La vente de VOO à Providence pas prête de se faire

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Une majorité des membres du conseil d'administration de l'intercommunale liégeoise Enodia s'apprête à ne pas adhérer à ce stade au projet de vente par sa filiale Nethys de l'opérateur télécom VOO au fonds de capital-investissement américain Providence.

La RTBF a indiqué samedi que, suivant l'appel du collège échevinal de Liège, le comité fédéral du PS liégeois a appelé à ne pas voter l'avis conforme entérinant le projet de vente concocté fin mai. Les socialistes disposent de six voix sur douze au CA. Or, dans l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" sur RTL-TVI, le député wallon Olivier Bierin (Ecolo) a confirmé que "dans les conditions actuelles", les Verts voteront contre. Les écologistes disposent de deux sièges au CA.

Huit administrateurs sur douze au moins, ne comptent dès lors pas avaliser le deal en l'état. Egalement présent sur le plateau, le représentant du MR, Fabian Culot (MR) a dit vouloir "attendre des précisions sur le contrôle des valorisations et un audit juridique" avant de se prononcer.

Brutélé attend "une offre correcte"

Autre pierre d'achoppement, l'accord prévoit également qu'Enodia reprenne les parts détenues dans VOO par l'intercommunale Brutélé, active à Bruxelles et Charleroi, et un peu dans le namurois. Or, après avoir appris les tractations en cours, Brutélé a suspendu les négociations avec Enodia. Qualifiant les protagonistes de "bande de cow-boys", le bourgmestre d'Auderghem Didier Gosuin (DéFI) a confirmé que Brutélé attendait "une offre correcte, la valorisant, et respectant l'emploi". Brutélé est demandeuse d'une vente depuis dix ans "mais pas à n'importe quelles conditions, et pas dans l'opacité", a-t-il ajouté.

Ce projet d'accord, préparé par le patron de Nethys Stéphane Moreau, n'était qu'un des volets d'un plan visant à céder d'autres actifs de la filiale, à la suite des recommandations de la commission d'enquête parlementaire du parlement wallon dans l'affaire Publifin (devenue Enodia). Ainsi, Le Soir a révélé qu'outre la vente de VOO, les filiales Win (services) et Elicio (éolien) – cette dernière pour un euro symbolique moyennant le remboursement d'une dette de 300 millions d'euros – seraient cédées, sans appel d'offres, à l'homme d'affaires liégeois François Fornieri.

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Après la mise au jour de ces informations, Stéphane Moreau a démissionné du poste de CEO qu'il venait d'intégrer au sein d'Ardentia, le groupe dans lequel étaient appelées à être logées Win et Elicio. Il restera cependant actif auprès de François Fornieri comme consultant.

Entre-temps, la société régionale d'investissement de Wallonie (SRIW) a fait savoir qu'elle était disposée, eu égard à son expertise, à faire une offre passant par la constitution d'un consortium pour la reprise d'Elicio.

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