Muriel Targnion démissionne de la présidence d'Enodia

©document Bel RTL

Lâchée par son parti, Muriel Targnion va démissionner de son poste de présidente d'Enodia après l'assemblée générale de Nethys prévue ce vendredi.

La présidente du Conseil d'administration d'Enodia jette l'éponge. Muriel Targnion (PS) quittera la présidence de l'intercommunale ce vendredi dans la foulée de l'assemblée générale de Nethys et de la démission du Conseil d'administration de cette dernière, apprend-on à bonne source. 

Enodia a tenu ce jeudi un Conseil d'administration. Muriel Targnion était en effet poussée vers la sortie par plusieurs administrateurs et son propre parti. Muriel Targnion restera administratrice d'Enodia et a démissionné pour des "raisons personnelles". "Le CA a démarré une heure en retard car j'avais un rendez-vous lié à ma famille et c'est pour cette raison, ajoutée à la difficulté que c'est d'être présidente d'Enodia, que j'ai décidé de démissionner", a-t-elle détaillé. "Cela n'a pas été demandé par le CA", a-t-elle assuré. "Il n'y a pas eu de pression du PS."

Lâchée par le PS 

Signe que la socialiste se trouvait sur un siège éjectable, des sources PS nous indiquaient ce jeudi après-midi que "les chances de Muriel Targnion de poursuivre à la tête d'Enodia, qui étaient faibles, viennent de passer à quasi nulles". En clair: les administrateurs PS n'ont pas reçu de consignes de vote. Ce changement de ton fait suite aux divergences de vues avec Christophe Lacroix affichées publiquement sur la RTBF ce mercredi.  Sur le plateau de l'émission  "A votre avis", le bourgmestre socialiste de Wanze avait qualifié de "schizophrène" l'attitude de Muriel Targnion qui "d'un côté dit défendre les communes et la province, et de l'autre, défend le management".

Par ailleurs, Muriel Targnion n'avait plus le soutien de plusieurs membres du CA. Les deux représentants d'Ecolo au conseil, à savoir Muriel Gerkens et Julien Vandeburie, ont promis de demander son remplacement.  

Le PTB était plus catégorique: il exigeait sa démission "avec effet immédiat". "En protégeant Stéphane Moreau comme elle le fait, en refusant de s'accorder sur l'illégalité et l'annulation des ventes et en empêchant la transparence, Muriel Targnion n'a plus aucune légitimité pour présider l'intercommunale Enodia", selon Damien Robert, administrateur d'Enodia pour le PTB. 

Quant au MR Jean-Claude Jadot, vice-président d'Enodia, il a déjà déclaré que "trop c'est trop", évoquant une rupture de confiance. "Le CA d'Enodia n'a pas pu se réunir lundi parce que Muriel Targnion se devait d'assister à celui de Nethys. Ce qui se comprend, sauf qu'il y a été approuvé la révocation du management... avec indemnités. Si nous avions pu en discuter chez Enodia au préalable, la décision n'aurait peut-être pas été la même. Je crois qu'il y a là une rupture de confiance." 

Les explications de Muriel Targnion

Jeudi matin, sur Bel RTL, la bourgmestre de Verviers avait affirmé qu'aucune faute grave ne pouvait être imputée aux membres du comité de direction de Nethys (Stéphane Moreau, Pol Heyse, Jos Donvil, Bénédicte Bayer et Frederic Vandeschoor), dont l'indemnité de départ devrait tourner autour des 500.000 euros chacun.

  Elle avait par ailleurs assuré "avoir l'intime conviction" que les ventes de filiales de Nethys (VOO, Elicio et Win) ont été réalisées "à la bonne valeur", sans qu'il y ait eu conflit d'intérêts.

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