent les choses en main. Elle va demander des questions complémentaires sur plusieurs points notamment l’avenir du groupe, le management et le calendrier d’implémentation des recommandations de la commission Publifin", nous a répondu le cabinet De Bue.

La "Libre" et la "Dernière Heure" jettent aujourd'hui un nouveau pavé dans la marre en précisant que le rapport reçu par la ministre n'est pas le même que celui qui a été avalisé par le conseil d'administration. Trois paragraphes ont été ajoutés dans l'annexe. Paul-Emile Mottard admet dans les colonnes de Sudpresse avoir apporté ces modifications. "Il n'y avait pas de volonté délibérée mais plutôt une maladresse évidente", indique-t-il. "Il nous a semblé utile de communiquer au gouvernement nos réflexions sur différentes questions, dont celle des rémunérations. Cela a fait l'objet d'une annexe."

Pour l'administrateur Ecolo Marc Hody, si cette modification devait s'avérer, il ne fait aucun doute que le président du conseil d'administration devra quitter son poste. Le départ de Paul-Emile Mottard est également réclamé par le cdH.

Réunion en urgence du CA de publifin

Devant la polémique, le président de Publifin Paul-Emile Mottard (PS) a rappelé que l’intercommunale ne demande pas que Nethys bénéficie de l’exception. Mais il attire l’attention du gouvernement wallon sur le fait qu’en imposant le plafond chez Nethys, l’entreprise pourrait perdre des compétences pourtant nécessaires à son développement.

Certains cadres réfléchiraient à quitter le navire Nethys depuis la Commission Publifin, dont les travaux ont, à certains égards, entaché l’image de l’entreprise.

Le conseil d’administration de Publifin se réunira en urgence ce vendredi.

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