Le bâtonnier de Luxembourg lâche l'avocat-député Fourny

Dimitri Fourny ©BELGA

Dimitri Fourny est aujourd’hui rattrapé dans le dossier de l’intercommunale hospitalière Vivalia. Les juristes réagissent. Pour le bâtonnier du barreau de la province de Luxembourg, celui qui récupère les créances pour l’intercommunale hospitalière Vivalia viole la déontologie.

Me Vincent Ghislain, le bâtonnier du barreau de la province de Luxembourg, estime que Dimitri Fourny qui assure la mission de récupération de créances pour l’intercommunale hospitalière Vivalia viole la déontologie. Le député Fourny est bourgmestre de Neufchâteau, commune associée de Vivalia. Des juristes parlent d’une prise illégale d’intérêt et en appelle au Procureur général de Liège.

Muet dans toutes les langues sur le dossier Vivalia que nous vous révélions ce week-end, le député-avocat Dimitri Fourny risque de faire l’objet d’une procédure disciplinaire initiée par ses pairs.

Contacté ce matin par nos soins,  Me Vincent Ghislain n’a pas caché sa colère contre l’attitude de son confrère. "C’est lui-même qui a voulu laver plus blanc que blanc, qu’il assume maintenant. Plus le singe monte haut, plus il montre son cul. Ça fait longtemps que la situation perdure, mais mes prédécesseurs ne s’en sont jamais occupés. En réalité, Me Fourny joue un peu avec les règles. Il était l’avocat de l’intercommunale d’Arlon, ce qui allait encore, mais avec la fusion créant Vivalia associant notamment Neufchâteau, la commune dont il est bourgmestre, ils ont trouvé un subterfuge de haute voltige juridique où il est désigné par un huissier, ce qui est contestable et pose un problème déontologique", nous a confié Me Vincent Ghislain.

Que va décider Dimitri Fourny?

Il attend de voir ce que le député-avocat va faire, mais il n’entend plus laisser la situation perdurer. "Si je suis saisi d’une plainte, je me dois de l’instruire, mais je peux d’initiative lancer une procédure disciplinaire à son encontre maintenant que son cas est exposé sur la place publique. Je suis dans la réflexion en espérant qu’il fera lui-même le bon choix en faisant un pas de côté dans le dossier", poursuit-il.

En ce qui concerne des analyses juridiques qui laissent entrevoir des infractions à la loi sur les marchés publics ou une prise illégale d’intérêt dans le chef de du député-avocat Dimitri Fourny, également chef de groupe au Parlement wallon, il estime que cet aspect du dossier ne relève pas de ses compétences. "C’est au procureur général de Liège (Christian De Valkeneer, ndlr) d’en décider", conclut-il. Il rejoint ainsi des avis de plusieurs avocats que nous avons recueillis durant le week-end.

Selon nos informations, Me Dimitri Fourny traiterait environ 700 dossiers de récupération de créances pour l’intercommunale hospitalière Vivalia pour Arlon et Neufchâteau (les dossiers de Marche-en-Famenne sont confiés à Me Pierre Neuville, président du conseil d’administration des Mutualités chrétiennes de la province de Luxembourg) pour une rémunération de minimum 100 euros par dossier. Au total, sa mission lui rapportait des honoraires pour un total d’environ 70.000 euros par an.

"Vivalia exécute des créances parfois très faibles, 4 euros, 6 euros ou encore 12 euros pour un hôpital public, on se demande où est la mission de service public. Et quand on voit que c’est un élu public qui met en coupe réglée une population qui l’a élu comme député ou bourgmestre, on se pose des questions" (une source proche du dossier dans la province de Luxembourg)

→ Pour rappel, Dimitri Fourny, avocat et chef de groupe cdH au Parlement wallon est choisi par l’huissier Bernard Graulich pour récupérer les créances auprès des patients de l’hôpital Vivalia. Or, il est en copropriété avec l’huissier dans un immeuble où ils ont acheté des bureaux. Mais des PV dont nous avons eu connaissance indiquent que l’avocat Fourny a participé à des réunions de préparation de désignation de l’huissier Graulich et avait appuyé sa désignation.

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