Deux rapports d'audit vont dans le sens de Nethys

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Ces documents étaient très attendus.

Deux documents très attendus concernant les ventes des filiales Voo, Elicio et Win ont été communiqués mardi aux administrateurs d’Enodia, maison-mère de Nethys.

D’une part, l’audit juridique des opérations, confié au cabinet Matray, valide la légalité du modus operandi du groupe liégeois. Et ce, à trois titres.

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D’un, seul VOO a été proposé à d’autres acheteurs que le fonds Providence, mais Nethys n’y était pas obligé, que ce soit par le code des sociétés, le décret gouvernance ou encore le cadre régissant les marchés publics (auquel le groupe n’est pas soumis).

De deux, en matière de conflit d’intérêt, son conseil d’administration a bien été informé des ventes, quand la charte de gouvernance dont l’entreprise s’est dotée le 4 avril va au-delà de ses obligations.

De trois, enfin, l’emploi et la préservation et le développement économique ont été pris en compte dans les trois cas qui nous occupent. Seul hic, les PV, pour lesquels le cabinet concède que si le document du 22 mai (date des ventes) indique bien que les administrateurs concernés – car aussi présents du côtés des acheteurs – n’ont pas participé aux délibérations ni aux votes, rien ne dit qu’ils ont quitté la pièce – si ce n’est les dires... du président du conseil d’administration.

D’autre part, le cabinet d’audit BDO, sur base du travail de McKinsey entre janvier 2018 et mai 2019, affirme que les prix présentés sont conformes. Le prix de VOO (environ 350 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 1.200 personnes) correspond à l’offre (confidentielle) de Providence – qui prévoit, notamment une réduction du personnel et une modification/délocalisation des sous-traitants, apprend-on. Win (environ 50 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 90 personnes), vaudrait entre 7 et 9 millions, à comparer avec les 8 millions mis sur la table par Ardentia (Fornieri). Enfin, la valeur d’Elicio est aussi confirmée, entre 760 et 950 millions d’euros, avec une dette financière externe à fin 2018 de 617 millions d’euros et une créance détenue par Nethys (qui veut la récupérer) vis-à-vis de sa filiale de quelque 265 millions.

A peine publiés, certains pointent déjà des manquements dans les deux rapports. Ce que BDO reconnaît, évoquant un travail réalisé dans "une extrême urgence" qui pourrait amener son rapport à "s’avérer incomplet sous certains aspects". Plus de précisions pourraient être apportées par le cabinet Matray à l’occasion d’une réunion du CA d’Enodia jeudi, à la veille de décisions importantes attendues, elles, vendredi. De source gouvernementale, certains avertissent déjà: "C’est indigent. Nos analyses sont bien plus fournies".

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