L'arrivée suspecte des Fourons chez Publifin

Huub Broers, bourgmestre de Fourons était entendu par la commission Publifin. ©BELGA

L’arrivée des Fourons dans le capital de Publifin suscite de nombreuses questions. Certains députés évoquent une manipulation afin d’échapper à la tutelle régionale wallonne.

Mais que sont venus faire les Fourons dans cette galère? À entendre certains députés de la commission d’enquête Publifin qui a repris ses travaux jeudi, cette arrivée dans le capital de l’intercommunale liégeoise comporte tous les éléments pour soulever les suspicions.

Pour les commissaires, l’entrée des Fourons dans le capital de l’intercommunale en juillet 2009 n’est pas le fruit du hasard. Elle marquerait un tournant qui a permis à Publifin (à l’époque Tecteo) d’acquérir le statut d’intercommunale birégionale et du même coup échapper à la tutelle de la Région wallonne. Faut-il pour autant y voir un plan machiavélique orchestré à l’époque par la haute direction liégeoise de Publifin pour échapper à la tutelle wallonne?

Le Pam-Pam de Visée

Huub Broers, le bourgmestre N-VA des Fourons, a refusé de rentrer dans la thèse soutenue par les députés! Se référant à une rencontre avec Gil Simon, le secrétaire général de Publifin, au restaurant Le Pam-Pam de Visée en 2009, il a justifié la logique qui a poussé sa commune à rentrer dans l’actionnariat de Publifin. "Nous n’avons jamais eu de pression pour rentrer dans Tecteo. Notre commune a toujours soutenu Intermosane et c’est dans ce contexte que nous avons acheté 10 parts sur les 9,6 millions d’actions pour 495 euros. Il fallait adhérer à cette intercommunale qui distribue la TV dans nos villages et nous n’avons rien reçu en échange."

Si Huub Broers y voit "un accord fructueux qui a permis à sa population de recevoir de nouvelles chaînes flamandes", les députés sont convaincus que l’accueil des Fourons par la direction de Publifin est "une manipulation". C’est faux, lance Huub Broers. Mais avec ce que je sais aujourd’hui, je ne l’aurais plus fait. Je n’ai pas compris (à l’époque, NDLR) ce qu’il fallait comprendre", reconnaît aujourd’hui le bourgmestre.

La thèse Tecteo

L’épisode des Fourons ne s’arrête pas aux négociations au restaurant Le Pam-Pam. À l’administration wallonne à Namur, certains se posent des questions. Une note juridique de 2009 rédigée par Guy Verlaine, l’inspecteur général en charge des Pouvoirs locaux, s’en inquiète. L’inspecteur, aujourd’hui à la retraite, le fera savoir à la directrice générale de la DGO5, Sylvie Marique. Pour Guy Verlaine, "l’intercommunale n’était pas habilitée à devenir une intercommunale birégionale" sans un accord de coopération entre les Régions. Un accord qui ne viendra pourtant qu’en 2014!

En possession de la note de son inspecteur, Sylvie Marique, l’actuelle patronne du SPW qui dirigeait à l’époque l’administration des Pouvoirs locaux, se rangera pourtant derrière une autre thèse portée par Maître Bourtembourg, l’avocat de Publifin à l’époque. L’avocat défend la liberté d’association des communes. "La note de l’administration présentait des failles juridiques sur la question de la liberté d’association", assure Sylvie Marique devant les députés. Sur la base de cet avis juridique, l’administration a donc proposé au ministre des Pouvoirs locaux de l’époque Paul Furlan d’accepter que Publifin sorte du giron régional!

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