André Gilles viré du parti socialiste

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L’ancien homme fort de Publifin a été exclu du PS et ne peut plus exercer de mandat au nom des socialistes.

Le couperet est tombé. André Gilles, l’ancien homme fort de Publifin et ex-président du conseil provincial de Liège, n’est plus membre du Parti socialiste. Ainsi en a décidé la commission de vigilance du PS. "André Gilles a été exclu du Parti socialiste cet après-midi. Dès à présent, il ne fait plus partie des membres du PS et ne peut plus exercer aucun mandat pour le compte du PS." C’est tout sauf une surprise tant sa position était devenue quasiment indéfendable au sein du PS depuis plus d’un mois. Contesté par ses anciens camarades, André Gilles faisait l’unanimité contre lui.

Une attitude "hautaine"

Lors de ses auditions au sein de la commission d’enquête, certains députés socialistes n’avaient pas manqué de faire remarquer à André Gilles qu’il pratiquait un autre type de socialisme en référence à sa rémunération de 365.000 euros et sa kyrielle de mandats. "Ce n’est pas de l’argent que j’ai volé. Je me lève tôt et me couche tard, je travaille beaucoup", avait justifié André Gilles.

Outre son salaire, c’est son attitude devant les députés qui aura précipité sa chute. Car sur le fond du dossier Publifin, André Gilles n’est accusé formellement de rien. Son rôle éventuel dans la mise en place des comités de secteur et les rémunérations des membres pour des réunions inexistantes est toujours à établir. Soupçonné par le procureur général de Liège d’abus de biens sociaux et de faux en écritures, les devoirs d’enquête sont en cours. Quant aux perquisitions ordonnées par la commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur le scandale Publifin, elles semblent mener à un cul-de-sac.

Mais au-delà du scandale, c’est son attitude qui a choqué. Souvent jugé par les députés de la commission d’enquête comme "hautain" et "dédaigneux" pendant ses auditions, André Gilles a toujours refusé de collaborer avec la commission qu’il qualifiait de "tribunal d’exception". Ses réponses laissaient même paraître une forme de "déni" allant jusqu’à relativiser le scandale des rémunérations des comités de secteur en comparaison à la valorisation du groupe Nethys.

Le cas de Stéphane Moreau sera examiné la semaine prochaine.

Pour le PS, c’en était trop. Déjà suspendu de ses mandats internes au sein du parti depuis le 6 février tout comme Stéphane Moreau, le voici définitivement exclu. Le cas de Stéphane Moreau, le bourgmestre démissionnaire de la commune d’Ans, sera quant à lui examiné par la commission de vigilance du parti la semaine prochaine.

Toujours chez Nethys

André Gilles n’a cependant pas encore dit son dernier mot. Éjecté du PS et démissionnaire d’une série de mandats comme la présidence de Publifin ainsi que du conseil provincial de Liège, non reconduit comme administrateur chez Luminus, il reste accroché à son très influent mandat d’administrateur et de président du comité exécutif et de stratégie chez Nethys. Un poste clé qui lui permet de peser sur les grandes orientations du groupe et qu’il exerce à titre privé. Coincé par le caractère privé du mandat, le Parti socialiste cherche la parade. "On ne prétend pas remédier à tous les problèmes d’un coup! Il s’agit aujourd’hui d’une étape", dit-on au boulevard de l’Empereur.

Un nouveau coup de théâtre n’est donc pas à exclure lors de la prochaine assemblée générale de Nethys le 27 avril. Parmi les nombreux dossiers fixés à l’agenda figure un point démissions/nominations. André Gilles pourrait finalement décider de remettre son dernier mandat.

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