La pression politique s'accentue sur Stéphane Moreau: "Il doit partir dès ce soir"

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Embourbé dans le scandale des rémunérations, Stéphane Moreau est pressé de toutes parts pour quitter son rôle d'administrateur délégué de Nethys.

Le groupe liégeois Nethys va connaître la composition de son nouveau conseil d'administration ce mercredi soir à l'occasion d'une Assemblée générale extraordinaire qui a débuté à 17h.

 

7 nouvelles têtes?

La recomposition du conseil d'administration de Nethys est une étape importante dans l'amélioration de la gouvernance des institutions publiques en Wallonie, nécessaire suite au scandale des rémunérations qui a secoué la Wallonie.

Les fédérations régionales des quatre partis principaux - PS, MR, cdH et Ecolo - se sont mis d'accord pour renouveler ce CA. Et la volonté est d'intégrer sept nouvelles personnes dites professionnelles

Ecolo a cependant annoncé mardi qu'il n'enverra a priori pas d'administrateur au nouveau CA car ses demandes et exigences n'ont pas été rencontrées.

Le cas moreau

Parmi ses exigences, il y a notamment le départ de l'administrateur délégué Stéphane Moreau. Ecolo entendait, conformément aux recommandations de la commission d'enquête parlementaire, que le CA soit complètement renouvelé et que l'on mette fin "aux contrats de ceux qui ont commis des erreurs", visant notamment Stéphane Moreau. Or, selon les écologistes, les autres partis préféreraient que le nouveau CA de Nethys juge de l'opportunité de le maintenir ou non en tant qu'administrateur délégué.

"Les écologistes préfèrent donc rester au vestiaire alors que le match est en cours et qu'il est temps de marquer."
Dimitri Fourny

Valérie De Bue a déploré l'attitude des écologistes: "Claquer la porte ne me semble pas un bon message. Jouer la politique de la chaise vide n'est pas une bonne attitude.Elle a toutefois déclaré mercredi matin sur les ondes de la Première qu'il s'agirait d'un "mauvais signal" si Stéphane Moreau restait en poste, tout en précisant qu'il revenait au principal intéressé de faire son choix.

Même message du côté du cdH. Le chef de groupe au parlement wallon, Dimitri Fourny, explique que les choses doivent être faites en deux tempsAfin que Moreau quitte ses fonctions, le CA de Nethys doit être renouvelé pour que les nouveaux administrateurs puissent modifier la composition du comité de direction et ensuite mettre fin aux contrats de tous ceux qui ont commis des erreurs. "Bloquer à ce stade la désignation des nouveaux membres du CA n'a aucun sens et freine considérablement le départ de Stéphane Moreau!" Sa position est toutefois claire sur l'avenir de Nethys: "Stéphane Moreau doit quitter son poste le plus rapidement possible".

Et le MR d'en rajouter: "Notre volonté est de remplacer les administrateurs qui siégeaient jusqu’à présent afin de rendre le conseil d’administration plus professionnel. En tout état de cause, dès ce soir, Stéphane Moreau ne doit plus y siéger", a réagi à son tour le président du MR, Olivier Chastel, dans un communiqué publié sur Twitter.

 Le président du Parti Socialiste, Elio Di Rupo, a abondé dans le même sens. 

30 recommandations en attente

Alors que la commission d'enquête parlementaire avait rendu un rapport comprenant 31 recommandations, seule l'une d'elles a été mise en oeuvre, à savoir la mise en place d'un nouveau CA chez Finanpart, filiale financière de Nethys. "Il y a un immobilisme profond dans le chef des décideurs politiques", a relevé mardi Christine Planus, déléguée principale CGSP-Admi chez Publifin.

Début juillet, les experts désignés par le gouvernement wallon pour réaliser un audit du groupe Publifin avaient rendu leur rapport qui avait fait grand bruit puisqu'il saluait la "compétence" des dirigeants de Publifin.

Début juillet, les experts qui avaient été désignés par le gouvernement wallon pour réaliser un audit stratégique, économique et financier du groupe Publifin (Nethys, VOO, Resa, etc.) avaient rendu leur rapport. Une analyse de 249 pages qui avait fait grand bruit puisqu'elle saluait la "compétence" des dirigeants de Publifin.

Pour eux, le contrôle public est inefficace dans la structuration actuelle du groupe. Ils proposaient dès lors de nommer des administrateurs exclusivement professionnels des secteurs d’activités du groupe. Leur nomination devrait, selon ces experts, être contrôlée par le régulateur wallon (Cwape) ou par la FSMA. Ils préconisaient également une fonction d’audit interne et un mécanisme de contrôle gouvernemental.

Si Stéphane Moreau venait à refuser de partir, il faudrait alors envisager son licenciement. "Il faut examiner la convention passée entre Stéphane Moreau et Nethys", avertit un avocat spécialisé. D’après nos informations, la convention de management passée le 21 juin 2013 entre Stéphane Moreau et Nethys prévoit un salaire fixe de 588.000 euros par an et un préavis de 24 mois. Licencier Stéphane Moreau coûterait donc 1,2 million d’euros.

Rapport de la Commission d’enquête parlementaire Publifin by L'Echo on Scribd

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