En cinq ans, Nethys a versé 20 millions au consultant McKinsey

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Enodia dénonce une série de factures et met en doute l’objectivité du consultant.

Après les 18,5 millions d’indemnités versées aux anciens managers de Nethys dont Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer, voici un nouveau montant qui ne manque pas de susciter de vives interrogations au sein de Nethys et de sa maison mère Enodia. Il concerne les frais de consultance et en particulier ceux versés à McKinsey.

"Entre 2014 et 2019, Nethys a payé 20 millions d’euros à McKinsey, 20 millions! C’est beaucoup d’argent. On a décidé de screener l’ensemble des factures. Je peux déjà vous dire que les factures concernant les études de McKinsey sur les ventes de VOO, Elicio et Win ne seront pas payées. Je n’ai pas encore le détail sur les montants concernant ces factures mais si elles ont été payées, nous ferons le nécessaire pour récupérer les montants, à l’amiable ou autrement", assure Julie Fernandez Fernandez, la présidente d’Enodia, dans une interview accordée à L’Echo.

Quand on donne 20 millions à un consultant, on peut se poser la question de l’objectivité.
Julie Fernandez Fernandez
Présidente d’Enodia

Face à cette découverte, certains chez Nethys n’hésitent pas à qualifier les montants "d’hallucinants", et accusent "ces conseils d’avoir justifié des opérations injustifiables comme la vente de Win ou Elicio".

La présidente d’Enodia va, elle, jusqu’à mettre en doute l’objectivité du consultant. "Quand on donne 20 millions à un consultant sur cinq ans, on peut légitimement se poser la question de l’objectivité de McKinsey, surtout quand on voit le résultat de son travail sur les ventes qui ont été annulées par le gouvernement."

Cette énième péripétie montre une fois de plus que le dossier Nethys n’a pas encore révélé tous ses secrets. "Aujourd’hui, on fait un véritable travail de screening. Tous les comptes, toutes les factures sont analysés, particulièrement quand les mouvements d’argent ont été très importants. Cela se fait dans les filiales. Il faut toute la clarté et je le dis, si des choses illégales ont été commises, il faudra être intransigeant. Chaque fois qu’on pourra récupérer un euro, il faudra le faire", promet encore Julie Fernandez Fernandez qui aspire à un peu de sérénité avant d’écrire une nouvelle page stratégique pour l’avenir de Liège. 

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