La fin des élus qui consacrent "60 ou 70 heures" par semaine à leur vie publique

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Pointé du doigt à la suite de l'affaire Publifin, le monde politique wallon participait ce mardi soir à Louvain-La-Neuve à un débat sur la question de la gouvernance publique. Parmi les invités, le président du PS, Elio Di Rupo. Et selon l'homme fort du parti socialiste, la Wallonie ira vers un modèle plus transparent et les élus cumuleront beaucoup moins.

Elio Di Rupo n'avait pas sa langue dans sa poche devant les étudiants de l'Université de Louvain-la-Neuve. Invité à débattre sur l'évolution de la gouvernance publique, au même titre que des représentants du MR, du cdH et d'Ecolo, l'ancien Premier ministre a pointé du doigt des "chapelets de mandats" détenus par certains, des indemnités touchées sans travail significatif, mais aussi les rémunérations considérables de certains dirigeants.

Nul doute, on parle bien ici de l'affaire Publifin. Un scandale où le PS occupe le devant de la scène en raison de l'implication de plusieurs mandataires socialistes. "Cette situation est inacceptable. Si les citoyens se révoltent, je les comprends", a-t-il dit, tout en prenant la défense du monde politique. "Tout le monde a raison de s'indigner mais mon expérience me permet de dire que 99,5% des hommes et des femmes politiques sont des gens probes", a-t-il ajouté.

Au gouvernement wallon, on s’attelle à mettre en place une contre-attaque législative. Le 2 mai, le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS), est attendu au Parlement régional pour son traditionnel discours sur l'état de la Wallonie. Il se murmure en coulisses que des mesures fortes seront alors présentées.

"Dans des délais que je ne peux préciser, on ira vers un modèle scandinave."
Elio Di Rupo
Président du PS

Et à entendre Elio Di Rupo ce mardi, une évolution calquée sur le modèle scandinave est privilégiée par les édiles socialistes. Ce modèle repose sur une plus grande transparence, des cumuls plus strictement limités, mais aussi un autre rythme de vie des mandataires. A l'entendre, il sera aussi fini des mandataires qui consacrent "60 ou 70 heures" par semaine à leur vie publique.

Le monde politique veut sortir la tête haute de ces "affaires". Des débats ont ainsi lieu pour réformer encore le mode de gouvernance. Les conclusions de la commission d'enquête constituée au parlement wallon sont à ce sujet attendues, d'abord sous la forme d'un rapport intermédiaire le premier prochain. Des travaux de renouveau politique sont également en cours à la Chambre.

Elio Di Rupo ne regrette pas du tout le départ des Britanniques 

Elio Di Rupo n'a pas mâché ses mots à propos de son expérience des conseils européens. Il a dénoncé une Union européenne emportée selon lui dans une dérive néo-libérale. "C'est un monde épouvantable", a-t-il dit devant les étudiants de l'UCL. L'ancien premier ministre s'est montré particulièrement sévère à l'égard des Britanniques emmenés par un gouvernement conservateur. "Je suis content qu'ils partent. J'ai eu comme voisin aux sommets européens David Cameron, c'était épouvantable. Il n'a jamais prononcé le mot Europe, il n'a jamais accepté que l'on avance même d'un millimètre dans la négociation sociale", a-t-il dit.

Le socialiste ne se fait pas trop d'inquiétude sur le sort de la Grande Bretagne. "Ils ont réussi à dominer le monde avec nous, ils le feront sans nous", a-t-il lâché.

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