analyse

Furlan doit-il démissionner?

Affaibli dans le dossier Publifin, Paul Furlan viendra se défendre au Parlement wallon ce mercredi. ©BELGA

Sur la sellette suite au scandale Publifin, le ministre Paul Furlan (PS) vient se défendre au Parlement wallon ce mercredi. L’opposition MR et Ecolo réclament sa démission alors que plusieurs mandataires ont remis leur tablier.

Le scandale des rémunérations chez Publifin (ex-Tecteo) continue à secouer la Wallonie. Lundi soir, c’était au tour de Claude Parmentier, le chef de cabinet adjoint du ministre socialiste Paul Furlan, de démissionner de ses fonctions à la suite de révélations du Vif expliquant que celui-ci a touché depuis fin juin 2013 plus de 153.000 euros brut en tant qu’administrateur de Nethys, l’entité opérationnelle de Publifin.

Après ce nouvel épisode qui a encore vu passer mardi la démission de Dominique Drion, déjà démissionnaire chez Publifin, de son poste de président du comité de déontologie du cdH, les regards se tournent vers Paul Furlan. Dans la tourmente depuis quelques jours, le ministre en charge des Pouvoirs locaux est appelé à venir se défendre à la tribune du Parlement wallon ce mercredi.

→ Vous pourrez suivre l'intervention de Paul Furlan en Live sur notre site.

"Le gouvernement a tout fait pour laisser Publifin se développer."
Stéphane Hazée
Député Ecolo

 

• Paul Furlan doit-il démissionner? La question est sur toutes les lèvres. Dans les rangs de l’opposition, on fourbit ses armes. "Soit Paul Furlan ne savait pas que son chef de cabinet avait ces mandats et ces rémunérations et c’est grave, soit il le savait et c’est grave aussi", estime Stéphane Hazée, le chef de file Ecolo.

Forcément, au sein de la majorité PS-cdH, il n’est pas encore question de lâcher Paul Furlan. "Sa démission n’est pas à l’ordre du jour", dit-on dans l’entourage de l’élysette. "Mais cela pose cependant des questions! En charge de la tutelle sur les pouvoirs locaux, il aurait dû savoir", susurre néanmoins un élu socialiste. La même interrogation se pose du côté du partenaire cdH. "Évidemment que ça heurte", s’exclame Dimitri Fourny, le chef du groupe au Parlement. "Paul Furlan ne pouvait pas l’ignorer. Nous allons l’entendre mais il n’est pas question de réclamer sa démission."

©BELGA

En face, du côté de l’opposition, Paul Furlan est devenu le prochain fusible qui doit sauter. "Paul Furlan n’a pas fait son travail depuis 2009" pour le contrôle des intercommunales, estime Pierre-Yves Jeholet, le chef du groupe libéral. Stéphane Hazée accuse l’exécutif. "Le gouvernement a tout fait pour laisser Publifin se développer", estime le député. "La responsabilité du ministre est clairement exposée car il n’a pas agi pour mettre en œuvre des décrets adoptés par le Parlement."

→ Lisez notre Edito sur le scandale Publifin "Le retour des vieux démons"

Le député vert pointe une série de manquements qui, à ses yeux, ont permis à "la nébuleuse Nethys" de prospérer sans contrôle suffisant. "Outre le fait que les intercommunales actives sur plusieurs Régions bénéficient d’une dérogation (jusqu’au 1er juillet prochain) pour échapper au droit wallon sur les intercommunales, le gouvernement n’a toujours pas désigné ses commissaires du gouvernement (délégués au contrôle) pour contrôler les intercommunales stratégiques comme Publifin, malgré le décret du 28 avril 2014." Stéphane Hazée juge en outre que le gouvernement n’a transmis qu’une information disparate et incomplète à travers le rapport des rémunérations des intercommunales, imposé par le même décret.

La suite semble évidente. Paul Furlan virtuellement sauvé, les députés de la majorité appellent à un resserrement de la norme. Au cdH, Dimitri Fourny veut des réformes "visant à éliminer les dernières niches qui échappent aux règles déjà existantes de bonne gouvernance". Christophe Collignon, le chef du PS au Parlement, plaide, lui, pour un durcissement du contrôle public sur les mandats privés des responsables politiques.

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