Conflit d'intérêt potentiel pour la réviseure de Nethys et Enodia

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Le rapport de la réviseure qui a audité les comptes d'Enodia va recevoir un avis négatif du CA ce mercredi. En cause: des conflits d'intérêts et un défaut de communication.

Le feuilleton Nethys connaît régulièrement un rebondissement. Ce lundi, Sudpresse révélait que Nethys, Enodia et la plupart des entités sous l'influence de l'intercommunale (Resa, Win, Elicio,...) avaient une seule et même réviseure en la personne d'Isabelle Rasmont, du cabinet d'audit PwC.

Pour ses différentes missions, le bureau de conseil a perçu un peu plus de 800.000 euros en 2018. Un montant qui peut susciter des interrogations, mais qui reste dans la norme des honoraires rétribués aux grands noms de l'audit et qui ne représente pas les seuls émoluments de la réviseure.

La somme fait néanmoins grincer quelques dents au sein de Nethys, où l'on se demande comment le cabinet peut conserver son indépendance vis-à-vis d'un client aussi important depuis de nombreuses années.

"Il est incroyable que des indemnités de 20 millions d'euros destinées à Stéphane Moreau et d'autres dirigeants soient passées comme une lettre à la poste!"
Un insider de Nethys

Le port de toutes ces casquettes pose en tout cas problème. Un problème qui s'est matérialisé dans la valorisation d'Integrale, l'assureur-vie de la galaxie Nethys qui est actuellement mis en vente. La valeur de la compagnie a ainsi été validée dans les comptes de Nethys... mais recalée dans ceux de sa maison mère Enodia. Un manque de cohérence qui interpelle.

L'intercommunale tiendra son conseil d'administration ce mercredi et le rapport de PwC y fera l'objet d'un avis négatif de la part du comité d'audit. Une décision qui intervient après l'ajournement du vote sur la décharge de la mission de la commissaire aux comptes, précise Julie Fernandez Fernandez, présidente d'Enodia.

Aucune remarque en 2017 et 2018

Chez Enodia, on s'interroge également quant au défaut de communication relatif à la dette de quelque 90 millions d'euros vis-à-vis d'Ogeo Funds léguée par Nethys à Enodia. Une information qui est passée à travers l'analyse de la réviseure.

Au sein de Nethys, on évoque clairement un manque de professionnalisme dans le chef de PwC. "Les comptes pour les années 2017 et 2018 ont été approuvés sans une seule remarque, mais la réviseure a dû sentir le vent tourner car l'exercice 2019 était copieusement commenté", fait valoir une source au sein de l'entreprise. "Il est quand même incroyable que des indemnités de rétention d'un montant de 20 millions d'euros destinés à Stéphane Moreau et d'autres dirigeants soient passées comme une lettre à la poste!"

Cette nouvelle polémique, au sein d'une structure qui n'en avait vraiment pas besoin, n'est pas sans rappeler les collusions dévoilées entre Nethys et la société de conseil McKinsey.

Contacté par L'Echo, PwC n'a pas souhaité réagir à ces informations.

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