Eclaboussé par le scandale Publifin, le chef du comité d'éthique du cdH démissionne

©Sophie Kip

Egalement mis en cause dans le dossier Publifin, Dominique Drion démissionne de ses fonctions de président du comité de déontologie et d'éthique du cdH. La démission de celui qui est aussi vice-président de Nethys intervient après que Claude Parmentier, bourgmestre de Wanze ait démissionné de son poste de chef de cabinet-adjoint de Paul Furlan.

Le vice-président de Nethys, Dominique Drion, a démissionné mardi soir des fonctions de président du comité de déontologie et d'éthique du cdH qu'il occupait jusqu'à présent. Conseiller provincial et patron du cdH liégeois, Dominique Drion a également été administrateur de Publifin. Selon le journal 'Le Soir', il a à ce titre bénéficié du régime de rémunérations litigieux mis au jour ces dernières semaines.    

Mardi, il a écrit une lettre à son président de parti, Benoît Lutgen, pour lui demander d'être déchargé de la présidence de ce comité de déontologie, ce qu'il a accepté. Il devrait être remplacé par l'ancien président de la Chambre, Raymond Langendries.

Claude Parmentier chute sur Publifin

Claude Parmentier, Bourgmestre de Wanze et administrateur de Publifin ©BELGA

Cette défection fait suite à celle de Claude Parmentier (photo), le chef de cabinet-adjoint du ministre wallon des Pouvoirs locaux, Paul Furlan. Il a rendu son tablier lundi soir. "Je viens d'accepter la démission de Claude Parmentier", a posté le ministre wallon du parti socialiste en réponse à différentes interpellations. "J'ai toujours déclaré tous mes mandats et respecté les plafonds de rémunérations fixés par les décrets", a déclaré ce mardi Claude Parmentier.

Par ailleurs, le chef de groupe PS Christophe Collignon a remis à l'avant-plan ses propositions visant à durcir le contrôle public sur les mandats privés des responsables politiques.

Lundi, l'hebdomadaire "Le Vif" avait révélé que Claude Parmentier, par ailleurs bourgmestre de Wanze, a touché depuis fin juin 2013 plus de 153.000 euros brut en tant qu'administrateur de Nethys SA, l'entité opérationnelle de Publifin.

L'homme fait également partie du conseil d'administration de Publifin, holding public liégeois qui secoue actuellement le monde politique wallon en raison des rémunérations très généreuses perçues par certains mandataires locaux en tant que membres de ses comités d'avis. Le dossier des rémunérations au sein de l'intercommunale doit être débattu mercredi au Parlement de Wallonie.

Paul Furlan est lui-même sous le feu des critiques dans cette affaire. L'opposition MR et Ecolo réclament notamment sa démission, une éventualité que le président du PS Elio Di Rupo a clairement écartée jusqu'ici.

"Soit Paul Furlan ne savait pas que son chef de cabinet avait ces mandats et ces rémunérations (plus de 153.000 euros brut depuis 2013, ndlr) et c'est grave, soit il le savait et c'est grave aussi", résume Stéphane Hazée député wallon Ecolo, reprenant la formule utilisée lundi soir par son coprésident Patrick Dupriez.

Dans la foulée, les Verts demandent aussi l'instauration d'une commission d'enquête parlementaire "pour faire toute la lumière sur le système Publifin", dont ils souhaitent le démantèlement.

"C'est un expert, pas un proche"

Paul Furlan était donc attendu par les journalistes mardi à son arrivée en commission du parlement wallon. Le ministre des Pouvoirs locaux s'est refusé à tout commentaire. "Nous sommes dans un dossier en marge de Publifin, pour lequel il y aura débat demain et je m'exprimerai à cette occasion", a-t-il commenté. La conférence des présidents du parlement wallon avait programmé la semaine dernière un débat de fond sur le scandale Publifin, qui agite la sphère politique wallonne depuis près d'un mois.

Paul Furlan ©Photo News

Le "dossier Nethys" concerne à ses yeux "la rémunération d'un collaborateur dans une autre structure". "Je l'apprends hier à 22h00, et à 22h15 il me présente sa démission, au-delà de ça, nous verrons demain avec les parlementaires", a indiqué Furlan, répétant à trois reprises cette dernière phrase en réponse à plusieurs questions des journalistes.

Interrogé sur sa proximité avec Claude Parmentier, Paul Furlan a dit l'avoir choisi "parce qu'il est incontestablement un grand spécialiste des finances communales". "Mais ce n'est pas un proche", a-t-il ajouté.

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