Il y a encore du boulot pour séparer Resa de Nethys

©Anthony Dehez

S’il y a un dossier qui avance chez Nethys, c’est le découplage du gestionnaire de réseau de gaz et d’électricité liégeois Resa du groupe Nethys. Mais le boulot est loin d’être terminé.

Signe de changement, Resa, d’habitude très discret, avait invité la presse, mercredi, pour faire le point sur sa séparation du groupe Nethys. Une séparation imposée par le ministre wallon de l’Énergie Jean-Luc Crucke, en mai, via deux décrets qui obligent le gestionnaire de réseau de gaz et d’électricité liégeois de se constituer en personne morale de droit public, d’être détenu à 75% au moins par les communes ou par une intercommunale pure de financement et de disposer de son propre personnel. Et tout cela, d’ici le 1er juin 2019.

"Beaucoup de travail a été réalisé, mais il y a encore énormément de choses à faire", résume Bernard Thiry, le président du nouveau conseil d’administration, mis en place fin juin 2018. Une des premières décisions de ce nouveau conseil: la désignation d’un nouveau comité de direction composé de Gil Simon, Luc Warichet et Christian De Laet, en remplacement de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer. Un comité de direction initialement présenté comme provisoire, mais qui est depuis devenu définitif – sans qu’il y ait appel à candidatures, comme le recommandait Jean-Luc Crucke.

La structure juridique a été modifiée, et Resa est désormais directement détenu par l’intercommunale Publifin, rebaptisée Enodia, et non plus par l’intermédiaire de Finanpart et de Nethys.

"Nous devrions arriver à une organisation de 940 à 950 personnes."
Gil Simon
Directeur général de Resa

Le chantier le plus colossal, l’autonomisation de la structure, est en cours. Resa ne disposait d’aucun personnel et utilisait l’IT de Nethys. Quelque 80 personnes ont déjà été transférées vers le GRD, essentiellement en provenance de Nethys. "Mais nous devrions arriver à une organisation de 940 à 950 personnes, souligne Gil Simon, directeur général de Nethys. Pour certains chez Publifin, qui portaient déjà un T-shirt Resa et roulaient en camionnette Resa, c’est assez simple. Mais pour d’autres qui travaillaient indistinctement pour Resa et Nethys, nous sommes en train de définir nos besoins, en sachant que les préférences de chacun seront respectées au maximum."

Complexité supplémentaire: si certains sont contractuels, d’autres sont statutaires. Ils ne seront dès lors transférés chez Resa que lorsqu’il aura adopté le statut d’intercommunale.

C’est un autre grand chantier encore à mener. "Le statut d’intercommunale implique que des communes soient directement actionnaires. Enodia va rester très largement majoritaire, mais va proposer aux 71 communes actionnaires et à la province de Liège la cession gratuite d’une partie de ses actions, au prorata de leur poids actuel dans la distribution de gaz et d’électricité", explique Bernard Thiry

Des communes dont le pouvoir sera particulièrement important, quelle que soit leur part dans l’actionnariat. "Dans une intercommunale, elles disposent en effet toujours de la majorité, la province ne peut pas bloquer une décision, détaille Gil Simon. Et le décret et les règles d’unbundling font qu’Enodia, qui a des participations directes ou indirectes dans d’autres acteurs du secteur de l’énergie, comme EDF Luminus ou Elicio, ne pourra ni bloquer ni imposer une décision."

Deux grandes inconnues: la manière dont les dividendes se répartiront entre Enodia et les communes. Et le coût total de la séparation de Nethys – le chiffre de 8 millions d’euros à charge de Resa, qui pourraient être répercutés en tout ou partie dans les tarifs des consommateurs, avait été évoqué au parlement wallon. "Il est vraiment trop tôt pour avoir une idée claire", affirme Bernard Thiry.

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