Claude Emonts parle de son audition comme de celle d'un "plouc"

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Les députés de la commission d’enquête se sont plongés lundi dans le cœur du scandale Publifin. Face à eux, les trois présidents des comités de secteur ont tenté de répondre du mieux qu’ils pouvaient à leurs nombreuses questions. Qui vous a placé à la tête de ces comités? Etait-ce une façon de vous reclasser suite à la fusion avec Intermosane? Avez-vous interrogé le parti politique qui vous a désigné? Les sommes d’argent perçues vous ont-elles interpellé?

 

Complices de tout ce scandale pour des rémunérations qui totalisent 2,5 millions d’euros entre 2013 et 2015 en échange de quatre réunions par an, les présidents des comités se définissent comme des victimes d’un système. "Je suis surtout un plouc dans cette aventure", lâchera pendant son audition Claude Emonts. L’ancien président du CPAS de Liège, qui a présidé le comité de secteur Energie de Publifin de mi-2013 jusque fin décembre dernier, a reconnu avoir fait une "erreur de discernement".

Des rémunérations interpellantes

Devant les commissaires, Claude Emonts a avoué avoir été intrigué par la hauteur des rémunérations. "Les sommes vont arriver sur mon compte en banque. Elles me dérangent un peu. C’est un manque de discernement. Je n’ai pas refusé cette somme d’argent mais je n’y ai pas touché."

Sur les 110.000 euros perçus, hormis les 15% versés au Parti socialiste, Claude Emonts a expliqué ne pas avoir dépensé cet argent. "Par une prudence presque animale, je n’ai pas dépensé cet argent."

Mohammed Bougnouch, qui a chapeauté le sous-secteur Liège Ville du comité de secteur Energie, a lui aussi expliqué avoir été surpris par les montants. "J’ai demandé et un collègue m’a dit que c’était des rémunérations normales."

Seule Catherine Megali, la présidente du secteur télécoms, dit ne pas y avoir vu un réel problème face à la complexité du secteur. "J’y voyais une mission importante avec quatre réunions par an au moins."

Une particratie liégeoise

Leur arrivée à la tête des comités de secteur tient d’un mystère politique. Seule Catherine Megali a pu expliquer avec précision à qui elle devait sa nomination à la tête d’un comité de secteur. La présidente du CPAS de Flémalle – qui a reconnu ne rien connaître au secteur des télécoms – s’est rappelée avoir été désignée par la bourgmestre de Flémalle Isabelle Simonis (PS). Mohammed Bougnouch a, lui, pris connaissance de sa désignation lors du conseil communal de Liège. "C’est le parti qui m’a désigné." Quant au socialiste Claude Emonts, il doit sa désignation à la fédération de son parti politique. Mais "je ne sais pas qui a porté la parole pour dire que cela devait être fait comme cela".

Des lampistes lâchés par Nethys

Malgré l’absentéisme de certains membres de son comité, Catherine Megali a pris le contre-pied du scandale en affirmant que le travail a été "riche".

À l’inverse, Claude Emonts avouera un manque d’assiduité dans les tâches et précisera ne jamais avoir alerté le conseil d’administration de Publifin des dysfonctionnements. Il refuse pourtant d’être le seul fusible à sauter comme a tenté de le faire la direction de Nethys et en particulier son secrétaire général Gil Simon. "J’ai le plus grand respect pour Gil Simon mais c’est un peu facile de tout faire porter aux comités de secteur pour pointer d’autres responsables. Aucun membre du conseil d’administration de Publifin ne nous a posé des questions sur les comités de secteur."

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